Malgré deux titres de champion et une éclosion personnelle réussie, Zidane n'a pas atteint au cours de cinq saisons passées à Turin la même plénitude qui marque la quasi-totalité de ses apparitions en équipe de France. Lorsqu'il débarqua à la Juventus, en 1996, Zizou était encore un grand espoir. Formé à Cannes (1987-92), puis ayant passé quatre ans à Bordeaux (1992-96), son palmarès était vierge, mais il venait de s'affirmer avec l'équipe de France, atteignant les demi-finales de l'EURO 96.
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Malgré deux titres de champion et une éclosion personnelle réussie, Zidane n'a pas atteint au cours de cinq saisons passées à Turin la même plénitude qui marque la quasi-totalité de ses apparitions en équipe de France. Lorsqu'il débarqua à la Juventus, en 1996, Zizou était encore un grand espoir. Formé à Cannes (1987-92), puis ayant passé quatre ans à Bordeaux (1992-96), son palmarès était vierge, mais il venait de s'affirmer avec l'équipe de France, atteignant les demi-finales de l'EURO 96. Zinédine retrouvait à Turin Didier Deschamps, sur place depuis deux ans. Lors de ses deux premières saisons, la Juve gagna le Championnat d'Italie et domina assez nettement le Calcio, mais s'inclina deux fois de suite en finale de la Ligue des Champions en 1997 (1-3 face à Dortmund) et en 1998 (0-1 face au Real Madrid). Lors des trois dernières saisons, la Juve n'a plus rien gagné, ni en Italie ni en Europe. Après avoir complètement raté son championnat 1998-99 (sixième et seulement qualifié pour la Coupe Intertoto), elle manqua le titre 1999-2000, dans des conditions rocambolesques lors de la dernière journée, au bénéfice de la Lazio. Et cette année, elle a dû se contenter de la deuxième place. Le bilan européen : en 1999, elle fut éliminée de la C1 par Manchester, futur vainqueur, après avoir réussi le nul à Old Trafford (2-2) avant de s'incliner à Turin (2-3). La saison suivante, la C3 n'était pas prioritaire et la Juve s'inclina en huitièmes de finale contre le Celta Vigo (avec un 0-4 au match retour à Turin, encaissé il est vrai par une équipe incomplète). Cette saison, les Piémontais ont totalement loupé leur premier tour, se classant dernier de leur poule après que Zidane, contre Hambourg, eut lui-même perdu ses nerfs en donnant un coup de tête à un adversaire. Durant ces cinq saisons, à son rythme, dont on sait depuis ses débuts en France qu'il n'est pas celui d'un brûleur d'étapes (question de caractère), Zidane s'imposa peu à peu comme le grand joueur attendu. Mais c'est l'équipe de France qui lui apporta la consécration avec la victoire sur le Brésil et les deux buts décisifs en finale du numéro 10 turinois. A la Juve, tout en étalant des qualités techniques hors du commun, il ne connut pas le même épanouissement technique, même si ses deux dernières saisons ont été plus que correctes sur le plan individuel. Son statut ayant changé après le Mondial, Zinédine l'assuma de mieux en mieux, mais sans jamais trouver idéalement ses marques avec ses partenaires de l'attaque, les internationaux italiens Del Piero et Pippo Inzaghi. Qu'on s'entende bien: le jeu offensif de la Juve ne fut pas une catastrophe ces deux dernières saisons, Zidane y assura une orientation du jeu souvent très satisfaisante, mais on n'est pas persuadé que son style collectif se mariait aussi bien avec celui de ses voisins en club que ce fut le cas en sélection. (J-J. Vierne, ESM)