Sans Raymond Domenech, Zinédine Zidane ne serait pas redevenu le Zizou qu'on a revu avec un bonheur immense contre l'Espagne et le Brésil. Au point que tous les amateurs de foot de la planète ne rêvent plus que d'une chose : que le Français n'arrête pas sa carrière après le Mondial.
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Sans Raymond Domenech, Zinédine Zidane ne serait pas redevenu le Zizou qu'on a revu avec un bonheur immense contre l'Espagne et le Brésil. Au point que tous les amateurs de foot de la planète ne rêvent plus que d'une chose : que le Français n'arrête pas sa carrière après le Mondial. Samedi soir, à Francfort, quand la presse internationale lui demanda ce qu'il avait fait pour rendre Zidane aussi bon, Domenech répondit malicieusement : " Tout simplement en faisant jouer Zizou pour l'équipe, en le mettant au service du collectif ". Pas si simple : si on savait que Zidane est le joueur idéal pour rendre les autres meilleurs, encore fallait-il faire en sorte que les autres l'aident à revenir à un niveau qu'il n'avait plus. Et c'est là où le génie de Domenech opéra. Et pas seulement en demandant aux autres de courir pour leur numéro 10. Car Zidane doit constamment bouger pour toucher tous les ballons influant le jeu de son équipe. Témoins, les litres de sueur qui coulent en permanence de son visage tellement mystique quand il est concentré en match. Contre l'Espagne, c'est lui, par exemple, qui initie son propre but en interceptant une relance ibérique. Domenech a réussi à sortir dans l'adversité le meilleur de son groupe lors des deux matches où il fallait absolument gagner : l'Espagne et le Brésil. Pour la demi-finale de ce soir à Munich contre le Portugal, il semble le plus calme des Français. Sans doute parce qu'il prépare si fort et si bien ce Mondial depuis si longtemps : " J'ai toujours dit qu'on était engagé dans un match en cinq sets. On a gagné les deux premiers en 1998 et 2000, perdu les deux suivants en 2002 et 2004 et on est en plein cinquième... " Outre ses décisions tactiques, on se souviendra longtemps de l'esprit de repartie de ce Lyonnais bon teint. Comme un -Jouer comme le Brésil ? En jaune alors... Ou un -Le style de jeu ça n'existe pas. Il n'y a que le style qui fait gagner. Passion et compétence... La France a étonné par son sens du sacrifice et sa modestie qui n'ont rien eu à voir avec les attitudes d'enfants surdoués de Brésiliens parfois pénibles tant ils étaient sûrs de n'avoir qu'à paraître pour s'imposer. Pire, on aurait parfois dit qu'ils étaient là pour amuser la galerie, comme des Harlem Globetrotters en goguette. L'élimination face à la France ne donna pas l'impression de leur faire vraiment mal... Quand les Argentins se sont fait sortir par l'Allemagne, on a vu une autre réaction, non ? Et ce étant exprimé sans faire référence à la bagarre d'après match, autrement on donnerait raison aux violents qui trouvent des excuses au geste de Wayne " Tyson " Rooney. Si un Européen continental devait changer les mauvaises habitudes des footballeurs anglais, ce n'était pas Sven Goran Eriksson. Ses choix ont mité le maillot à la Rose. Filipe Scolari c'est autre chose. Le Brésilien réussit avec le Portugal à donner à son équipe ce qui lui manque,... ce qui est le travail d'un bon coach. Possédant des joueurs tous habiles, rapides et techniciens, il capitalise sur leur volonté et en fait des lions. En plus, il coache en permanence de manière aussi théâtrale que puissante. Et comme il va récupérer son magicien de l'entrejeu, Deco, qui pourra soulager un peu LuisFigo, le choc contre la France sera d'autant plus alléchant. L'exploit de France/fort faisait du bien à un moment où le sport perdait la boule dans l'avant Tour de France. Mais c'est pour ça que cette activité humaine a tant de succès : le sport fait faire du toboggan à nos émotions et ça ne prête pas forcément à conséquence. Car, évidemment, les défilés de joie sur les Champs-Elysées ne vont pas empêcher des voitures de brûler quand ça devra arriver. Et malgré la fièvre du Mondial en Allemagne, il ne faut pas oublier que tous les médecins hospitaliers ont fait grève au même moment... Le sport est beau parce qu'inutile. Un luxe qui permet à certains de se révéler. Et de rebondir. Comme Stéphane Pauwels, par exemple, un fondu du foot qui pourrait en parler avec compétence et drôlerie pendant une semaine sans s'arrêter. Constatant qu'il faisait partie des victimes collatérales de l'affaire des matches truqués et que rien n'était retenu contre lui, la RTBF a eu la bonne idée d'en faire un des habitués de ses plateaux de foot et le gaillard crève l'écran. Il est devenu une bête de télé qui devrait avoir sa propre émission. C'est ça aussi le foot... john baete