Ce n'est pas encore le chaudron de Sclessin, mais la chaleur est infernale pour accueillir le premier match amical de la saison rouche au stade de Buraufosse, sur les hauteurs de Liège. Les retrouvailles entre supporters ont des airs de cour de récré lors de la rentrée scolaire, la bière et l'odeur de friteuse des abords de stade en plus. L'accueil est aussi chaleureux au figuré qu'au thermomètre.
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Ce n'est pas encore le chaudron de Sclessin, mais la chaleur est infernale pour accueillir le premier match amical de la saison rouche au stade de Buraufosse, sur les hauteurs de Liège. Les retrouvailles entre supporters ont des airs de cour de récré lors de la rentrée scolaire, la bière et l'odeur de friteuse des abords de stade en plus. L'accueil est aussi chaleureux au figuré qu'au thermomètre. L'herbe haute et le soleil de plomb n'incitent pas à l'enthousiasme quant au rythme de la rencontre qui ne va pas tarder à débuter. Dans les tribunes de ce stade qui semble suspendu dans le passé, les fans du Standard passent les troupes en revue entre deux conversations sur le parcours des Diables rouges de l'autre côté de la frontière. " Il fait beau, y'a pas de foot à la télé ", deux arguments qui suffisent visiblement pour venir meubler son jeudi soir en prenant sa dose de vitamine D, de ballon rond et de houblon. Les nouvelles têtes sont rares, puisque Ibrahima Cissé est plutôt une vieille connaissance. Il faudra attendre la seconde période, et la présence de Birama Touré (voir cadre) aux côtés d'Alpaslan Özturk au milieu de terrain, pour découvrir un peu de nouveauté. Les visages neufs sont plutôt à recenser sous la tenue noire, mais estivale, arborée par les membres du staff liégeois. Philippe Vande Walle, qui fait entendre sa voix au propre comme au figuré depuis son arrivée à Liège voici quelques jours, prépare le match d'un Guillaume Hubert actuellement sans concurrence (il sera le seul à jouer les nonante minutes) tandis qu'Eric Roex, qui aurait pu embrasser avec succès une carrière de sosie de Sven-Goran Eriksson, profite d'un coin de terrain pour chronométrer Adrien Trebel, Farouk Miya et Mohamed Yattara sur des courses d'une trentaine de mètres. La chevelure blanche et le travail parfois " à l'ancienne " détonnent au sein d'un staff plein de jeunesse. Les chants et les drapeaux d'enfants qui se rêvent Ultras le temps d'un " Aux armes " masquent à peine le silence d'un Standard qui manque cruellement de coaching mutuel dans son onze. En première période, outre un appel à la réaction d'orgueil de Guillaume Hubert suite à la superbe ouverture du score des hôtes du jour, on entend seulement Alexander Scholz, impressionnant de sérénité en défense centrale. Au retour des vestiaires, ce sera Jonathan Legear qui reprendra le brassard et le rôle du Danois, haranguant ses défenseurs à jouer plus rapidement à coups de " vitesse les gars, vitesse " ou de " deux touches ". Captain Jona délivrera aussi deux passes décisives à un Renaud Emond plein d'envie et très en verve (auteur d'un triplé) dans ce 4-4-2 qui l'associe à un bien pâle Ivan Santini. Installé dans des sièges d'un bleu poussiéreux qui servent de tribune présidentielle, lunettes d'aviateur sur le nez, Daniel Van Buyten échange quelques mots avec Olivier Renard entre deux autographes signés aux enfants du coin. Quelques mètres plus loin, Bruno Venanzi répond aux questions d'un journaliste dans l'intimité relative du couloir d'arbres et de pierres qui mène de la tribune à la buvette. " Ils peuvent bien transférer quelques joueurs ", avance un supporter en désignant le triumvirat liégeois du doigt avant de jeter un regard dépité vers la pelouse, où se trouve notamment le jeune Olivier Kingué, aligné aux côtés de Dino Arslanagic en défense centrale pour la seconde période. " J'ai besoin de quatre défenseurs centraux pour la préparation ", expliquera un Yannick Ferrera qui doit composer avec l'indisponibilité de longue date - et non palliée par un transfert entrant - de Milos Kosanovic. L'espoir de nouvelles têtes court certainement aussi dans la tête d'un staff technique visiblement loin d'être le premier informé d'éventuelles transactions en cours. Est-ce ce noyau en reconstruction permanente qui provoque l'agitation de Yannick Ferrera ? Sur le bord du terrain, le coach des Rouches montre une nervosité inhabituelle pour un match de reprise, allant même jusqu'à siffler ses joueurs en début de seconde période, après le deuxième des trois buts encaissés du début de soirée. " Je ne suis pas super satisfait. On encaisse trois buts, on concède de grosses occasions et même un penalty (manqué par Tilleur, ndlr). Surtout, il y a eu trop de moments où on n'a pas respecté des principes de jeu que certains connaissent depuis qu'on a repris en main le noyau. Ça fait déjà neuf mois, quand même, ils devraient être intégrés maintenant... " Quelques minutes avant que le ciel ne brise la moiteur étouffante, ce sont les paroles du coach qui déclenchent l'orage. Sur le terrain, Ibrahima Cissé alterne protection de balle parfaite et passe latérale, la faute à une posture sur le terrain qui l'empêche systématiquement de se retourner dans le sens du jeu, au grand dam du staff. Benjamin Tetteh accumule les ratés et les mauvais choix, pendant qu'Edmilson Junior se charge de sauver la dignité du premier " onze " rouche du jour en permettant au Standard de mener 1-2 à la mi-temps grâce à un penalty, puis à une course inarrêtable de cinquante mètres conclue par un intérieur du pied plein de sang-froid et de propreté. Placé devant la saison de la confirmation après son explosion trudonnaire et son retour hivernal au bercail, le Belgo-Brésilien semble terriblement affûté. " Affûté ", ce n'est pas vraiment le terme employé dans la tribune pour décrire la silhouette d'Özturk, lancé au coeur du jeu en seconde période. Et accueilli par des : " C'est qui le 17 ? " Le milieu de terrain, qui court visiblement après sa forme, est même devenu méconnaissable pour un public pourtant habitué aux rencontres à Sclessin. Si les organisateurs ont prévenu les risques de débordements en tribunes en interdisant aux supporters assoiffés de se déshydrater dans des bouteilles en verre - " C'est le Standard hein, c'est un match à risques ", explique-t-on au bar, transformé en salle de sudation à cause de l'imposante baie vitrée qui donne sur la pelouse -, c'est plutôt sur le terrain que la nervosité croît au fil des minutes. Le Standard perd le fil du match, Tilleur s'enflamme et croit en ses chances, et l'arbitre décide de conclure la rencontre par quelques poussées d'excès de zèle. Guillaume Hubert doit sortir une parade remarquable pour éviter un score très serré au terme d'une rencontre conclue sur un 3-5 presque flatté pour des Rouches qui s'étaient imposés 0-8 à Buraufosse un an plus tôt. La fébrilité défensive affichée par les Liégeois n'est pas encore inquiétante, vu le calendrier, mais Yannick Ferrera est conscient que le travail à effectuer est énorme s'il veut présenter une équipe compétitive pour la reprise du championnat. Un chantier sur le terrain, mais surtout dans les bureaux. Car des recrues seront impératives pour permettre au Standard de passer des chips à la bière, comme l'avait déclaré Bruno Venanzi après la victoire de ses couleurs en Croky Cup. PAR GUILLAUME GAUTIER - PHOTOS BELGAIMAGE" Ça fait neuf mois qu'on bosse ensemble, il y a des principes de jeu qui devraient être intégrés maintenant... " YANNICK FERRERA La fébrilité défensive liégeoise n'est pas encore inquiétante, vu le calendrier, mais Ferrera est conscient qu'il y a du boulot.