Agent de footballeur et imprésario d'artiste, même combat ?

Benoît Poelvoorde : " Ça se ressemble. Par exemple, on ne peut pas entretenir un rapport sain avec son agent ou son imprésario, ça reste quelqu'un qui prend 10 % sur ce que tu gagnes ! Le jour où tu ne lui rapportes plus le pourcentage, il t'envoie ch... Mais ça ne fait pas de lui un salaud, c'est son métier qui veut ça. Il n'est pas là pour tes beaux yeux. "
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Benoît Poelvoorde : " Ça se ressemble. Par exemple, on ne peut pas entretenir un rapport sain avec son agent ou son imprésario, ça reste quelqu'un qui prend 10 % sur ce que tu gagnes ! Le jour où tu ne lui rapportes plus le pourcentage, il t'envoie ch... Mais ça ne fait pas de lui un salaud, c'est son métier qui veut ça. Il n'est pas là pour tes beaux yeux. " " Ça ne m'intéresse pas. Je n'ai rien contre mais je n'arrive pas à regarder. Les gens qui aiment le foot... c'est quand même des forcenés. Respect ! " " On m'avait contacté pour Les Seigneurs, j'avais refusé parce que j'aurais dû apprendre à jouer. Et je suis trop paresseux pour ça. Ici, c'était différent. Ce n'est pas le foot, ce sont ses à-côtés, avec un personnage qui m'a directement intéressé. " " Beaucoup. J'ai trouvé ça vachement violent à certains moments. Et j'ai compris entre-temps que ça se passait vraiment comme ça, c'est ça le pire. J'ai vu Serge Trimpont travailler, avec deux jeunes Africains qu'il a amenés ici. Ils découvraient un nouveau monde, l'hôtel et tout ça. Ils étaient terrorisés. Serge m'a vite dit : -Le petit joue super bien mais il n'y arrivera pas parce qu'il va perdre ses moyens. Il avait vu juste. Le gosse a été évacué, il est rentré chez lui la queue entre les jambes. Pour lui, le foot, c'est fini. Mets-toi dans la peau de l'agent qui doit le ramener à l'aéroport. Et dans la peau du joueur. Ce n'est plus le même voyage qu'à l'aller ! Le film illustre cette réalité qui peut être terrible. On rigole mais il y a des scènes tragiques. C'est un film qui a des couilles ! En général, on adoucit le trait pour que personne ne se sente coupable. Benoît Mariage n'a pas voulu du discours consensuel. " " Il faut être très fort pour y arriver. Et il n'a pas tout en mains. Un acteur nul peut tenir quelques années. Je ne vais pas citer de noms mais je connais quelques solides malentendus... En foot, le naze ne réussira jamais. Mais le plus terrible, c'est que même le surdoué n'a aucune garantie, tellement les paramètres sont nombreux. Ils arrivent ici, ils pètent de froid, ils ne parlent pas la langue. Il y a une espèce de sélection naturelle et le facteur chance joue beaucoup. Prends l'exil des buffles en Afrique, c'est pareil : le pauvre a pris à droite et ne remontera pas parce qu'il y a trop de boue, alors que c'était peut-être un des meilleurs... Dans le foot, tu fais un pas de travers, tu paies cash. Et il y a cette peur. L'angoisse de la foule. J'ai dû donner un coup d'envoi à Lens. Je devais bêtement aller au milieu du terrain et taper dans le ballon. J'étais tétanisé par le public. " " Mais non ! Tu t'en fous, tu ne les vois pas. Tu vois juste deux pelés derrière la caméra. En plus, j'étais bourré. On m'avait fait boire. Les salauds... C'est le lendemain que je me suis rendu compte de l'impact, quand j'ai appris que 8 millions de Français m'avaient vu. Ça se passe autrement dans un stade de foot, tu as l'angoisse tout de suite, cash. Si tu joues comme une savate, tu as 20.000 personnes qui font -Ouhhhhhhhhhhhh... Connard. Fous le camp. Dehors. Moi, un truc comme ça m'arrive, je sors mon portefeuille, je rembourse tout le monde, je paie une tournée à tout le stade et je me casse. "