Dimanche, une personne qui n'avait pas vu le match et ignorait donc que le gardien louvaniste Rafael Romo avait une part aussi importante dans la victoire d'OHL que le duo Mercier-Sowah a déclaré: "Bruges n'est jamais bon après un match européen."
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Dimanche, une personne qui n'avait pas vu le match et ignorait donc que le gardien louvaniste Rafael Romo avait une part aussi importante dans la victoire d'OHL que le duo Mercier-Sowah a déclaré: "Bruges n'est jamais bon après un match européen." C'est faux, du moins sous la direction de Philippe Clement. C'est même le contraire: la saison passée, le Club a joué une affiche après chaque match de Champions League: contre Genk, Anderlecht, Gand, le Standard et l'Antwerp. Il ne s'est incliné qu'au Bosuil. Il a fait match nul à Genk et à Sclessin, a gagné les autres matches, de même que ceux qui précédaient les rencontres continentales, hormis un match nul. Pourquoi en irait-il autrement alors que le noyau n'a pas changé? Le Club a perdu des points au Standard, avant son déplacement à Saint-Pétersbourg, à cause d'un penalty contesté, pour une faute de main de Mats Rits. Malgré sa victoire en Russie, Bruges restait frustré et un nouveau penalty douteux a été sifflé à Louvain. Sans supporter, un match est dépourvu d'ambiance. L'avantage, c'est qu'on entend tout sur le terrain. Et Hans Vanaken, capitaine en l'absence de Ruud Vormer, ménagé, a rapidement visé l'arbitre Alexandre Boucaut. On ne peut se défaire de l'impression que le médian a gaspillé plus d'énergie sur des détails qu'en jouant. Le banc brugeois, imité par Marc Brys, a aussi régulièrement mis l'arbitre sous pression. Habituellement, les supporters brugeois se chargent de cet aspect. Ils sifflent, huent, crient, contestent les décisions arbitrales et sortent leur équipe du trou si nécessaire. Or, pour la cinquième fois en championnat, le Club a joué sans son public. Et il a perdu pour la troisième fois. Ça fait quatre défaites avec la finale de la Coupe. C'est beaucoup pour un champion. Pourtant, cette fois, le Club s'est créé de nombreuses occasions, mais il s'est constamment heurté au gardien louvaniste. Badji, Lang, Vanaken et Diatta ont échoué face aux longs bras et aux réflexes de Romo, qui n'était que le numéro trois en début de saison, mais a profité de la blessure d' Iversen. Le Club n'a pas été aussi efficace qu'en Russie. Ce n'est pas nouveau. La saison passée aussi, les avants brugeois ont manqué de réussite. En l'absence de Krmencik, Clement a aligné des jeunes: Badji (18 ans) et Lang (21 ans). Ils manquent encore de sang-froid. Diatta, qui a déjà marqué cinq buts en championnat, est en progrès, mais il a parfois été trop égoïste, quand il ne s'est pas heurté à Romo. L'année dernière, les médians ont souvent pallié les carences des attaquants. Pas à Louvain. Clement s'est rabattu sur le 3-5-2, alors que contre le Cercle, Anderlecht, le Standard et le Zenit, il avait écarté le jeu en pointe. En possession du ballon, De Ketelaere jouait souvent le long de la ligne - au Standard, Dennis avait repris ce rôle. Diatta occupait le flanc droit et dans l'axe, le Club pratiquait la rotation entre Krmencik (Cercle et Standard), Badji (Anderlecht) et Dennis (Zenit). Contre OHL, Lang a couru partout sauf sur le flanc. Sobol occupait l'aile gauche. Il s'est démené et a multiplié les passes, mais il manque de précision dans le dernier geste. Ceci dit, Lang s'est bien déplacé entre les lignes et n'a péché qu'à la finition. La tactique n'était donc pas mauvaise, mais comme les offensives passaient par l'axe, Vanaken et Schrijvers ne trouvaient pas de brèches. Les entrées au jeu de De Ketelaere, plutôt pâlot, puis d' Okereke, invisible, n'ont rien changé. Le double Soulier d'Or n'a pu s'infiltrer qu'une fois et Romo a paré son tir tendu. Schrijvers, en décrochage derrière Badji contre Eupen et le Beerschot, n'a rien apporté un cran plus bas, malgré le coaching du banc. Car sans public, on entend aussi les consignes. Pour plus d'actes www.sportmagazine.be