Le sélectionneur néerlandais Evert-Jan 't Hoen était dans tous ses états. A la mi-septembre, il avait conduit l'équipe nationale de son pays au titre européen en baseball et il semblait à deux doigts d'une qualification olympique mais le tournoi de sélection réservé aux équipes européennes et africaines, à Bologne, s'est mal passé. Les Néerlandais, un mélange de joueurs chevronnés jouant au pays et de talents formés aux USA, ont été étrillés 8-1 par Israël, qui ne compte que mille joueurs actifs. A l'EURO, une semaine plus tôt, les Pays-Bas s'étaient imp...

Le sélectionneur néerlandais Evert-Jan 't Hoen était dans tous ses états. A la mi-septembre, il avait conduit l'équipe nationale de son pays au titre européen en baseball et il semblait à deux doigts d'une qualification olympique mais le tournoi de sélection réservé aux équipes européennes et africaines, à Bologne, s'est mal passé. Les Néerlandais, un mélange de joueurs chevronnés jouant au pays et de talents formés aux USA, ont été étrillés 8-1 par Israël, qui ne compte que mille joueurs actifs. A l'EURO, une semaine plus tôt, les Pays-Bas s'étaient imposés 14-3. Est-ce une surprise ? Oui et non. Israël avait créé la sensation au World Baseball Classic 2017 en se qualifiant pour le deuxième tour, après avoir convaincu des professionnels américains d'origine juive de se produire pour son équipe nationale. Les deux plus grandes nations européennes de la spécialité, l'Italie et les Pays-Bas, n'avaient pas réagi, car pour entrer en ligne de compte pour les Jeux Olympiques, les joueurs doivent effectivement posséder la nationalité ad hoc. La fédération israélienne a vu sa tâche facilitée par la Loi sur le Retour, qui permet aux personnes d'origine juive d'obtenir vite et facilement leur naturalisation. C'est ce qui s'est produit : à Bologne, douze joueurs américano-juifs étaient sur le terrain. Certains sont des valeurs sûres de la Major League Baseball et parmi eux, certains n'avaient leur passeport que depuis une semaine... Sur les 24 joueurs, quatre seulement, dont Shlomo Lipetz, sont nés en Israël. Le pitcheur de 40 ans, issu de Tel Aviv, a dû se contenter d'une brève entrée au jeu mais c'est lui qui a arraché le dernier point contre l'Afrique du Sud. " Incroyable ", a réagi le sélectionneur Eric Holtz face au choc provoqué. " Certains joueurs sont nés aux USA, en effet, mais sur le terrain, chacun se sent israélien. C'est typique de notre pays ", poursuit Holtz, né à New York, où Lipetz travaille depuis plus de dix ans comme... directeur musical au City Winery, un restaurant qui est aussi une salle événementielle. " A Tokyo, j'aurai 41 ans mais est-ce un problème ? J'y serai, dans quelque rôle que ce soit. Qu'ils essaient de me laisser à la maison ", a confié Lipetz à NBC Sports. Il a eu le coup de foudre en voyant, adolescent, les New York Mets jouer. A l'issue de son service militaire obligatoire, il a obtenu une place dans l'équipe de baseball du San Diego Mesa College, sans jamais obtenir de contrat en MLB. Il a donc dû se contenter du baseball semi-professionnel aux États-Unis et au Mexique mais il a été un pionnier dans son pays. L'année 2019, exceptionnelle, est sa récompense suprême. " En juillet, nous avons participé à l'EURO des pays B, sur un terrain partagé avec des moutons et maintenant, nous sommes qualifiés pour Tokyo. Incroyable. "