Le hamburger vient-il vraiment de Hambourg ? Cela, Stefan Albertijn l'ignore. Pour le reste, ce manager anversois du Shipping Department de Toepfer International a réponse à tout. Né à Hove, Albertijn a atterri à Hambourg après ses études, grâce à une bourse d'études allemande. Il y vit et travaille depuis mai 2002.
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Le hamburger vient-il vraiment de Hambourg ? Cela, Stefan Albertijn l'ignore. Pour le reste, ce manager anversois du Shipping Department de Toepfer International a réponse à tout. Né à Hove, Albertijn a atterri à Hambourg après ses études, grâce à une bourse d'études allemande. Il y vit et travaille depuis mai 2002. L'origine du hamburger est exacte. A la carte du café restaurant Herzblut, à Sankt Pauli, on trouve le hamburger original, ainsi appelé par les colons allemands qui ont émigré aux Etats-Unis au 19e siècle et y ont préparé leur morceau de viande favori. Une visite de la ville commence à la Reeperbahn. Une affiche annonce un spectacle d' Helmut Lotti. Pas dans le voisinage, dans un des plus grands théâtres de la ville. Albertijn montre un des grands clubs, dans la Grosse Freiheit, appelé Freiheit 36., situé à la place de l'ancien Cottonclub où les Beatles ont remporté un succès fou dans les années 60. Le Cottonclub a été reconstruit dans le quartier des noctambules. Dès 11 heures du soir, les rues se peuplent et les portiers fouillent les visiteurs masculins. Au début de la Reeperbahn, le Heiligen Geistfelt, une immense plaine où ont lieu, selon la saison, le WinterDome et le SommerDome, de grandes fêtes similaires à celles qu'organise Anvers. Pendant le Mondial, on y installera le village médiatique et la Fan Fest. L'espace peut accueillir 50.000 personnes. Sur la plaine, une roue géante. D'en haut, le visiteur a une vue imprenable sur le stade de Sankt Pauli. Le petit poucet de Hambourg végète en D3, l'OberligaNord, depuis sa dernière rétrogradation de Bundesliga. Lorsque le club a été menacé de faillite il y a quelques années, les prostituées locales ont offert un cinquième de leurs gains d'un week-end au club. Sankt Pauli se porte mieux, maintenant. Stefan Albertijn assiste aux matches à domicile de Sankt Pauli et du HSV : " Quand on parle de la Belgique, ici, deux noms reviennent : Lotti et Daniel Van Buyten ! Van Buyten est très populaire. Pas Emile Mpenza parce qu'il ne faisait pas ce pour quoi il avait été acquis. Jusqu'il y a six mois, Van Buyten était le plus populaire du HSV. Depuis, il a cédé sa place à Rafael Van der Vaart ". Les supporters des deux équipes sont très différents. " Ceux de Sankt Pauli sont plus fanatiques, ils soutiennent leur club de manière inconditionnelle, quelle que soit sa division. Le HSV est le club de la classe moyenne, pourvu de places assises et de loges. Dans la tribune Nord de Sankt Pauli, vous êtes les pieds dans la boue. Sankt Pauli joue ses meilleurs matches quand il neige. Le lendemain, beaucoup de collègues ne se sont pas présentés au travail "... Au HSV, une horloge indique depuis combien d'années, de jours et de minutes le club évolue en Bundesliga : près de 43 ans. Il est le seul à n'en avoir pas encore raté une minute. Depuis quelques années, avant chaque match à domicile, on joue un air d'un chanteur pop local, Lotto King Carl, une ode à Hambourg : " Hamburg die Schöne, Hamburg die Perle ". Tout le stade l'entonne à pleins poumons. Lors d'une première visite, l'ambiance qui règne à Hambourg rappelle celle de New York. Est-ce pour cette raison que l'équipe nationale américaine a décidé de s'installer en plein centre de Hambourg pendant le Mondial ? Stefan Albertijn : " Hambourg est une grande ville internationale, ouverte, au caractère maritime. Elle est cosmopolite comme Londres mais aussi verte avec deux grands lacs et une excellente qualité de vie. Nulle part en Allemagne, le contraste entre pauvres et riche n'est aussi grand qu'ici. Hambourg n'a guère de vieux bâtiments car elle a été détruite à la fin de la guerre, ce qui a provoqué des incendies dévastateurs. La ville n'a été reconstruite qu'en 1948 ". La ville prospère. Elle est le havre de banques, de compagnies d'assurances, d'entreprises portuaires, de bureaux et d'entreprises médiatiques. De l'ancien centre, outre la petite Deichstrasse recouverte de pavés, longée d'anciennes maisons de commerce, il ne reste que la Speicherstadt. Les vieilles maisons du port, transformées en lofts, ont l'air de surgir d' On the waterfront, un film tourné avec Marlon Brando à New York. De nombreux camions aux plaques d'immatriculation iranienne déchargent des tapis. C'est grâce à cette connexion iranienne que le HSV a enrôlé Mehdi Mahdavikia en 1999 - depuis il est le joueur le plus ancien de l'équipe. Stefan Albertijn : " Hambourg est une ville qu'il faut appréhender prudemment. Plus on s'y attarde, plus on tombe sous son charme. Hambourg est un oignon : on ne cesse d'en découvrir de nouvelles couches. Ce n'est pas une cité homogène. Elle a grandi grâce à la fusion de différents villages. Elle compte donc autant de centres qu'il y avait de villages. Avant, Eppendorf était le quartier du commerce, Altona un quartier danois, près du vieux Hamma Burg. Sankt Pauli fait office de transition entre le vieux Hambourg et Altona. C'était le quartier où les équipages se distrayaient. C'est resté le quartier populaire par excellence, avec le Fischmarkt où on peut, après une nuit de sortie, déjeuner un sandwich au poisson ". Peu avant le Mondial, Hambourg n'est encore qu'un chantier. La Reeperbahn est encore ouverte, les foreuses se font entendre dans les stations de métro et près de l'Altersee. Le bureau du Mondial, situé Winterhuderweg, en périphérie, n'est pas encore tout à fait prêt non plus. Il faut encore poser le carrelage. Le bureau n'est encore qu'un amas de grandes pièces remplies de cartons. Hambourg utilise le Mondial comme deadline pour achever une série de travaux de construction qui étaient prévus depuis longtemps, explique Christian Schnee, membre de l'équipe du Mondial, entre deux caisses. Ce n'est pas gratuit. " Nous avons consacré 55 millions d'euros à la promotion du Mondial, pas seulement pour les cinq matches qui auront lieu à Hambourg mais aussi pour la mise en valeur de la ville en général. Hambourg souhaite mieux se profiler sur le plan international. Munich a les faveurs des touristes, Francfort est le centre des affaires. Hambourg veut être la ville la plus vivante ". Outre le football, la ville hanséatique commence à accueillir d'autres événements sportifs. Elle a acheté une équipe de hockey sur glace il y a quelques années : les Münchener Barrons s'appellent maintenant les Hamburg Freezers. Le marathon de Hambourg et le tournoi ATP attirent du monde, poursuit Schnee : " Le public est enthousiaste mais les politiciens n'étaient guère intéressés, ces dernières décennies. On remarque maintenant que les investissements en infrastructures sportives et routières ont un effet positif sur la vie de tous les jours et contribuent à la prospérité de la ville ". Schnee vient de Francfort mais se plaît à Hambourg. " Parce que c'est une ville qui vit, qui se renouvelle sans arrêt. C'est aussi la seule ville d'Allemagne où on ne se plaint pas. Les habitants sont fiers de leur cité. Tous les matins, à la radio, on entend l e bulletin météo de la plus belle ville d'Allemagne. Ce n'est pas ironique : les gens le pensent. Les Allemands sont sans doute les pires pessimistes d'Europe mais pas les habitants de Hambourg ". GEERT FOUTRÉ, ENVOYÉ SPÉCIAL À HAMBOURG