Le vrai spectacle de ce décevant Clasico fut finalement le retour de Jelle Van Damme à Anderlecht. Tous les regards et les objectifs étaient tournés vers lui et c'était normal. Cynique depuis deux ans, Ariel Jacobs avait aussi tenté de déstabiliser son adversaire avant le choc. Il affirma que Van Damme avait envoyé des sms à plus d'un titulaire du Sporting. Et Jacobs de préciser sur cette lancée que le renfort de Sclessin était toujours " supporter d'Anderlecht ". Cela fait quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup...
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Le vrai spectacle de ce décevant Clasico fut finalement le retour de Jelle Van Damme à Anderlecht. Tous les regards et les objectifs étaient tournés vers lui et c'était normal. Cynique depuis deux ans, Ariel Jacobs avait aussi tenté de déstabiliser son adversaire avant le choc. Il affirma que Van Damme avait envoyé des sms à plus d'un titulaire du Sporting. Et Jacobs de préciser sur cette lancée que le renfort de Sclessin était toujours " supporter d'Anderlecht ". Cela fait quand même beaucoup, beaucoup, beaucoup... Van Damme précisa : " Je regrette que Jacobs se soit permis de raconter des choses comme cela. Honnêtement, je n'ai envoyé qu'un sms à MbarkBoussoufa après son succès au Soulier d'Or. C'est un ami et je tenais à le féliciter : je n'ai rien fait de plus. " Les deux clubs ont évidemment communiqué à leur façon avant le Clasico et Dominique D'Onofrio a été plus franc que Jacobs, c'est évident. Ils ont limité le contact des joueurs avec la presse en vue du match. Les Bruxellois estimaient qu'ils s'étaient suffisamment exprimés lors du stage hivernal. Le Standard supprima un point presse avec Van Damme car notre dernière couverture lui semblait déplacée. " L'ennemi public " reflétait en revanche bien la réalité de la situation : JVD est désormais un adversaire des supporters mauves, l'ennemi du public anderlechtois. Rien de plus, rien de moins. Et ce fut manifeste pendant le match... comme chaque fois qu'une ancienne idole retrouve son ex-club. Bref, notre couverture devint un prétexte utilisé par le Standard pour que Van Damme ne rencontre pas les journalistes en semaine. Mais dimanche passé, deux heures avant le match, le calme régnait autour du stade. Et à son arrivée au Parc Astrid, Van Damme fut amicalement reçu par Herman Van Holsbeek. Le manager bruxellois affichait même son sourire des grands soirs. A voir leurs bonnes bouilles, on peut se demander pourquoi le ton est monté entre Anderlecht et son ancien baroudeur passé à Sclessin, via l'Angleterre. Mémé Tchité eut droit à la même poignée de mains que JVD... En l'absence de Steven Defour et d' Axel Witsel, DD avait confié le brassard de capitaine à Van Damme. Un choix étonnant en faveur d'un nouveau venu ? Pour certains, cela avait un petit goût de défi. En réalité, Van Damme s'est tout de suite comporté en chef de file dès son arrivée au Standard. Ce fut évident tout au long du stage hivernal au Portugal. A Anderlecht, comme il l'a indiqué, le T1 du Standard a tout simplement confié le bout d'étoffe au joueur ayant le plus de métier en D1. Parfois rude dans les duels, Van Damme s'est comporté en capitaine exemplaire, très sportif durant le match, insensible à la pression du public, positif au coup de sifflet final quand il félicita ses anciens équipiers. Les données du problème n'étaient pas faciles pour lui. Il n'a pas pu éviter la défaite à Anderlecht (2-0) mais son expérience sera utile à une équipe qui a subi trop de changements en un peu plus d'un an. De son côté, le public mauve avait préparé son tour de chants pour Jelle. Son échauffement fut accompagné par des salves de coups de sifflet. Le capitaine provisoire du Standard ne s'en offusqua pas. La carcasse est solide et la tête aussi. Il en a vu d'autres et s'était préparé à ça : pas suffisant pour le déstabiliser et, de toute façon, le public opta pour un ton parfois très féroce, mais aussi un humour comme on n'en trouve qu'à Bruxelles. Les couplets ont déferlé après le coup d'envoi : " Die Van Damme, die, die ", " Pas assez fort pour l'Angleterre ", " Pas assez fort pour Anderlecht ". Le public n'a pas besoin de dessin : il a vite compris que Van Damme et ses nouveaux équipiers étaient tout simplement incapables d'inquiéter leur équipe. Malgré une première mi-temps insipide dans le chef des Bruxellois, c'était une affaire de temps. Le Standard a offert les deux buts à Anderlecht, c'est vrai, mais ce Standard-là (incapable de domestiquer le ballon sans Defour, Witsel et Cyriac) fut trahi par de grosses erreurs individuelles d' Eliaquim Mangala et de Van Damme, ainsi que par un manque de talent. Il n'a rien montré sur le plan offensif. Tchité rejoue après deux mois d'absence. Même si l'attaquant a tout donné, il est à court de temps de jeu. Pape Camara revient de Saint-Trond et doit trouver ses marques. Mehdi Carcela alterne le bon et le moins bon. Van Damme n'a plus joué en championnat depuis belle lurette. En deuxième mi-temps, le grand Jelle s'est éteint après le penalty. A-t-il étonné par le déroulement des événements ? Van Damme ne serait pas Van Damme s'il ne respirait pas la confiance : " Je ne suis pas du tout mécontent de mon match. Avant le repos, le Standard n'a pas été mis en difficulté. Notre organisation était au point et le seul danger résultat des phases arrêtées. A 2-0, le coup fut dur à encaisser. Mentalement, cette jeune équipe a eu du mal à digérer ce mauvais début de deuxième mi-temps. Anderlecht a pu gérer mais je me demande quand même ce qui se serait passé si nous étions revenus à 2-1. "Van Damme n'avait plus pris part à un match de championnat depuis le mois d'octobre et un certain Wolverhampton-West Ham. Son rêve anglais s'est terminé ce soir-là. Alors, pas assez bon pour la Premier League ? " J'ai été chambré et cela fait partie du football. Je ne m'attendais pas à un autre accueil. Il y a un peu plus d'un an, tout le monde m'adorait ici. En football, l'amour et la haine se côtoient de très près. Je le sais, je l'accepte. Sur le plan émotionnel, ce ne fut pas facile. Probablement un des matches les plus difficiles de ma carrière. Je me suis concentré sur ces 90 minutes sans songer à tout le reste. Et c'est pour cela que je n'ai pas accordé d'interview avant le Clasico. J'ai croisé des amis et des figures connues. J'ai serré la main de Roger Vanden Stock et de Van Holsbeek. C'était chaleureux, je crois. Le temps arrangera les choses. Je suis au Standard et je me donne désormais à fond pour mon employeur comme ce fut le cas à Anderlecht. " Dans la foulée du but d'ouverture, le Standard a été puni d'un indiscutable penalty. Après avoir raté un dégagement dans son rectangle, Van Damme a balayé Guillaume Gillet. Franck De Bleeckere ne pouvait qu'indiquer le point de réparation. Les Rouches vivaient un début de deuxième mi-temps catastrophique. En principe, la nouvelle tour de Sclessin, déjà avertie en première mi-temps, s'attendait plus que probablement à prendre le chemin des vestiaires. L'homme en noir a bien géré ce moment important en faisant preuve de tact et de psychologie, en tenant compte de toutes les données psychologiques de ce match. De Bleeckere estima comme il en a le droit que la sanction était suffisante. Mbark Boussoufa donna l'impression de demander la clémence de l'arbitre pour son ancien équipier mais il avait déjà pris la décision de ne pas exclure Van Damme. Si cette décision avait été prise par un autre arbitre que De Bleeckere, pas sûr que les spectateurs et les acteurs l'auraient acceptée. Ce moment et l'attitude calme de tous les joueurs indiquent peut-être que les deux clubs ont tourné la page de leur triste histoire récente. De Bleeckere a évidemment pris des risques. Jonathan Legear aurait pu rater la transformation du coup de réparation. Et que se serait-il passé en cas d'égalisation ? De Bleeckere a dépassé cette réflexion et dirigé ce Clasico en bon père de famille qui en a vu d'autres. Sans son métier, le Clasico aurait pu dériver vers un climat plus dangereux : du grand art. Van Damme peut remercier De Bleeckere. Il a échappé à une exclusion et une suspension immédiate qui auraient terni son retour en D1 tout en aggravant la défaite. PAR PIERRE BILIC - PHOTOS: REPORTERS/ GOUVERNEUR Van Damme peut remercier De Bleeckere. Il a échappé à une exclusion qui aurait terni son retour en D1. Le public opta pour un ton parfois très féroce, mais aussi un humour comme on n'en trouve qu'à Bruxelles.