Anderlecht donne donc définitivement les clés du camion à Vincent Kompany. Ce que Marc Coucke aurait déjà voulu faire il y a un an. À l'époque, on pensait là-bas que Kompany, avec son charisme et sa niaque, allait entraîner les joueurs dans ses ambitions. Rien que sa présence allait bonifier tout le monde. Tel était le discours entendu là-bas.
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Anderlecht donne donc définitivement les clés du camion à Vincent Kompany. Ce que Marc Coucke aurait déjà voulu faire il y a un an. À l'époque, on pensait là-bas que Kompany, avec son charisme et sa niaque, allait entraîner les joueurs dans ses ambitions. Rien que sa présence allait bonifier tout le monde. Tel était le discours entendu là-bas. Mais ses débuts en tant qu'entraîneur n'ont pas cassé des briques. Kompany avait commencé par un deux sur neuf, tout en alignant 22 joueurs dans les trois premiers matches. Il cherchait quelque chose qu'il ne trouvait pas. Et quand l'échec sportif s'est confirmé, quand des supporters ont commencé à grogner, son beau projet a volé au bac. Franky Vercauteren était censé apporter les corrections nécessaires. À ce moment, déjà, Kompany perdait la face. Mais le club n'a jamais présenté les choses comme ça. Vincent Kompany transporte une auréole de saint au-dessus de sa tête. Dès qu'il prend la parole, c'est comme s'il récitait l'Évangile. Évidemment, il a signé une carrière magnifique. Et rien que pour ça, il a le droit de s'exprimer. À condition qu'il ne se surestime pas. Il est rarement contredit et donne parfois l'impression de tout mieux connaître que tout le monde. Il est ambitieux et il place la barre haut. Ce n'est évidemment pas interdit. Encore faut-il ne pas perdre le contact avec la réalité. Il continue à s'identifier à Manchester City et à Pep Guardiola, il doit simplement admettre qu'on parle ici de deux galaxies bien différentes. Quelque part, la collaboration entre Franky Vercauteren et Vincent Kompany devait faire des étincelles. Deux personnalités fortes, deux coqs dans le même enclos, avec des philosophies de jeu bien opposées. Vercauteren est un pragmatique, Kompany est le romantique de service. Mais Anderlecht n'a jamais voulu l'admettre, encore moins en fin de saison passée, quand les Mauves ont signé une série de quelques bons résultats. Pendant la campagne de préparation du nouveau championnat, un Kompany blessé a commencé à coacher l'équipe. Une décision malheureuse. Et étrange de la part d'un personnage aussi intelligent. En même temps, c'était un signal vers le monde extérieur. C'était annonciateur de son futur. Son lien avec Anderlecht est fusionnel, et récemment, il y a investi de l'argent. Aucun doute là-dessus, il va se donner à 1.000 % pour faire aboutir son projet, avec un an de retard sur le plan initial. Son aura et son discours ont probablement convaincu Wouter Vandenhaute et Karel Van Eetvelt, les nouveaux poids lourds de la direction. Ils prennent un risque en confiant l'ensemble du pouvoir à Kompany. Une belle initiative, mais un plan risqué. Il n'a pas d'expérience comme entraîneur. Il aime bosser avec des jeunes et va tenter de faire exploser le plein potentiel des pépites. Encore plus maintenant qu'il a mis fin à sa carrière et peut se concentrer sur la conduite sportive. Vincent Kompany affronte des mois cruciaux. Depuis un an, il a sans conteste pris de l'expérience et appris de ses erreurs. Maintenant, c'est à lui de jouer. À lui d'imposer le jeu qu'il souhaite, à lui de faire comprendre sa vision aux joueurs, à lui de composer l'équipe qu'il estime la plus performante. En d'autres mots, il doit relancer le projet mis au frigo après quatre mois la saison dernière. Désormais, les excuses ne tiendront plus. Elles ne tiendront plus pour Kompany, plus pour la direction. Anderlecht est obligé de prester, et le changement d'entraîneur augmente clairement la pression. Le calme va-t-il revenir après des années de turbulences ?