Alors que la victoire en Islande avait soulevé quelques doutes sur la défense post-mondiale composée de trois nouveaux (Anthony Vanden Borre, Toby Alderweireld replacé dans l'axe et Nicolas Lombaerts), celle-ci a parfaitement tenu son rang face au Pays de Galles et c'est désormais l'attaque qui pose question. Qui faut-il titulariser de Romelu Lukaku, Divock Origi et Christian Benteke ? Depuis la Coupe du Monde, l'étoile de Romelu Lukaku a fortement pâli, alors que celle d'Origi brille de plus en plus. Au milieu des deux : Benteke, longtemps le favori numéro un pour le poste, mais qui a été freiné par une longue blessure. Lui sort du Mondial ni désavoué, ni renforcé. Il revient simplement dans la course. Si Marc Wilmots a voulu lui donner du temps de jeu face à l'Islande, c'est finalement Origi qui a été titularisé contre les Gallois. Avec au bout du compte, une piètre prestation (même si ses déviations relèvent parfois du génie). Benteke, monté au jeu à la 62e minute, n'a pas pesé davantage. Le débat reste donc largement d'actualité, avec une question sous-jacente : Pourquoi en Bosnie et contre le Pays de Galles, les attaquants belges ont-ils peiné à se faire voir et à trouver la faille ? Pourquoi ce système de 4-5-1 les laisse parfois un peu trop esseulés dans le rectangle ? Sport/Foot Magazine a rouvert le dossier du numéro neuf.
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Alors que la victoire en Islande avait soulevé quelques doutes sur la défense post-mondiale composée de trois nouveaux (Anthony Vanden Borre, Toby Alderweireld replacé dans l'axe et Nicolas Lombaerts), celle-ci a parfaitement tenu son rang face au Pays de Galles et c'est désormais l'attaque qui pose question. Qui faut-il titulariser de Romelu Lukaku, Divock Origi et Christian Benteke ? Depuis la Coupe du Monde, l'étoile de Romelu Lukaku a fortement pâli, alors que celle d'Origi brille de plus en plus. Au milieu des deux : Benteke, longtemps le favori numéro un pour le poste, mais qui a été freiné par une longue blessure. Lui sort du Mondial ni désavoué, ni renforcé. Il revient simplement dans la course. Si Marc Wilmots a voulu lui donner du temps de jeu face à l'Islande, c'est finalement Origi qui a été titularisé contre les Gallois. Avec au bout du compte, une piètre prestation (même si ses déviations relèvent parfois du génie). Benteke, monté au jeu à la 62e minute, n'a pas pesé davantage. Le débat reste donc largement d'actualité, avec une question sous-jacente : Pourquoi en Bosnie et contre le Pays de Galles, les attaquants belges ont-ils peiné à se faire voir et à trouver la faille ? Pourquoi ce système de 4-5-1 les laisse parfois un peu trop esseulés dans le rectangle ? Sport/Foot Magazine a rouvert le dossier du numéro neuf. Contre l'Islande, on a eu de trop rares aperçus du Benteke d'avant-blessure. Un peu trop timide sur le terrain, il n'a montré ses aptitudes à combiner avec la ligne médiane qu'à petites doses, qualités qui, aux yeux de Wilmots et de beaucoup d'observateurs, expliquent pourquoi il obtient la préséance sur Lukaku et Origi. On a senti qu'il ne jouait pas encore complètement libéré. " On pourrait croire que je manque de rythme mais une fois sur le terrain, je suis prêt ", s'est-il défendu. Mais sa suspension de trois matches ne l'a pas vraiment aidé. Après une longue blessure, un match en plus dans les jambes peut changer la donne. Depuis son retour, il n'a en effet disputé que quatre matches, dont un (Manchester City) où il n'est monté qu'à 29 minutes de la fin, et un autre (Tottenham) où il a été exclu à la 65e minute ! Pourtant, en Angleterre, on ne tarit pas d'éloges à son propos. Pour les médias anglais, Benteke est le chaînon manquant à une équipe comme Arsenal, le point d'appui sur lesquels les techniciens de l'entrejeu des Gunners pourraient s'appuyer. Et de l'avis des suiveurs d'Arsenal, il serait bien meilleur qu'Olivier Giroud dans ce rôle. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il est plus complet que l'ancien attaquant de Montpellier. Benteke est bon de la tête, a une bonne frappe, sait jouer aussi bien dos que face au but, et a une vista qui lui permet de remiser souvent à la bonne personne. Seul, finalement, son instinct de buteur pourrait être plus développé. Sa blessure a remis ses plans de transfert à un autre jour et Aston Villa, fort dépendant de son buteur, peut se féliciter de l'avoir encore pour quelques mois. Dans la formation de Birmingham, il prend de la place et permet surtout à ses équipiers d'avoir plus de liberté. Même chose chez les Diables Rouges. S'il peut encore apparaître brouillon devant le but, il est clairement l'élément qui sait à la fois embêter la défense adverse, ouvrir des espaces pour les milieux et combiner avec eux. Alors qu'il ne fut pas à son avantage contre le Pays de Galles, il n'a perdu qu'un ballon (sur les dix touchés) et pèse beaucoup plus qu'Origi dans les duels. Wilmots l'aime bien et l'anecdote dit même qu'avant de le transférer, Paul Lambert qui a joué en Bundesliga au même moment que Wilmots, s'est renseigné auprès du sélectionneur pour savoir si Benteke était taillé pour la Premier League. Wilmots lui aurait répondu - Fonce ! Et depuis trois ans, Lambert s'en félicite, Benteke étant clairement le meilleur transfert qu'il ait effectué depuis qu'il officie à Aston Villa ! Pour la révélation de la dernière Coupe du Monde, c'est actuellement un peu l'inverse d'Eden Hazard : excellent avec les Diables Rouges, plus commun avec Lille. Il ne faut donc pas se tromper avec lui : ni trop l'encenser, ni le brûler à l'instar de la presse anglaise. Alors qu'elle criait à tue-tête qu'il fallait rapatrier le jeune Belge le plus vite possible à Liverpool (et ne pas attendre juin 2015), pour pallier les carences de Mario Balotelli, il ne lui aura fallu qu'un match (Everton-Lille en Europa League) pour qu'elle retourne sa veste et qu'elle clame que le gamin n'avait peut-être pas le niveau des Reds. Car, après un bon début de saison avec Lille, Origi est quelque peu rentré dans le rang. Comme tout le LOSC d'ailleurs, qui reste sur cinq matches sans victoire, et qui désormais commence à regarder plus vers le bas du classement que vers le haut. Depuis le départ de Salomon Kalou, la force offensive des Dogues est apathique. Et ce n'est pas le positionnement d'Origi qui va les aider. René Girard continue à miser sur Origi surtout sur le côté droit (même s'il a évolué également comme seul attaquant ou aux côtés de Nolan Roux ou Michaël Frey dans un 4-4-2). On pourrait le comprendre s'il y avait une forte concurrence dans l'axe lillois mais ce n'est pas le cas. Frey a coûté cher au LOSC mais ressemble à un pétard mouillé. Pourquoi donc le LOSC s'évertue-t-il à voir davantage Origi comme un ailier que comme un vrai numéro neuf ? Sans doute parce que sa vitesse s'exprime pleinement sur l'aile, qu'il est capable de travailler beaucoup et que son gabarit lui est encore préjudiciable dans l'axe. En attendant, Origi répète ses gammes (il a inscrit trois buts), accumule ses matches, son statut de joker ayant clairement changé du côté de Lille suite à ses prestations brésiliennes, son transfert à Liverpool et au départ de Kalou. C'est d'ailleurs lui qui botte les penalties. Mais alors que ses prestations lilloises alternent le bon et le moins bon, il semble transfiguré en équipe nationale, où il accomplit des matches solides. Contre l'Islande, lors d'un essai avec les trois attaquants ensemble, il a été déplacé sur la droite. Il fut le plus incisif des trois, grâce à ses armes (vitesse, percussion et technique). Il a touché 18 ballons en 45 minutes, alors que Benteke n'en a touché que 16, dans l'axe, en 1re mi-temps, et Lukaku seulement 13 alors qu'il évoluait en pointe lors du second acte. Wilmots savait sans doute déjà avant ce match amical qu'il titulariserait l'attaquant du LOSC face aux Gallois mais sa rentrée face aux Islandais l'a certainement conforté dans son choix. Pourtant, était-ce vraiment la solution adéquate ? Le résultat final (0-0) ne plaide évidemment pas en faveur du choix du sélectionneur, Origi réalisant sans doute l'un de ses plus mauvais matches sous le maillot national. Sur ses dix premiers ballons, il en a perdu cinq et il a fallu attendre sa déviation géniale pour Nacer Chadli pour qu'il commence à rentrer dans son match. Il a peiné dans les duels et la puissance de Benteke aurait perturbé davantage cette défense galloise très solide physiquement. Wilmots a opté pour un attaquant capable de faire la différence seul, plus joueur, censé perturber l'arrière-garde galloise par sa technique et sa vivacité, à charge de Chadli et de Marouane Fellaini d'apporter du répondant physique dans le rectangle. Mais le plan n'a pas fonctionné. Il s'agit clairement du grand perdant de la Coupe du Monde et du dernier match en Bosnie. Alors que la blessure de Christian Benteke lui ouvrait une voie royale pour mettre tout le monde d'accord, Lukaku a failli. En se mettant trop de pression mais aussi à cause de sa méforme de ce début de championnat. Comme s'il ne s'était toujours pas remis de sa Coupe du Monde ratée ! Pourtant, le problème se situe ailleurs. Dans les caractéristiques de l'attaquant d'Everton, combinées à celles de ses coéquipiers en équipe nationale. La technique des Eden Hazard, Dries Mertens, Kevin De Bruyne, Axel Witsel a besoin d'un attaquant capable de combiner dans les petits espaces et de servir de point d'appui. Or, Lukaku a toujours avoué que malgré sa grande taille et son gabarit, il n'était pas un pivot et qu'il s'épanouissait mieux dans la profondeur et dans les espaces. L'arrivée de Roberto Martinez, entraîneur espagnol qui sait mieux que quiconque en Angleterre combiner les spécificités physiques anglaises avec le jeu au sol, lui a déjà permis d'évoluer beaucoup à ce niveau-là. Mais des doutes subsistent encore sur ses capacités techniques. Dès qu'il sort d'un match médiocre ou qu'il traverse une mauvaise passe, ces critiques ressurgissent, preuve que les gens ne sont pas vraiment convaincus de ses progrès. On oublie un peu trop vite son âge et sa progression depuis qu'il est en Angleterre, comme d'ailleurs sa facilité à marquer dans n'importe quelle situation. En équipe nationale, il a tendance à vouloir prouver qu'il sait combiner. Il se force à redescendre assez bas dans le jeu (sans gros succès) et manque donc de présence dans le rectangle. Pourquoi un attaquant de son gabarit ne fait-il pas plus le ménage dans le rectangle ? Pourquoi ne bouge-t-il pas plus une défense ? Ces questions restent sans réponse en équipe nationale. Outre ses qualités très différentes de celles de ses deux concurrents, il reste également la question de la forme du moment. A l'instar de son club, Everton, son début de championnat n'a pas été brillant. Il a, certes, marqué quatre buts mais contre des adversaires de bas de tableau (Burnley, Aston Villa, West Bromwich et Crystal Palace). Et le prix de son transfert (35 millions d'euros) semble peser sur lui. A ce prix-là, beaucoup de personnes comparent et attendent un rendement immédiat. Pourtant, si aux normes continentales ce prix semble surfait, il est loin d'être exagéré si on se fie aux normes anglaises. Manchester United n'a-t-il pas dépensé 33 millions d'euros pour Luke Shaw, un back gauche ? Et Tottenham n'avait-il pas misé 30 millions sur Erik Lamela et la même somme sur Roberto Soldado ? " Je suis interloqué quand je viens en Belgique de voir que tout le monde trouve son prix exorbitant ", explique Gilles Grimandi, ancien international français, aujourd'hui scout pour Arsenal. " Alors que son prix correspond simplement au nombre de buts inscrits sur les deux dernières années. Son prix ne m'étonne guère. Par contre, que ce soit Everton qui sorte le chéquier alors que le club n'est pas réputé grand dépensier, là ça me surprend davantage. " Everton sort cette somme pour Lukaku parce que les Toffees savent que ce joueur convient à son système, qu'il connaît parfaitement la rigueur et les spécificités du championnat anglais, et qu'il a prouvé dans deux environnements différents qu'il savait marquer. Toutes ces certitudes, Tottenham ne les a pas quand il dépense la même somme pour Lamela et pour Soldado. Ces deux joueurs ne se sont d'ailleurs toujours pas vraiment adaptés à la Premier League. Voilà pour le prix, reste son rendement. Privé de son pourvoyeur préféré (Kevin Mirallas), blessé, Lukaku doit également trouver sa place entre un Steven Naismith, a priori moins décisif et important que lui dans l'échiquier de Martinez, mais actuellement en pleine bourre, et Samuel Eto'o, plus technique que lui et à l'ego plus développé. En Angleterre, on ne s'en fait pas encore pour Lukaku... à condition qu'on considère qu'il s'agisse d'un joueur taillé pour Everton, et pas pour un club d'un niveau supérieur. " Il est parfait pour un club comme Everton. Chaque saison, il marquera entre 15 et 20 buts dans une équipe qui jouera les places européennes ", estime Charlie Wyett, journaliste au Sun. Et quand on demande aux suiveurs anglais pourquoi il ne pourrait pas viser plus haut, beaucoup répondent. " Demandez à Mourinho ! Si l'entraîneur portugais était persuadé qu'il tenait un des plus grands attaquants de demain, il ne l'aurait pas vendu ". A Lukaku de prouver donc qu'il vaut son prix et qu'il a l'étoffe d'un grand club. Mourinho ne peut-il pas, lui aussi, se tromper ? En attendant, des trois attaquants des Diables, c'est encore lui qui possède les meilleures statistiques (4 buts). Et ce malgré un début de saison anonyme ! On ne sait pas encore comment se définir par rapport à notre ligne offensive. Lorsqu'on évoque notre attaque devant des confrères étrangers, ils sont loin d'être unanimes. En Angleterre, on considère qu'on est béni des dieux de posséder deux attaquants comme Lukaku et Benteke - ils connaissent un peu moins Origi. D'autres estiment qu'il s'agit peut-être de notre talon d'Achille vu que l'on n'a pas de tout grand buteur en magasin, du calibre de Cristiano Ronaldo pour le Portugal, Karim Benzema pour la France, Robert Lewandowski pour la Pologne ou Robin Van Persie pour les Pays-Bas. C'est bien simple, depuis le début de la saison, nos trois attaquants ne pèsent que... sept buts ! Comme toujours, la vérité devrait se situer entre les deux. PAR STÉPHANE VANDE VELDE- PHOTOS: BELGAIMAGEDepuis le début de la saison, nos trois attaquants ne pèsent que... sept buts. Origi a joué dans l'axe contre le Pays de Galles mais à Lille, René Girard le voit encore comme un ailier, à cause de sa vitesse et de son gabarit encore un peu léger.