Merchandising
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MerchandisingPour équilibrer leur budget, les clubs belges jouent davantage sur la modération des dépenses que sur une augmentation des revenus. Par la force des choses et faute le plus souvent d'imagination. Et pourtant, dans ce dernier domaine, il y a encore une marge de manoeuvre certaine chez nous, pour ce qui concerne par exemple le merchandising. Il est assez symptomatique de constater que les études économiques sur l'état de santé du foot belge n'en fasse pratiquement pas mention. Ce qui se fait à Anderlecht est encore du bricolage par rapport aux grands travaux de Manchester Utd ou au Real.Budgets comparésLa moyenne des budgets des clubs de D1 ne devrait pas changer cette saison et avoisiner les 7,3 millions d'euros. Depuis 1997, cette moyenne était en augmentation régulière: 4,9 millions il y a cinq ans, 5,2 en 98-99 et 6,1 en 200-2001. Les deux clubs montants, Mons et Malines, ont des budgets moindres que les deux descendants, RWDM (3,25 millions annoncés pour la défunte saison) et Alost (3,75). Cette moyenne reste cependant faible par rapport aux autres pays: 17,6 millions de moyenne en Hollande pour le Betaald Voetbal, 33 en France et 87,5 en Angleterre. Droits télés comparésAu niveau des droits télé, on vous explique par ailleurs que le nouveau contrat de trois ans est nettement plus favorable que le précédent. Mais cela reste faible par rapport aux autres pays: un club belge touche environ 600.000 euros de droits télé, un club anglais de Premier League 12,5 millions. Dans le budget des clubs belges, ces droits télé représentent 11 % des rentrées à peine, contre 43 en France ou 39 en Italie. La "dépendance" est trop élevée en France, il faut un juste milieu estimé à 27%. TransfertsDans les revenus, il faut encore inclure les éventuels transferts. Il y en eu très peu en Belgique jusqu'à présent cet été: Blondel, Zewlakov, Vandenbergh etc. "C'est nettement insuffisant pour dynamiser le marché", explique M. Decraen du bureau de management sportif SEM. "Il est bien connu que les gros transferts ont un effet boule de neige et se répercutent en cascade vers les petits clubs. Mais c'est de moins en moins le cas. Prenez Westerlo. Les deux millions reçus de Genk pour le transfert de Vandenbergh Jr ne seront pas réinvestis mais serviront de bas de laine. Les clubs craignent de ne pas recevoir la licence et thésaurisent à cet effet".SalairesAu niveau des dépenses, on sait que les salaires occupent le poste principal. On l'a dit, à ce point de vue, il n'y aura pas d'augmentation sensible. La tendance serait plutôt inverse. Les clubs les plus modestes se sont débarrassé des gros salaires. Pour les formations les plus huppées, le problème est différent. "Les clubs sont pris entre deux feux", explique Ivan De Witte, président de La Gantoise. "Nous sommes obligés de présenter des contrats de longue durée. C'est fort bien si le joueur est performant. Ce l'est moins s'il ne joue pas et qu'il refuse de collaborer à un éventuel transfert comme ce fut le cas chez nous avec un ancien joueur de Harelbeke. Dans ces cas là, cela coûte assez cher au club que certains joueurs considèrent encore comme une vache à lait. Je pense qu'on va s'orienter de plus en plus vers une rémunération liée à la performance, comme c'est déjà un peu le cas au Club Brugeois".Autres revenusPour ce qui concerne les autres rentrées (spectateurs, revenus commerciaux et de sponsoring), elles ne sont pas extensibles vu l'exiguïté du territoire et auraient donc tendance à stagner. Là encore, et davantage sans doute que pour le partage des droits télé, le bénéfice que les clubs pourraient retirer d'une réduction du nombre de clubs parmi l'élite est évident. Le nombre de spectateurs, déjà écorné par la mise en oeuvre du système de la fancard, serait plus élevé pour le nombre de clubs survivants. Et les zones géographiques de couverture des marques des sponsors ou autres annonceurs serait également élargie. Il faudra un jour se résoudre à donner une leçon d'économie aux présidents supporters. ONSSUne bonne nouvelle pour terminer. La dette vis-à-vis des administrations, principalement l'ONSS a fondu comme neige au soleil. Elle était déjà tombée de 1,9 à 1,7 million d'euros il y a quelques mois. Mais Alost et le RWDM étaient responsables de plus de 60% de l'ardoise. Idem en D2, ou la dette était d'environ un million, dont Zuid West était responsable pour un tiers. Lorsque nous écrivons bonnenouvelle, c'est évidemment une question de point de vue. Cette diminution drastique fait moins tache dans le paysage économique du monde belge du ballon rond. Car du côté de l'administration de Frank Vandenbroucke, il s'agit d'une perte sèche de près d'un million et demi d'euros. (G. Lassoie)