Une case dans le rapport annuel de la Tennis Integrity Unit. " Karim Hossam (24 ans, Égypte) : suspension à vie et 15.000 dollars d'amende. " Les faits sont sérieux : match-fixing, facilitation des paris et " oubli " de signaler avoir été approché pour manipuler des matches. Le rapport fait état de 19 autres joueurs suspendus.

Un peu plus d'un an auparavant, en juin 2017, Hossam s'est retrouvé, tête basse, face à deux enquêteurs de la Tennis Integrity Unit. Il a compris que sa carrière était achevée et il a décrit comment, quatre ans plus tôt, en 2013, il avait été approché par un syndicat des paris pour la première fois. Il allait participer une fois de plus au tournoi à 15.000 dollars de Charm el-Cheikh, qu'il avait déjà gagné quatre fois, mais était sur le point de se qualifier pour des tournois plus relevés. Enfin. En juniors, il avait échoué de peu à intégrer le top dix mais il restait le grand espoir du tennis nord-africain. Jusqu'au jour où, sur les rives de la Mer Rouge, le joueur de vingt ans a été abordé par un collègue qu'il connaissait à peine. " Tu es prêt à perdre ton match ? Tu recevras mille dollars. "

Le soir, en allant, en compagnie de ce collègue, chercher l'argent à la Western Union locale, il n'a pas compris qu'il venait de vendre sa carrière pour un peu moins de 900 euros. L'Égyptien a continué à toucher de l'argent pour perdre, les mois suivants, et il a également tenté de corrompre d'autres joueurs. Pas très intelligemment, à en juger par les messages envoyés à vingt autres joueurs nord-africains via Messenger. " Perdre le premier set puis gagner le match. 2.500 dollars ! " Ou : " Perdre le match, peu importe sur quel score. 3.000 dollars. "

Au bout de quatre années de trafic, les enquêteurs ont remonté sa piste. Il a envoyé un message à son frère Youssef, classé comme lui aux alentours de la 330e place mondiale. " Ils m'ont piégé dans ma chambre, bro. J'ai été trop stupide pour effacer mes messages. " Il a été suspendu à titre provisoire et a promis de collaborer à l'enquête mais d'après les documents confidentiels qu'a pu consulter la BBC, il a poursuivi ses petites activités.

" Ce n'est pas une exception ", a déclaré l'informateur de la chaîne TV. " Les enquêtes du TUI sont trop lentes et inefficaces. Il leur faut deux ans pour étudier les preuves qu'ils reçoivent. Je viens d'apprendre de la bouche d'un joueur qu'il allait aussi être suspendu à vie mais qu'il avait encore le temps de manipuler d'autres matches alors que ça devrait être impossible. " Plus grave, la BBC révèle aussi que l'homme qui a corrompu Karim Hossam il y a plus de cinq ans se produit toujours sur le circuit professionnel...

Une case dans le rapport annuel de la Tennis Integrity Unit. " Karim Hossam (24 ans, Égypte) : suspension à vie et 15.000 dollars d'amende. " Les faits sont sérieux : match-fixing, facilitation des paris et " oubli " de signaler avoir été approché pour manipuler des matches. Le rapport fait état de 19 autres joueurs suspendus. Un peu plus d'un an auparavant, en juin 2017, Hossam s'est retrouvé, tête basse, face à deux enquêteurs de la Tennis Integrity Unit. Il a compris que sa carrière était achevée et il a décrit comment, quatre ans plus tôt, en 2013, il avait été approché par un syndicat des paris pour la première fois. Il allait participer une fois de plus au tournoi à 15.000 dollars de Charm el-Cheikh, qu'il avait déjà gagné quatre fois, mais était sur le point de se qualifier pour des tournois plus relevés. Enfin. En juniors, il avait échoué de peu à intégrer le top dix mais il restait le grand espoir du tennis nord-africain. Jusqu'au jour où, sur les rives de la Mer Rouge, le joueur de vingt ans a été abordé par un collègue qu'il connaissait à peine. " Tu es prêt à perdre ton match ? Tu recevras mille dollars. " Le soir, en allant, en compagnie de ce collègue, chercher l'argent à la Western Union locale, il n'a pas compris qu'il venait de vendre sa carrière pour un peu moins de 900 euros. L'Égyptien a continué à toucher de l'argent pour perdre, les mois suivants, et il a également tenté de corrompre d'autres joueurs. Pas très intelligemment, à en juger par les messages envoyés à vingt autres joueurs nord-africains via Messenger. " Perdre le premier set puis gagner le match. 2.500 dollars ! " Ou : " Perdre le match, peu importe sur quel score. 3.000 dollars. " Au bout de quatre années de trafic, les enquêteurs ont remonté sa piste. Il a envoyé un message à son frère Youssef, classé comme lui aux alentours de la 330e place mondiale. " Ils m'ont piégé dans ma chambre, bro. J'ai été trop stupide pour effacer mes messages. " Il a été suspendu à titre provisoire et a promis de collaborer à l'enquête mais d'après les documents confidentiels qu'a pu consulter la BBC, il a poursuivi ses petites activités. " Ce n'est pas une exception ", a déclaré l'informateur de la chaîne TV. " Les enquêtes du TUI sont trop lentes et inefficaces. Il leur faut deux ans pour étudier les preuves qu'ils reçoivent. Je viens d'apprendre de la bouche d'un joueur qu'il allait aussi être suspendu à vie mais qu'il avait encore le temps de manipuler d'autres matches alors que ça devrait être impossible. " Plus grave, la BBC révèle aussi que l'homme qui a corrompu Karim Hossam il y a plus de cinq ans se produit toujours sur le circuit professionnel...