L'UCI a présenté le calendrier mondial 2009 jeudi dernier, y incluant le Tour de France. Cela met un terme provisoire à cinq ans de guerre des tranchées. Celle-ci a débuté au printemps 2004, quand Hein Verbruggen, alors président de l'UCI, avait lancé le Pro Tour, sans guère de concertation avec les équipes ni les organisateurs. Il voulait instaurer une compétition fermée à laquelle seules les meilleures équipes participeraient. En première instance, le patron du Tour de l'époque, ...

L'UCI a présenté le calendrier mondial 2009 jeudi dernier, y incluant le Tour de France. Cela met un terme provisoire à cinq ans de guerre des tranchées. Celle-ci a débuté au printemps 2004, quand Hein Verbruggen, alors président de l'UCI, avait lancé le Pro Tour, sans guère de concertation avec les équipes ni les organisateurs. Il voulait instaurer une compétition fermée à laquelle seules les meilleures équipes participeraient. En première instance, le patron du Tour de l'époque, Jean-Marie Leblanc, accepta mais il fut sifflé par sa propre organisation, l'ASO, quand il apparut que Verbruggen comptait utiliser l'image du Tour pour attirer plus de droits TV et de publicité aux autres épreuves du Pro Tour. L'ASO voulait rester la plus grande, la plus puissante. En un rien de temps, les trois grands tours ont fait front contre l'UCI, qui s'est battue pour conserver son autorité morale. Les dommages collatéraux sont énormes. Un des cas les plus marquants est la disparition du sponsor Unibet.com. Celui-ci a quitté le peloton au bout de deux ans, saboté par l'ASO qui refusait partout le droit de départ à l'équipe. Officiellement, l'ASO évoquait des limitations légales sur les paris mais en fait, elle voulait porter un coup au Pro Tour. Le véritable séisme s'est produit en 2008 quand l'UCI a placé le Tour au calendrier national, au même niveau qu'une kermesse ou un critérium. L'UCI n'a pas été la bienvenue au Tour 2008, les contrôles antidopage ont été assurés par l'agence française, ce qui a donné lieu à de nombreuses passes d'armes sur l'identité de ceux qui pouvaient contrôler les coureurs et comment. Cette querelle enfantine négligeait les véritables problèmes du cyclisme, à savoir le dopage et la fuite des sponsors, mais aussi le défaut de structures professionnelles. Les deux parties s'en rendent enfin compte. Ce constat est facilité par le limogeage de Patrice Clerc, le partisan du front dur de l'ASO. Il faut espérer que le calendrier mondial ramène le calme dans le milieu mais les choses ne sont pas plus simples pour autant. Le calendrier reprend toutes les épreuves du Pro Tour et le calendrier historique. Les calendriers continentaux restent en vigueur. Les équipes du Pro Tour doivent participer à toutes les épreuves du Pro Tour et peuvent rouler les historiques. Les formations continentales peuvent être invitées par les organisateurs du Pro Tour et des courses historiques mais doivent au préalable obtenir un statut de wildcard auprès de l'UCI, ce qui signifie qu'elles doivent établir le passeport biologique de leurs coureurs. PAR loes gEUeNs