Pour vos temps morts en vacances, et pendant les miennes ! Un livre parce que les livres sont nos amis, parce qu'une vie où l'on ne tourne pas de temps en temps des pages n'est pas une vie. Et des films à revoir ou à découvrir : pour continuer à vous signaler, une fois par semestre, que le sport au cinéma est un thème bien plus pratiqué qu'on l'imagine !
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Pour vos temps morts en vacances, et pendant les miennes ! Un livre parce que les livres sont nos amis, parce qu'une vie où l'on ne tourne pas de temps en temps des pages n'est pas une vie. Et des films à revoir ou à découvrir : pour continuer à vous signaler, une fois par semestre, que le sport au cinéma est un thème bien plus pratiqué qu'on l'imagine ! Karyn Kusama : Girlfight (2000). Rarissimes sont les films ayant pour thème une pratique sportive féminine. Une réussite de ce genre marginal fut le California Dolls (en français : Deux filles au tapis) de Robert Aldrichen 1981 : c'était l'histoire jolie de deux catcheuses pas moches, sillonnant les States avec leur manager joué par Peter Falk. Ici, Michelle Rodriguez incarne une adolescente maussade, qui se met à la boxe pour ne plus en vouloir à la terre entière. Les gestes de puncheuse sur le ring n'empêchent pas la féminité en dehors, et le scénario va amener notre héroïne à matcher... son petit ami ! Candide, agréable. Philippe Harel : Le vélo de Ghislain Lambert (2001). Harel, qui a déjà commis Lesrandonneursmais sait varier les genres (ne regardez pas son Extension du domaine dela lutte en croyant qu'il va s'agir de sport !), nous donne ici une comédie sur l'âge d'or du dopage, au temps où les triches/pipi semblaient encore artisanales. C'est l'histoire d'un puriste passionné qui déchante et devient moins pur parce que la compétition même est corruptrice : il faut vraiment un claquage des zygomatiques pour ne pas s'esclaffer entre cinq et 20 fois, selon ses propensions personnelles au fou rire, devant le jeu de BenoîtPoelvoorde ( José Garcia est moins crédible dans le rôle du frère culto devenant manager). La reconstitution de la petite reine et de ses pelotons voici un quart de siècle est réussie, avec des maillots Peugeot ou Molteni ramenant l'enfance à la surface chez quadras et quinquas... Pascal Boniface : La terre est ronde comme un ballon (Seuil, 2002). Le titre est joli comme celui d'un roman... mais il s'agit d'un essai de géopolitique du football. Non, ne fuyez pas comme si Edgar Davids furibard vous poursuivait pour vous tacler, c'est un chouette bouquin vulgarisateur parfaitement éloigné des élucubrations sociologiques ! C'est très simplement que Boniface relie l'amour foot à la géographie, à l'histoire, à l'économie et à la politique : si bien qu'on en ressort, non pas en se prenant pour un savant, mais heureux et quasi certain d'être un peu moins con qu'avant lecture ! Boniface ne tire pas sur le foot à boulets rouges, au contraire : dans l'interaction footeuse entre talent individuel et collectivité, il voit la synthèse heureuse de libéralisme et socialisme ! Fabien Onteniente : 3 zéros (2002). C'est une comédie ayant le PSG pour cadre et se voulant corrosive quant au rôle lamentable et mercantile des managers (ici GérardLanvin et GérardDarmon) dans le foot contemporain : mais elle n'est que sans prétention, tant on sent Onteniente (qui avait réalisé Jet Set) plus fasciné que rebuté par le microcosme qu'il prétend dénoncer. Cela fait rire par moments, c'est lourd et confus à d'autres. Et l'échappée belle vient finalement d' IsabelleNanty, grotesque, triste et tendre dans son rôle de joueuse-entraîneuse-keepeuse ratée... Barry Skolnick : Mean Machine û Carton rouge û (2002).Vinnie Jones, qui fut footballeur pro à Wimbledon en même temps que défenseur à tout le moins rugueux, s'était illustré en fin de carrière par une vidéo didactique qui fit du bruit, vu qu'elle reprenait tous les coups vicieux utiles à connaître pour jouer au foot ! De là au cinéma, il n'y avait qu'un pas, que Jones franchit par la suite. Ici, il interprète un... ex-footballeur pro déchu arrivant en prison, et qui va devoir choisir entre l'entraînement des gardiens et celui des détenus ! C'est une comédie qui adapte au soccer carcéral le Longest yard(Plein la gueule) traité en 1974 par Robert Aldrich (encore lui !) via le foot US. Vinnie Jones a la gueule de l'emploi, et le match final matons-taulards vaut le détour. par Bernard JeunejeanLe sport au cinéma est un thème bien plus pratiqué qu'on l'imagine