Le vainqueur de la Vuelta a été accueilli le week-end dernier comme un roi revenu d'exil par sa région natale. Alberto Contador est de retour. Mais retrouvera-t-il un jour toute sa superbe ?
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Le vainqueur de la Vuelta a été accueilli le week-end dernier comme un roi revenu d'exil par sa région natale. Alberto Contador est de retour. Mais retrouvera-t-il un jour toute sa superbe ? Terminer deuxième, quatrième ou septième à Madrid n'intéressait pas El Pistolero. Seule la victoire comptait. Cette mentalité lui a gagné les c£urs de nombreux amateurs de cyclisme et elle est à l'opposé de l'approche calculatrice de Bradley Wiggins au dernier Tour. Seuls les coureurs qui ont déjà atteint l'apothéose de leur carrière osent jouer le tout pour le tout. On l'a d'ailleurs vu au Tour, quand, dans une étape alpestre, Cadel Evans a placé une attaque à plus de 60 kilomètres de la ligne d'arrivée. Même si son offensive n'a pas été bien longue, jamais ce prototype du non-attaquant ne s'y serait risqué avant d'enfiler le maillot jaune sur les Champs-Elysées. Contador a paru danser dans les cols de la Vuelta comme jadis, décochant les attaques au rythme d'un pistolero, mais sans jamais parvenir à conserver son avance, sans parler de l'accroître. Le leader de Saxo Bank-Tinkoff a dû patienter jusqu'à la neuvième arrivée en montagne pour distancer Joaquim Rodriguez, qui n'a jamais fait mieux que la septième place au Tour. Même après sa reconquista à Picos de Europa, l'étape du revirement, il n'a conservé que six secondes sur Alejandro Valverde. Même s'il a assuré le spectacle, Contador n'affiche plus la même domination que jadis. Pour la deuxième fois de suite dans un grand tour, il a été contraint de jouer le tout pour le tout. Au Tour de l'année dernière, il s'est livré à une action de kamikaze dans l'étape de l'Alpe d'Huez, faisant chanceler Evans tout en devant se contenter de la cinquième place à Paris. Le Tour 2013 nous révélera si ce sont là les premières failles d'un empire qui touche à sa fin ou si Contador a simplement payé le tribut d'une préparation tout sauf idéale. Il faut aussi juger sa prestation au précédent Tour à la lumière du terrible Giro qu'il avait dans les jambes tandis qu'avant la Vuelta qui vient de s'achever, l'Espagnol, suspendu, n'avait eu que l'Eneco Tour en guise d'échauffement. Quoi qu'il en soit, avant même d'avoir fêté ses trente ans, Contador a perdu son auréole d'invincibilité. Depuis le Tour 2011, ses concurrents sont persuadés de pouvoir le battre. Les prédécesseurs de Contador dans les tours, Miguel Indurain et Lance Armstrong, n'ont jamais souffert de ce problème jusqu'à la fin de leur carrière. En même temps, la Vuelta nous laisse l'image d'un champion qui ne s'avoue jamais vaincu. La force mentale de Contador contraste avec l'approche de Jurgen Van den Broeck. Le quatrième du Tour a conclu que " on n'entame pas la Vuelta comme ça, sans préparation spécifique, il faut être mentalement et physiquement au top dès le départ. " VDB est professionnel depuis neuf ans. BENEDICT VANCLOOSTER