L'institution c'est Mouscron. Pas la direction. On n'est que de passage mais on veut que ce passage s'écrive en lettres d'or ! ", déclarait, il n'y a pas plus tard que trois semaines, TeniYerima à Sport/Foot Magazine. Pour les lettres d'or on repassera, mais le Camerounais avait néanmoins vu juste sur l'aspect temporaire de sa présence chez les Hurlus. La semaine dernière, un mois et demi à peine après son arrivée, il était démis de ses fonctions de directeur sportif.
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L'institution c'est Mouscron. Pas la direction. On n'est que de passage mais on veut que ce passage s'écrive en lettres d'or ! ", déclarait, il n'y a pas plus tard que trois semaines, TeniYerima à Sport/Foot Magazine. Pour les lettres d'or on repassera, mais le Camerounais avait néanmoins vu juste sur l'aspect temporaire de sa présence chez les Hurlus. La semaine dernière, un mois et demi à peine après son arrivée, il était démis de ses fonctions de directeur sportif. " C'est une décision qui vient à la fois des investisseurs étrangers et des Mouscronnois ", explique le président du CA mouscronnois, EdwardVandaele. " Teni Yerima est un homme charmant et charmeur. Il a pas mal de qualités mais il s'est montré un peu déconnecté de la réalité. Il y avait une trop grande différence entre ses paroles et ses actes. Son discours n'était pas en adéquation avec la situation du club. On ne peut pas donner de faux espoirs aux gens comme il l'a fait. " Il faut dire que l'ex-DT n'y était pas allé de main morte dans ses déclarations à la presse, allant jusqu'à parler de PO1 dès cette saison, de qualification européenne chaque année et de titre dans les deux-trois ans à venir. Débarqué dans le Hainaut début juillet suite au rachat de 90 % des parts du club par un fonds maltais représenté par l'agent de joueur influent PiniZahavi, l'ex-manager camerounais aura donc fait long feu. Pour le remplacer, les nouveaux actionnaires ont fait appel à un autre ancien agent, YuriSelak que l'on apercevait de plus en plus souvent dans les travées mouscronnoises. Nommé conseiller sportif, c'est lui qui sera en charge du recrutement lors de cette dernière semaine de mercato. Selak est déjà le troisième homme différent à mener à bien les transferts du RMP lors de ce marché estival. Avant la reprise du club, c'est RolandLouf qui cumulait les casquettes de directeur général et de directeur sportif. Avec un budget rikiki, il s'est employé à recruter à bas coût, privilégiant principalement des joueurs venus des divisions inférieures. A l'arrivée du fonds maltais, Yerima a pris le relais de la direction sportive et le club a multiplié les arrivées de joueurs étrangers (sept Serbes, un Portugais et un Israélien) malgré un discours mettant en avant un ancrage local. " Vu les circonstances, nous avons commencé la composition de notre noyau avec un mois de retard ", tempère Vandaele. " A ce moment, les bons joueurs belges que nous aurions pu enrôler n'étaient plus disponibles. Nous ne voulions pas nous contenter de seconds couteaux souvent trop chers, simplement parce qu'ils sont Belges, c'est pourquoi nous nous sommes tournés vers l'étranger là ou certains talents sont encore abordables pour nous. Un club comme Mouscron est malheureusement obligé de reconstituer une équipe chaque année. Nous misons beaucoup sur notre centre de formation mais même si tout se passe au mieux, nous n'en sortirons qu'un ou deux joueurs par an, ce n'est pas suffisant ". Avec 90 % des parts détenus par un fonds représenté par Zahavi et la nomination de Selak comme DT, certains craignent néanmoins de voir Mouscron devenir une plate-forme d'import-export. " Le seul objectif cette année c'est de maintenir le club en D1 ", rétorque Selak. " Si la situation était restée telle qu'elle l'était fin juin avant la reprise, le club aurait connu des difficultés sportives mais également financières. Ce n'est pas certain que Mouscron aurait pu continuer à fonctionner au-delà du mois de décembre. Les investisseurs ont amené de l'argent frais à Mouscron et c'est une bonne chose pour le foot belge. Je tiens aussi à préciser qu'il n'y a pas d'agent dans le conseil d'administration. " L'ancien conseiller de FrançoisSterchele ou LaurentCiman dit vrai mais on retrouve néanmoins des proches de Zahavi dans le CA : son fils, son neveu et MarcRautenberg, son bras-droit. " Avoir été agent est une force ", poursuit Selak. " Ça permet de connaître les tenants et aboutissants du foot, les volets financier et sportif. On sait comment respirent les joueurs ". Chargé d'apporter sa connaissance du foot belge, Yuri Selak pourra également être utile par ses relations, lui qui a par le passé collaboré avec MogiBayat. Celui-ci n'était plus en odeur de sainteté au Cannonier depuis l'épisode JohanWalem (qui a préféré Courtrai à Mouscron en dernière minute alors que le deal était arrangé avec les Hurlus). " Je suis officiellement en poste depuis un peu plus d'une semaine et jamais le président Vandaele ne m'a parlé de Mogi Bayat. Il a eu des soucis avec Roland Louf par le passé mais je ne suis pas là pour me faire des ennemis. Au contraire, je veux aplanir les choses. J'apprécie Mogi et s'il me propose un joueur intéressant, je le transférerai. C'est vrai pour lui mais aussi pour d'autres agents. Même ceux avec qui j'ai eu des ennuis par le passé. Je suis désormais dans une autre fonction et ma porte est ouverte à tous. " En attendant, Mouscron est toujours lanterne rouge. Samedi à Waasland-Beveren, les hommes de CedomirJanevski ont mené à deux reprises avant de se faire rejoindre in extremis dans les arrêts de jeu (3-3). " Comme tout président, je suis toujours inquiet ", reconnaît Edward Vandaele. " Mais je le suis de moins en moins en voyant comment évolue l'équipe. Je vois une réelle volonté d'aller au combat et on commence à développer un football intéressant. Bien sûr, il y a encore des lacunes et plusieurs secteurs doivent encore être renforcés mais je garde une confiance totale en Janevski. " Un constat partagé par Selak : " On aurait pu et dû gagner à Waasland. On commet trop d'erreurs individuelles. Il faut du renfort dans chaque ligne. Je pensais initialement à trois lignes mais ce sera sans doute plutôt quatre si vous voyez ce que je veux dire. J'espère attirer deux Belges sur les trois ou quatre éléments qui vont nous rejoindre d'ici septembre. C'est nécessaire, il nous faut des valeurs sûres pour donner une ossature à cette équipe. " PAR JULES MONNIER - PHOTO BELGAIMAGE" Teni Yerima était déconnecté de la réalité. Il y avait une trop grande différence entre ses paroles et ses actes " EDWARD VANDAELE