Le groupe de la mort ! Les Pays-Bas n'ont pas eu la main heureuse lors du tirage au sort. Au Mondial, ils étaient dans la poule de l'Argentine, de la Côte d'Ivoire et de la Serbie-et-Monténégro ; cette fois, les voilà avec l'Italie, championne du monde en titre, la France, dauphine, et la Roumanie, dont ils ont pu apprécier les qualités pendant les éliminatoires. Rafael van der Vaart râle : " C'est un groupe incroyablement difficile ". Cependant, les Néerlandais ne se plaignent pas, ils acceptent leur destin, à l'image de Marco van Basten, qui compte prendre un second élan avec la formation qu'il a façonnée : " Nous sommes plus forts qu'au Mondial ".
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Le groupe de la mort ! Les Pays-Bas n'ont pas eu la main heureuse lors du tirage au sort. Au Mondial, ils étaient dans la poule de l'Argentine, de la Côte d'Ivoire et de la Serbie-et-Monténégro ; cette fois, les voilà avec l'Italie, championne du monde en titre, la France, dauphine, et la Roumanie, dont ils ont pu apprécier les qualités pendant les éliminatoires. Rafael van der Vaart râle : " C'est un groupe incroyablement difficile ". Cependant, les Néerlandais ne se plaignent pas, ils acceptent leur destin, à l'image de Marco van Basten, qui compte prendre un second élan avec la formation qu'il a façonnée : " Nous sommes plus forts qu'au Mondial ". Deux ans se sont écoulés depuis la bataille contre le Portugal et l'élimination des Néerlandais. Deux ans durant lesquels l'équipe a mûri, comme certains joueurs : van der Vaart, Wesley Sneijder, Robin van Persie, Arjen Robben. La sélection est assez similaire au noyau qui a disputé la Coupe du Monde. Phillip Cocu, un leader, a mis fin à sa carrière internationale et Mark van Bommel, le stratège de l'entrejeu, a claqué la porte après une dispute avec van Basten. A quatre semaines du début de l'EURO, ClarenceSeedorf a décliné l'invitation, à la surprise générale. Par contre, Ruud van Nistelrooy, qui ne voulait plus jouer sous la direction du sélectionneur actuel, s'est laissé convaincre. Il apporte son expérience, à l'image de Giovanni van Bronckhorst dans l'entrejeu. Comme le gardien, Edwin van der Sar, est toujours présent, les Pays-Bas alignent une équipe équilibrée formée de routiniers et de jeunes loups, de stars accomplies et de promesses en quête de succès. Pendant des décennies, les Pays-Bas n'ont appliqué qu'une seule tactique, le 4-3-3, avec deux ailiers et un avant-centre. Van Basten est longtemps resté fidèle à la tradition, jusqu'à ce qu'il trouve, en concertation avec ses joueurs, un système révolutionnaire selon les normes néerlandaises. " Nous l'appliquerons pendant l'EURO ", a annoncé l'entraîneur, qui procède en 4-2-3-1 depuis le test empreint de succès face à la Croatie. Il n'aligne qu'un véritable avant, soutenu par un trio de médians offensifs, lui-même couvert par deux médians défensifs. La tactique est-elle défensive ou offensive ? Les deux, dirions-nous. Van Basten stabilise la défense, qui n'est pas toujours très satisfaisante mais les trois joueurs au tempérament offensif ont la bride sur le cou. Des hommes comme Van Persie et Robben ne négligent pas les ailes. L'ancien attaquant de classe mondiale, partisan de l'offensive, a réuni une sélection de grande qualité. Quel autre pays dispose d'une telle palette de talents en attaque et dans l'entrejeu ? En pointe, Van Nistelrooy, Klaas Jan Huntelaar, le talent de l'Ajax, Jan Vennegoor of Hesselink et même Dirk Kuijt se disputent la seule place. Le sélectionneur a l'embarras du choix pour l'entrejeu offensif aussi. Outre van der Vaart, il a van Persie et Robben, tous aptes à évoluer sur l'aile s'il le faut. " C'est un problème de luxe ", commente van Basten à propos de ce compartiment, qui n'est quand même pas à l'abri de contrecoups. Pour le moment, il préfère Sneijder pour le poste central, ce qui pourrait nuire à van der Vaart. Autre atout, le gardien. Van der Sar est un des maîtres de son secteur, comme van Bronckhorst, qui est passé de l'arrière gauche au c£ur de la défense, où sa classe s'exprime mieux. Génial en avant, minable derrière ! La phalange néerlandaise est déséquilibrée. Le quatuor défensif vaut des maux de tête à l'entraîneur et pourrait s'avérer un point faible fatal, comme au Mondial. Le flanc gauche est particulièrement médiocre. Wilfred Bouma est le premier prétendant à ce poste. De l'autre côté, il y a Mario Melchiot ou André Ooijer. Le c£ur de la dernière ligne est relativement bien meublé avec John Heitinga, qui va quitter l'Ajax pour Valence, contre dix millions, cet été. Le changement de tactique induit une certaine stabilité. Devant la défense, on retrouve van Bronckhorst et Demy De Zeeuw. Les Pays-Bas n'ont gagné qu'un titre, l'EURO 1988, en Allemagne. Marco van Basten, auteur d'un but spectaculaire en finale contre la Russie, est souvent confronté à ce succès déjà ancien. Il rêve évidemment de remporter une autre coupe, vingt ans après, comme entraîneur, mais il est d'un naturel réaliste. " Il n'y a pas de réel favori à ce tournoi mais plusieurs équipes qui peuvent se disputer le sacre ". Il compte certainement la sienne parmi ces dernières mais combien de footballeurs ont-ils, à l'image de FranzBeckenbauer, remporté un titre comme joueurs et comme sélectionneurs ? Van Basten tente sa chance. Il a annoncé sa retraite depuis longtemps. Un succès comblerait une nation en manque et lui permettrait de partir en beauté.