Après Milos Maric, Bernd Thijs a été le deuxième joueur (et médian !) enrôlé à Gand par Trond Sollied. Au Standard, Robert Waseige le surnommait Notre Ecossais, à cause de ses cheveux roux. A l'occasion de notre rencontre, il déborde d'assurance. Le Limbourgeois entame à Gand le second volet de sa carrière belge, nanti de l'expérience acquise au Standard, au Racing Genk, à Trabzonspor et au Borussia Mönchengladbach.
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Après Milos Maric, Bernd Thijs a été le deuxième joueur (et médian !) enrôlé à Gand par Trond Sollied. Au Standard, Robert Waseige le surnommait Notre Ecossais, à cause de ses cheveux roux. A l'occasion de notre rencontre, il déborde d'assurance. Le Limbourgeois entame à Gand le second volet de sa carrière belge, nanti de l'expérience acquise au Standard, au Racing Genk, à Trabzonspor et au Borussia Mönchengladbach. Bernd Thijs : Bien, mais les journalistes assistent quotidiennement à l'entraînement là-bas. En général, à son terme, ils posent une question en nous raccompagnant mais le lendemain, c'est toute une page qui paraît, avec une énorme photo. Inouï. Nous avons donc passé un accord : deux jours avant le match, il y avait une conférence de presse avec l'entraîneur et un joueur. Les journalistes devaient adresser une demande au club et faxer le texte. Cependant, Bild ne l'a jamais fait. Au début, oui. Je remontais l'escalier, après l'entraînement. Un photographe du Bild m'a dit qu'il devait prendre quelques clichés et que je devais tendre le bras. Je lui ai demandé pourquoi. Il m'a expliqué que c'était un match important, qu'il fallait attaquer et prendre des points : - Ce sera bien, vas-y. Le lendemain, la photo remplissait une demi-page, ornée d'un grand titre : Je suis le nouveau patron. Depuis, je les ai tenus à l'écart. Evidemment, quand ils peuvent vous piéger, ils ne vous ratent plus. Ils en rajoutent une couche quand vous avez joué un mauvais match. Oui. Lors de notre bref entretien, nous en avons parlé. Mon expérience et mes qualités doivent me permettre de donner des indications et de devenir un meneur, qui aide les autres, les dirige, d'autant que l'équipe est jeune. Je ne puis changer mon caractère. Au fond, qu'est un leader ? L'essentiel est de bien jouer soi-même, avant de diriger les autres. Si les autres n'acceptent pas mes conseils, je cesse de leur en prodiguer. J'ai toujours aidé les autres à tenir leur position, à progresser mais porter l'équipe dans la situation où nous nous trouvions n'était pas évident. Je ne sais même pas ce qui s'est passé avec l'entraîneur qui est arrivé après. C'est incompréhensible. Il ment en prétendant avoir dû faire des choix. Comment reconduire la même équipe quand vous prenez 10 points en 15 matches, sans marquer ni bien jouer ? Il ne vous a pas dit qu'il allait chercher des joueurs dans le noyau B quand il était confronté à des absences, alors que nous étions là ? Il est arrivé comme adjoint. Il nous parlait tous les jours. Il m'a même félicité car j'avais les meilleurs résultats au test de lactate et il n'avait jamais vu un Belge aussi brillant en Allemagne. Quand il a succédé à Heynckes, il nous a écartés. Je n'ai même plus pris place sur le banc pendant 15 matches. Deux jours avant la reprise de cette saison, on nous a dit que l'entraîneur ne voulait plus de nous. Contrat professionnel ou pas, nous ne pouvions pas venir. Pourquoi ne nous a-t-il pas expliqué ses motivations ? Comment ne pas penser qu'il n'a aucune personnalité ? Il a appliqué une décision venue d'en haut, sans avoir osé dire : - Ce sont de bons joueurs, j'ai besoin d'eux. Il nous a sacrifiés pour saisir sa chance, sans l'avouer. Je n'ai jamais eu d'entretien avec un délégué du Club Bruges. Mon manager et Luc Devroe ont discuté seuls. J'ai eu un échange de vues positif avec Jacky Mathijssen, par contre. Je pense que nous en étions tous les deux satisfaits. C'est assez clair ? Dirai-je un jour ce que j'ai sur l'estomac et si oui, quand et comment ? Le monde du football est petit et on me conseille de me taire. Non. Si je l'avais voulu, j'aurais effectué un autre choix. Sans insulter Gand, il est dans la moyenne, financièrement. Je n'ai pas de contrat à la prestation et je n'ai absolument pas tenu compte de l'argent dans mon choix. Oui, j'y aurais gagné deux à trois fois plus qu'ici. J'étais plus ouvert car un ami est marié à une Israélienne. Ils affirment que seule la bande de Gaza est dangereuse mais que Tel-Aviv est une ville fantastique. Du soleil, la plage... Si j'avais voulu m'enrichir en plus, j'aurais signé là. Cependant, le club voulait tout précipiter et ça m'a fait reculer. Lokeren a téléphoné à mon manager, Xanthi a discuté avec mon représentant allemand mais il n'en est rien ressorti. Je n'ai pas mal gagné ma vie, sans plus. Je souhaite revivre une expérience à l'étranger. Ce n'est pas comme si j'étais en fin de carrière. C'est le plus regrettable dans ce qui m'est arrivé la saison passée : avec mon physique, mon expérience et tout, je ne m'étais jamais senti aussi fort. Je veux signer de bonnes performances. Compte tenu de ce que j'ai vécu avec mes derniers entraîneurs, j'ai envie de prouver que je peux mieux faire. Cela ne signifie pas que c'est positif, en 12 ans. Au Standard, nous en avons eu trois en l'espace d'une saison... Je ne l'ai pas compris immédiatement mais les exercices en salle de Tomislav Ivic m'ont fait du bien. Avant chaque entraînement, nous tapions le ballon contre le mur pendant dix minutes : de l'intérieur du pied, du gauche, du droit, de l'extérieur... Nous répétions l'exercice jour après jour, de même que les coups francs, etc. Mon rendement n'a pas été mauvais au Standard non plus : j'ai marqué 11 buts durant ma dernière saison. Sef est un entraîneur fantastique et, plus important encore, un homme merveilleux. Il nous insufflait confiance, il avait mis sur pied un système de jeu rôdé grâce à beaucoup de répétitions. Sef est le seul à avoir essayé de faire progresser chaque joueur individuellement. Chacun. Nous nous entraînions beaucoup individuellement ou par compartiments. Il n'hésitait pas à nous féliciter mais aussi à pointer du doigt ce que nous devions encore travailler. C'était génial, surtout pour les jeunes joueurs. Il n'y a pas meilleur que lui. Sef aime la discipline. Nous avions des conventions. Je pense qu'il faut une structure. Je le constate avec mes enfants aussi. L'aîné va à l'école : il se lève, se rend à l'école, revient à la maison, joue, mange, se lave les mains, prend son bain, lit puis va dormir. Cela se passe mieux que les vacances, trop longues et dépourvues de cette routine. Cependant, je pense que tous les entraîneurs ont une certaine structure. J'ai suffisamment d'autodiscipline pour savoir ce que je dois faire afin d'être performant. Quand un groupe en est incapable, ses prestations en pâtissent. C'est bizarre, en effet, mais c'est la politique de transferts du club. Je savais qu'il enrôlait beaucoup d'étrangers mais j'ai été surpris en pénétrant dans le vestiaire. En principe, il faudrait être obligé d'embaucher plus de Belges. Timmy était plus jeune. On peut difficilement nous comparer. Je connais bien Timmy, j'éprouve beaucoup de respect pour sa carrière. J'aime le voir jouer. Je le félicite souvent par sms. Lors des stages de l'équipe nationale, je faisais toujours le trajet avec Timmy, Sonck et Peter Van Der Heyden. Timmy n'est pratiquement jamais blessé, il est très régulier. Je veux aussi atteindre une certaine constance. Je l'avais à Genk. Lorsque nous avons été champions, j'ai disputé l'intégralité de 32 matches et 85 minutes à deux reprises. J'était très fier de cette régularité, du titre, de mes 13 buts et six assists. Et Timmy est meilleur à la récupération. N'ayant jamais évolué en 4-3-3, je me sens mieux devant la défense mais c'est à l'entraîneur de m'attribuer un poste. Je tâtonne encore un peu. Trabzon procédait avec deux médians défensifs, nous devions défendre et exercer notre pression sur tout le terrain. C'était assez différent de Genk. Je m'entendais très bien avec Josip Skoko : quand l'un montait, l'autre restait au poste. Quand nous avons affronté le Bruges de Sollied, qui alignait trois médians alors que nous n'étions que deux, Sef a dit : -Je sais que vous pouvez vous en sortir. Résolvez le problème ! Nous avons battu Bruges à deux reprises cette saison-là. C'est lié à ma position. Mönchengladbach m'a présenté comme un médian apte à marquer. Après quelques matches, on m'a demandé pourquoi je n'y parvenais pas. Je jouais au milieu défensif, derrière un Argentin qui n'avait jamais entendu parler de travail défensif. Il réalisait des actions puis revenait tranquillement. Je défendais pour deux. Nous n'avons joué avec deux médians défensifs côte à côte que sous les ordres de Köppel, lors des cinq derniers matches. D'un coup, j'ai eu dix occasions en cinq joutes. Le système était semblable à celui de Genk : nous devions rejoindre les avants et les relayer. Ma femme vient de faire du rangement et elle a retrouvé des articles de 'Gladbach datant de cette période. Il y avait une photo de moi et du coach : le stratège et le sauveur. J'y ai vécu de très bons moments. J'ai rejoint le Standard à 15 ans, j'ai effectué mes débuts à 17. On n'oublie pas ça. Mes années à Genk ont été superbes aussi et je m'y sentais mieux chez moi. Je conserve d'excellents contacts avec ce club. Je pense que dans mon c£ur de Limbourgeois, le Racing reste mon club. Je l'ai affronté avec 'Gladbach dans un match amical et j'ai été très applaudi. Je n'aurais osé imaginer pareille ovation. Revenir à Genk serait fantastique mais ce n'est pas le moment d'y songer. Christophe et moi avons été désignés pour les coups francs, Maric étant le troisième homme. Celui qui se sent le mieux se charge des penalties. C'est tout un art. Je m'exerçais aussi chaque semaine à 'Gladbach sous la direction de Heynckes. J'aimerais recommencer à Gand mais il n'y a pas de mur. J'ai demandé à l'entraîneur s'il était possible d'en obtenir un. Il a pris bonne note de ma requête. Tous les clubs ont bien un mur en Belgique (il rit) ? raoul de groote