C'est au cours de la Coupe du Monde des Bleus que la grande nouvelle défraya la chronique sportive en Belgique: le Standard d' André Duchêne était repris par un géant du business mondial: Robert Louis-Dreyfus. Présent dans le sport et les affaires, ce personnage hors normes a été amené en bord de Meuse par Luciano D'Onofrio, agent de joueurs de haut vol désirant réussir dans sa ville, Liège, comme il l'avait fait en menant le FC Porto à la victoire en finale de la Coupe des Champions, devenue depuis lors la Ligue des Champions.
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C'est au cours de la Coupe du Monde des Bleus que la grande nouvelle défraya la chronique sportive en Belgique: le Standard d' André Duchêne était repris par un géant du business mondial: Robert Louis-Dreyfus. Présent dans le sport et les affaires, ce personnage hors normes a été amené en bord de Meuse par Luciano D'Onofrio, agent de joueurs de haut vol désirant réussir dans sa ville, Liège, comme il l'avait fait en menant le FC Porto à la victoire en finale de la Coupe des Champions, devenue depuis lors la Ligue des Champions. Tout le monde se souvIent encore de la fabuleuse talonnade de Rabah Madjer qui, en 1988, laissa Jean-Marie Pfaff pantois. Cette réussite portugaise était la preuve que Luciano D'Onofrio avait un oeil d'expert et qu'il avait eu l'intelligence de s'appuyer sur deux grosses pointures : Artur Jorge et Tomislav Ivic. Ce dernier nous a dit un jour: "Je ne connais pas d'homme plus malin et plus rusé que Luciano D'Onofrio". On dit de lui qu'il trouverait son chemin sans problème dans la plus fermée des forêts vierges. Il le prouva en se tirant de quelques mauvais pas. Le Standard était au plus mal sur le plan financier et se retrouvait, en plus, dans la situation d'une PME obligée de se définir sur le plan européen. Il est évident que le fait de faire partie de la même famille que l'Olympique de Marseille était un plus, comme les relations de RLD à l'UEFA ou à la FIFA. Pensez donc: le boss du Standard vient d'acheter les droits télévisés de la Coupe du Monde 2006, en Allemagne. Enorme. Le Standard peut être le laboratoire de Marseille ( Daniel Van Buyten, Vedran Runje, Joseph Yobo, Jurgen Cavens) et le relais de jeunes talents étrangers vu l'absence de règles de protection des talents du cru. Robert Louis-Dreyfus et ses amis ont redressé les finances du club (l'ont probablement sauvé de la faillite) tout en modernisant l'outil au Standard (nouvelle salle de fitness, vestiaires modernes, etc.) avec, objectif à moyen terme, la construction d'un grand centre de formation. Sur ce plan-là, la réussite est visible, même s'il y a eu pas mal de dégâts collatéraux: le Standard a écorné son âme liégeoise en se séparant d'une grosse partie de son personnel, au point de devenir une société anonyme aussi froide que les eaux de la Meuse en hiver. En 1998, la nouvelle direction débarqua avec une légion de nouveaux joueurs. Elle estima que le Standard rejoindrait le Top 3 belge, aux côtés d'Anderlecht et de Bruges. Financièrement c'est certainement le cas. Politiquement, ce club joua bien le coup (des édiles locaux ou régionaux font partie du conseil d'administration) mais pas sportivement: c'est Genk qui tutoie désormais Bruges et Anderlecht. Il aurait pu en être autrement si les Liégeois avaient gagné les deux finales qu'ils disputèrent depuis que RLD a rangé ce club dans sa besace. Hélas, le Lierse et Genk firent la fête, pas les Rouches. Anversois et Limbourgeois se distinguaient par un vestiaire amical, serein, familial. Au Standard, cela a toujours été le pétard: la gestion des hommes y est discutable et cela a eu un gros impact sur les résultats de l'équipe Première, la locomotive du club.Le bilan des 147 matches du nouveau StandardLes statistiques que nous publions aujourd'hui sont une étude chiffrée comparative entre les résultats obtenus, et les joueurs alignés, par l'ancienne direction du Standard et l'actuelle en place depuis août 1998. Depuis le début de l'ère Louis-Dreyfus, le Standard a disputé 147 matches de championnat, le déplacement à Beveren n'étant pas compris dans ce relevé. Et nous avons tenu compte d'une même tranche de 147 matches pour l'ancienne direction (au départ de la saison 1997-98 et en remontant le temps) ainsi que pour Anderlecht et Bruges, à partir de 1998 jusqu'à l'époque présente dans ces deux cas. Constatimportant: l'ancienne et la nouvelle direction du Standard ont obtenu quasiment le même nombre de points, eu autant d'entraîneurs différents et aligné autant de joueurs. Il n'y a donc eu aucune progression sportive malgré des dépenses énormes, dit-on, sur le marché des transferts. Le Standard fait donc du surplace alors que la concurrence progresse. Une seule différence sensible: on a marqué 34 buts de plus mais concédé 21 de plus aussi, sous l'ère Louis-Dreyfus/D'Onofrio. Graphiques à l'appui, on notera que Bruges et Anderlecht ont gagné plus de matches, encaissés moins de buts, marqué plus de buts et utilisé moins de joueurs et d'entraîneurs. Les différences sont parfois importantes entre les deux grands et le Standard. Par contre, Bruges et Anderlecht se tiennent de très près dans nombre de domaines. Claude Henrot, Pierre Bilic