Alors que toute la Belgique célèbre ses Diables après la qualification pour le Mondial brésilien, la France du foot, elle, attend fébrile, le nom de son adversaire pour les barrages de novembre. D'un côté du Quiévrain, on renoue avec la Coupe du monde douze ans après. De l'autre, on pourrait rater un tournoi international pour la première fois depuis vingt ans. Il y a treize ans, les Bleus dominaient le monde, ils végètent aujourd'hui à la vingt-cinquième place du ranking FIFA. Pire : l'image de la sélection nationale dans l'Hexagone est au trente-sixième dessous. Un sondage du Parisien du 13 octobre dernier situait à 82 % la cote de désamour de l'équipe de Didier Deschamps dans l'opinion. Un degré d'opprobre supérieur à celui de François Hollande. Un genre de performance. " Le football français est à un carrefour. Il doit rompre le cycle infernal dans lequel il est englué. Pour ça, la sélection doit se qualifier pour le Brésil coûte que coûte avant l'Euro qu'on organise en 2016. Et puis Paris et Monaco doivent tirer derrière eux tous les club. C'est une condition sine qua non ", analyse Franck Sauzée, l'ancien international de... l'OM.
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Alors que toute la Belgique célèbre ses Diables après la qualification pour le Mondial brésilien, la France du foot, elle, attend fébrile, le nom de son adversaire pour les barrages de novembre. D'un côté du Quiévrain, on renoue avec la Coupe du monde douze ans après. De l'autre, on pourrait rater un tournoi international pour la première fois depuis vingt ans. Il y a treize ans, les Bleus dominaient le monde, ils végètent aujourd'hui à la vingt-cinquième place du ranking FIFA. Pire : l'image de la sélection nationale dans l'Hexagone est au trente-sixième dessous. Un sondage du Parisien du 13 octobre dernier situait à 82 % la cote de désamour de l'équipe de Didier Deschamps dans l'opinion. Un degré d'opprobre supérieur à celui de François Hollande. Un genre de performance. " Le football français est à un carrefour. Il doit rompre le cycle infernal dans lequel il est englué. Pour ça, la sélection doit se qualifier pour le Brésil coûte que coûte avant l'Euro qu'on organise en 2016. Et puis Paris et Monaco doivent tirer derrière eux tous les club. C'est une condition sine qua non ", analyse Franck Sauzée, l'ancien international de... l'OM. Monaco et Paris ? Probablement, les deux seules raisons d'espérer dans le marasme alentour. En août, l'AS Saint-Étienne et l'OGC Nice se sont fait sortir de la Ligue Europa au tour préliminaire par les redoutables armadas de l'Esbjerg fB (Danemark) et de l'Apollon Limassol (Chypre). Après deux matchs lors de la phase de poules de la deuxième coupe d'Europe, Bordeaux est quasi éliminé pour avoir fait l'impasse, alors qu'il a bataillé dur pour y accéder ! ! ! L'Olympique lyonnais, lui, devra ferrailler pour se qualifier au dépens du Vitoria Guimaraes ou du Betis Séville dans la même compétition, alors que Marseille est déjà sorti, ou presque, de la Champions League dans un groupe injouable pour lui (Napoli, Dortmund, Arsenal). Monaco et Paris, donc. Le reste de la Ligue 1 n'existe plus, ou si peu. Le reste de la troupe a admis qu'il postulerait pour la troisième place. Comme en Espagne. Monaco vs Paris, c'est un clash de titans entre les potasso-roubles de Dimitri Rybolovlev, le nouveau mogul du Rocher et les gazo-riyal de Qatar Sport Investment (QSI), émanation indirecte de l'émirat lui-même. Le premier est arrivé six mois après les seconds en décembre 2011. " C'est peut-être le début d'une ère où on va comparer sans cesse le PSG à l'ASM ", assure Vincent Guérin, l'ancien médian des 90's de l'équipe francilienne. " L'émulation entre les deux clubs va les galvaniser et servir tout le championnat. Quand ils se sont joués le mois dernier(1-1) au Parc des Princes, c'était une rencontre de très haut niveau européen, intense, technique, brillante par moments. " Une sorte de sommet que le pays n'avait plus vu depuis très, très, très longtemps. Du côté monégasque, on se pâme de la vitesse à laquelle Claudio Ranieri a fait monter la mayonnaise entre une épine dorsale de briscards (Carvalho-Abidal-Toulalan-Moutinho-Falcao) et une escouade de youngsters brillants etsans complexes sur les côtés (Kurzawa, Fabinho, Ferreira Carasco, Ocampos ou James Rodriguez). A Paris, on est sûr de sa force et du nouveau schéma de jeu (4-3-3). On ne la ramène pas et les victoires des dernières semaines (contre l'Olympiakos en Grèce (4-1), contre Benfica (3-0) en Europe et à Marseille(2-1) donnent du crédit à l'orchestre de Laurent Blanc. " On pouvait penser que les départs d'Ancelotti et Leonardo sèmeraient un peu le doute, du moins au début, mais c'est plutôt le contraire qui se produit. Comme s'il s'était produit un déclic, comme si les joueurs avaient pris conscience qu'ils étaient là pour longtemps. Même s'ils ne jouent pas la C1, les Monégasques ne pourront pas suivre. Ils n'ont pas assez de banc. En Europe, les Parisiens pourraient faire mieux que l'an dernier ", prophétise Laurent Fournier, l'ancien joueur et entraîneur du PSG. Le PSG, version qatarienne, troisième épisode, donc. Depuis début août, 13 matchs officiels : dix victoires (dont le Trophée des champions), trois match nuls. On a connu pire. On promettait pire. Principalement en raison de l'identité de l'entraîneur. Laurent Blanc, choisi par défaut selon la rumeur, après que de supposés grands noms ont décliné (Benitez, Villas-Boas, Capello) et que l'hypothèse Leonardo (le directeur sportif suspendu en appel un an pour avoir bousculé un arbitre) a fait long feu. L'ancien joueur polyglotte du Napoli, du Barça, de l'Inter et de Manchester United était soupçonné de ne pas avoir la carrure pour gérer un vestiaire d'ego à haute intensité. Une hypothèse qui stupéfait Luis Fernandez, l'ancienne idole du Parc, vainqueur d'une Coupe des coupes comme T1, en 1996 avec le PSG : " En tant que joueur, 'Lolo' a un palmarès et un parcours qui plaident pour lui. Comme entraîneur, il a emmené Bordeaux au titre de champion et en quart de finale de la Ligue des champions. Avec les Bleus, il a été invaincu pendant plus de vingt matchs avant de les qualifier en quart de l'Euro. Alors, savoir s'il a l'envergure, c'est une question qui ne pose pas. Depuis qu'il est là, le PSG joue mieux, il a la possession et l'équipe est mieux équilibrée. Sa grande idée, c'est d'avoir associé Thiago Motta, Verratti et Matuidi au milieu. Depuis, tout va bien... " Vrai. Les trois pistons, aux profils dissemblables, se complètent à merveille. Déjà et avant tout, Thiago Motta est bien là et ça change tout. On l'avait constaté au Camp Nou en avril dernier dans une de ses rares apparitions de la saison, au milieu d'une cascade de blessures. L'ex-Interiste et Barcelonais bonifie les ballons et rend les autres meilleurs (" C'est une machine à laver ", euphémise Fernandez). Verratti, ensuite, a franchi un cap. Un peu plus haut sur le terrain, plus sobre dans son expression, il a appris la constance au contact des grands frères du vestiaire, les deux Thiago, Silva et Motta, et Zlatan. Du coup, il éclabousse et il n'a que vingt ans. Matuidi, enfin, fait du Matuidi. Au four et au moulin, un numéro huit old fashion qui galope d'une surface à l'autre, magnifié par les talents qui l'entourent. " Dans cette configuration, Paris est bien plus équilibré. Le bloc-équipe est regroupé sur trente mètres, compact, les trois du milieu se sacrifient pour les autres. Le jeu est plus élaboré et, à la fois, plus vertical. Quand ils auront réglé l'animation offensive et la relation Ibra-Cavani, ils vont faire quelques dégâts ", soutient Vincent Guérin. Outre son dispositif organisationnel, ce PSG du troisième type semble connaître une paix intérieure, inconnue jusque-là. Ancelotti et Leonardo partis, Ibrahimovic a quand même prolongé. Mieux, il a prononcé quelques phrases en français, il y a quelques jours promettant de maîtriser la langue d'ici peu. Tous les autres étrangers du vestiaire, sauf Maxwell et Sirigu qui causent déjà l'idiome local, prennent désormais des cours de français. Comme s'ils avaient acté qu'ils étaient là pour un moment, et non plus dans l'attente d'un transfert. Cela tombe bien, Laurent Blanc dirige les entraînements collectifs dans sa langue, même s'il débriefe en italien, en espagnol ou en anglais en tête à tête. Même des recrues décevantes jusqu'alors comme Javier Pastore ou Lucas Moura paraissent s'investir " pour de vrai ". " Je crois que Zlatan est à l'origine de tout ça. En resignant, il a envoyé un signal. Avec Silva et Motta, il a de l'ascendant sur le reste du groupe. Il communique sa grinta. Il sait que Paris constitue sa dernière chance de gagner la C1 ", croit savoir Luis Fernandez. Cet été, ce PSG 3.0 a peu recruté. Trois fois rien. Ce rien s'appelle Edinson Cavani, Marquinhos et Lucas Digne et coûte, peu ou prou, 111M€, une paille. Soit, un des meilleurs goleadors du monde qui défend comme un Napolitain et accepte de jouer à droite sans broncher (parce que Zlatan) ; un central surdoué de dix-neuf ans qui rêvait de jouer avec Thiago Silva et de participer à sa Coupe du monde ; un latéral gauche français de vingt ans qui accepte d'être le remplaçant de Maxwell et de faire ainsi une croix sur l'éventuel Mondial des Bleus. Pas de quoi remettre en question la nouvelle harmonie du club francilien. Reste à savoir jusqu'où cela mènera le club de QSI. Reste à savoir comment le PSG gérera les inévitables trous d'air qui escorteront sa trajectoire. Une spécialité maison. PAR RICO RIZZITELLI À PARIS - PHOTOS: IMAGEGLOBE" La grande idée, c'est d'avoir associé Thiago Motta, Verratti et Matuidi au milieu. " Luis Fernandez