Quel impact a le nouveau scandale sur la FIFA ?

GIANNI INFANTINO : Aucun. Le membre de la commission éthique cité s'est déjà retiré.
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GIANNI INFANTINO : Aucun. Le membre de la commission éthique cité s'est déjà retiré. INFANTINO : D'un côté, je suis serein, connaissant les faits. De l'autre, je trouve que l'affaire des Panama Papers est un véritable scandale. Je n'ai rien à me reprocher : la procédure d'attribution des droits TV dérivés pour la Ligue des Champions a été correcte et bien documentée. Comme toujours, l'UEFA a procédé à un appel d'offres. Je suis donc heureux que le procureur général suisse se soit emparé du dossier. Si quelqu'un a commis une faute après la conclusion du contrat, il doit être puni. INFANTINO : Comme mille autres. L'agence Team Marketing, qui a tout traité, a conseillé l'offre la plus haute des deux, l'a détaillée puis soumise à la signature de deux directeurs de l'UEFA, dont moi. Si la partie ayant acquis les droits en a ensuite fait mauvais usage, nous n'en sommes pas responsables. Je suis droit dans mes bottes dans cette affaire. INFANTINO : Non car l'affaire va être éclaircie très vite. Une fois toutes les cartes sur table, ma position sera même renforcée. INFANTINO : Il faudra me juger sur mes actes. On sait ce que j'ai accompli au poste de secrétaire-général de l'UEFA avant mon élection à la présidence de la FIFA. On m'y connaît comme un professionnel, un bosseur, un homme intègre. J'étais un des plus engagés au sein de la commission des réformes de la FIFA. Le congrès a accepté les mesures proposées à une large majorité. Je crois en ces réformes, qui vont plus loin que ne le pensaient les experts. Depuis ma nomination, j'ai agi de manière très crédible. INFANTINO : En demandant à la justice américaine que l'affaire soit non seulement jugée au pénal mais que ceux qui ont gagné de l'argent doivent le rendre au football. Nous prônons la tolérance zéro. C'est une de nos réformes. Celles-ci constituent ma priorité absolue car j'ai été impliqué de près dans leur rédaction. INFANTINO : Cette requête à la justice américaine, suivie de démarches qui n'ont pas été médiatisées. Nous avons adapté la procédure d'embauche du personnel. Nous avons proposé une nouvelle structure pour le comité exécutif : il ne décide plus des contrats commerciaux, pas plus que le président. Il s'occupe de la stratégie de la FIFA et laisse le business à l'administration. C'est un des principaux changements et c'était un des points les plus critiqués : le président et le comité exécutif avaient pris des décisions liées à des flux financiers. INFANTINO : Elles ne seront que neuf et on y ajoutera des membres indépendants. Le congrès de mai entérinera ces décisions. INFANTINO : Certaines se proposent. Elles émanent de la politique, de l'industrie et de différentes organisations. Les associations de membres font des propositions aussi. Notre liste est longue. Les personnes qui vont intégrer les commissions sont très sérieuses, vous verrez. Toutes possèdent une grande expertise dans différents domaines et seront en mesure d'effectuer des propositions concrètes dans les choix stratégiques. Il n'y aura plus de réunions pour le plaisir. INFANTINO : Le 27 avril, date de l'application des nouveaux statuts. La séance décisionnelle du conseil a lieu au congrès du Mexique, en mai. Le conseil ne sera pas encore au complet, bien sûr. Nous avons demandé aux fédérations de choisir leurs candidats pour la prochaine séance, en octobre. INFANTINO : L'international board a effectué un premier pas en prenant des décisions historiques à Cardiff. La principale est l'introduction d'une phase de test de la vidéo. Ces essais débutent en été. Dans deux ans, nous déciderons si nous pouvons les introduire pour aider les arbitres. Le sujet était à l'ordre du jour depuis des années. INFANTINO : Nous déciderons avant la fin de la saison. Treize pays de quatre continents ont posé leur candidature. Les tests débuteront dans des matches amicaux, y compris entre équipes nationales. Viendra alors le tour des championnats nationaux. INFANTINO : Deux jours après Cardiff, nous avons organisé une conférence sur les femmes dans le football et le football féminin. L'égalité des droits est au programme. Les réformes garantissent la présence d'une femme au moins au conseil de chaque confédération. Sans cela, le siège et le droit de vote qui l'accompagne sont perdus. Pour promouvoir le football féminin, il faut changer les structures. Ça commence par la mise sur pied d'un département football féminin à la FIFA. Nous y travaillons. Nous voulons aussi plus de femmes à des postes de direction. Billie Jean King, l'ancienne championne de tennis américaine, nous a rendu visite et nous avons échangé des idées sur l'égalité. Les cours destinés aux arbitres en préparation du Mondial masculin 2018 et de l'édition féminine 2019 sont organisés pour les arbitres des deux sexes. La FIFA reprend ainsi une mesure déjà adoptée par l'UEFA. Elle démontre ainsi qu'elle prend très au sérieux l'égalité, dans un domaine aussi sensible que l'arbitrage. INFANTINO : La voie est ouverte mais la qualité sera toujours déterminante. Cependant, je voudrais vraiment que ça arrive. INFANTINO : Lors de sa dernière séance, le comité exécutif a présenté le budget que doit approuver le congrès. Le projet prévoit que, dans les quatre prochaines années, on va investir 1,4 milliard de dollars dans le développement du football, soit un demi-milliard de plus que jusqu'à présent. La manière dont cet argent va être investi va aussi changer. Chaque fédération recevra un programme sur mesure. Le Soudan ne peut pas appliquer le même programme que l'Allemagne. INFANTINO : Les nouvelles commissions, composées par des nouveaux membres. Nous prévoirons un personnel qualifié pour cette tâche cruciale. Nous veillerons ensuite à l'application des investissements dans des projets concrets : l'argent ne se perdra pas. Celui qui demande de l'argent pour l'aménagement d'un nouveau terrain de football ne pourra pas construire une piscine. Nous contrôlerons tout très strictement, pour que l'argent ne soit pas utilisé à mauvais escient. INFANTINO : Personnellement, je trouve que c'est une très bonne idée mais je ne suis pas un dictateur. On en discutera sans préjugés. Je suis à l'écoute de tous les arguments. Je connais très bien la position des clubs européens. Ils m'ont d'ailleurs soutenu lors de mon élection, alors qu'ils connaissaient mon opinion sur le sujet. J'estime très positif l'élargissement de l'EURO à 24 nations. Les qualifications pour la France ont été passionnantes. INFANTINO : Le football est un sport mondial. Il faut donc y impliquer plus étroitement le monde entier. Si cet élargissement n'a pas d'impact sur le calendrier international, rien ne s'y oppose. Les plus petites nations du football recèlent aussi du talent. N'oubliez pas que le Costa Rica a battu l'Italie et l'Angleterre lors de la dernière Coupe du Monde. INFANTINO : La plupart y sont favorables. Comme je l'ai dit, il faut bien analyser le sujet. Nous ne voulons pas de confrontation, nous prônons le dialogue. Un tel changement ne va pas s'opérer en une nuit. Si élargissement il y a, ce sera à partir du Mondial 2026. PAR RAINER FRANZKE - PHOTOS BELGAIMAGE" Je ne suis pas un dictateur. " GIANNI INFANTINO " L'affaire des Panama Papers est un vrai scandale. " GIANNI INFANTINO