Tout fout le camp ! Même au pays de Sa Gracieuse Majesté. Deux coaches, GustavoPoyet et SteveBruce, qui veulent se mettre sur la gueule en plein match. Evans et Cissé qui le font en se crachant dessus. Inquiétant au pays des " gentlemen " ? Pas tant que ça. Les uns se sont excusés et en ont ri ensemble dès la fin du match, les autres ont dû ravaler leur salive à peine quelques heures après leur connerie.
...

Tout fout le camp ! Même au pays de Sa Gracieuse Majesté. Deux coaches, GustavoPoyet et SteveBruce, qui veulent se mettre sur la gueule en plein match. Evans et Cissé qui le font en se crachant dessus. Inquiétant au pays des " gentlemen " ? Pas tant que ça. Les uns se sont excusés et en ont ri ensemble dès la fin du match, les autres ont dû ravaler leur salive à peine quelques heures après leur connerie. En Premier League, il y a un vrai pouvoir. Décisionnaire et répressif. Indispensable. Evans et Cissé ont pris 6 et 7 matches de suspension. Exemplaire dans la sanction. Prise moins de 24 heures après les faits par la commission de discipline. Trois anciens arbitres pros pour montrer l'exemple afin que les deux " lamas " le redeviennent. Punis les mecs, punis les clubs, ravis les amoureux du foot. Un pouvoir fort pour se sentir fort parce que son sport est entre de bonnes mains. De celles qui mettent des gifles à la suspicion de sanctions de circonstances. Et là, on ne peut s'empêcher de penser aux mains moites de notre fameuse " Review Team " censée rebobiner les événements pour faire avancer les choses. Il semble que les arrêts sur images sont à dioptrie variable. Le président de Bruges discrédite sa fonction. Dans son club et à la Pro League. Il faut absolument protéger la crédibilité de notre football en le protégeant, lui, de lui-même. A force de fréquenter et de jouer avec le pouvoir, on se croit tout permis. A force de se prendre pour ce qu'on n'est pas, on devient n'importe quoi. Un agité de tribune présidentielle par exemple. Ou de couloir, en vomissant son mépris sur un coach adverse. Ou encore en lobbyman pathétique en s'invitant dans le vestiaire d'un arbitre. Avec ce sentiment profond qu'il n'y a pas d'autorité qu'on ne puisse baratiner et influencer. Le foot, n'est pas que de la politique et du bizness. C'est aussi du sport avec ce qu'il lui reste de plus précieux. Son indispensable et vitale incertitude. On ne peut pas tout maîtriser. Heureusement. A Bruges, il y a une vraie ligne de conduite entre la direction et le sportif. MichelPreud'homme est un type au coeur tendre. D'ailleurs, il aime les animaux. Tellement qu'il se transforme en fauve pendant les matches. Un prédateur. Avec le stress qui va avec. La peur de ne pas être à la hauteur. L'instinct de survie. La victoire ou la mort. Eux ou nous. Excessif, surtout quand on est déjà immortel. Quand on a été le n°1 mondial de sa profession et qu'on prouve qu'on peut devenir le n°1 national de sa nouvelle, bordel, on devrait être cool tout le reste de sa vie. Il y a du Mourinho dans Preud'homme. Même stratégie de banc. Bancale. A force de ne pas savoir rester assis, on passe son temps debout mais dans un équilibre instable. Entre l'incompréhension, la déception et la frustration. La tactique est simple : si problème dans le match, on se lève. Si joueurs et public endormis, on réveille tout le monde en provoquant les uns, les autres et surtout une forme d'indignation. Après le 1er incident, place aux adjoints. Le boss retourne dans le " dug out ", les adjoints devenus bouledogues en sortent. Tactique offensive et pourtant ça casse le jeu. Pas beau. Dommage. Surtout quand le jeu proposé, le vrai, est plutôt joli à voir et porte l'élégante signature de son coach. Un entraîneur doit être un réducteur d'incertitudes. Les meilleurs le sont mais doivent savoir qu'il y en aura toujours. Parce que le foot est joué par des hommes. Capable aussi de nous montrer le meilleur. La 30e et dernière étape du prologue du Tour de Belgique footballistique nous a fait un bien fou. Un bon coup frein au dérapage pas toujours contrôlé de ceux qui voient du flou partout. A force de voir des fautes intentionnelles voire institutionnelles à tous les coins de terrain, on peut en oublier l'essentiel. On y est revenu avec le foot à sa vraie place. Celle de l'esprit du jeu. Ce 15 mars, la suspicion était une insulte au foot belge. Réjouissons-nous, elle était devenue un réflexe. " A force de fréquenter et de jouer avec le pouvoir, on se croit tout permis. "