Simple, humain, positif, sympathique, sans prise de tête... Il suffit de prononcer les mots Laurent Ciman pour que les qualificatifs flatteurs foisonnent à toute vitesse. Georges Leekens, qui l'a eu sous ses ordres à Courtrai et en équipe nationale, voit à travers Laurent un gars qui " est toujours resté lui-même. Il a vécu des bonheurs, mais pas mal de soucis aussi dans sa vie et il les a toujours bien gérés ". Frédéric Waseige, journaliste chez BeTV et chroniqueur chez nous, le dépeint comme quelqu'un de très " authentique. Il sait aimer et être aimé. Laurent va en plus toujours chercher ce qu'il y a de mieux chez l'autre ".
...

Simple, humain, positif, sympathique, sans prise de tête... Il suffit de prononcer les mots Laurent Ciman pour que les qualificatifs flatteurs foisonnent à toute vitesse. Georges Leekens, qui l'a eu sous ses ordres à Courtrai et en équipe nationale, voit à travers Laurent un gars qui " est toujours resté lui-même. Il a vécu des bonheurs, mais pas mal de soucis aussi dans sa vie et il les a toujours bien gérés ". Frédéric Waseige, journaliste chez BeTV et chroniqueur chez nous, le dépeint comme quelqu'un de très " authentique. Il sait aimer et être aimé. Laurent va en plus toujours chercher ce qu'il y a de mieux chez l'autre ". L'importance qu'il donne à ces (mêmes) valeurs depuis la dizaine d'années qu'il est professionnel pèse aussi dans la balance de la popularité d'un Hennuyer proche de Monsieur Tout-le-Monde et à qui on s'identifie plus facilement qu'à une star de Premier League. " Sa popularité vient aussi de son côté francophone ", pense David Houdret, animateur de l'émission Complètement Foot sur Vivacité où Ciman a déjà fait de nombreuses interventions. Laurent est quelqu'un du terroir, il parle comme un Carolo ou un Liégeois le ferait dans un café... Puis il a son petit accent aussi qui le rapproche des gens." Un petit accent que Laurent refuse rarement de faire entendre dans les médias, au plus grand bonheur des journalistes pour qui il constitue un bon client. " On adore Laurent parce que nous avons toujours l'heure juste avec lui, il dit ce qu'il pense et n'a pas la langue de bois ", affirme Dave Levesque, journaliste sportif pour Le Journal deMontréal, bientôt complété par Peter Vandenbempt, journaliste chez Sporza. " Il est modeste, honnête, pas dikkenek, il parle bien, pur et vrai et semble ne rien cacher. " Et Lolo n'est pas dupe, il sait comment s'y prendre. Ainsi, quand Marc Wilmots l'envoie en conférence de presse un samedi de Coupe du monde 2014 alors qu'il n'a pas joué une seule minute, il sait qu'en apparaissant la veille d'un jour sans publication, l'échange avec les journalistes " sera plié en quatre minutes ", comme il l'annonce lui-même à son arrivée. Plus tôt, lors de l'éviction de Ron Jans au Standard, il est un des piliers du vestiaire à monter au créneau devant la presse pour montrer son opposition à la décision de la direction. " C'est un bon client, mais qui te dira non s'il n'a pas envie de te répondre ", illustre David Houdret. " Maintenant, quand il parle, il explique tout, il n'est pas formaté par le marketing et la communication des grands clubs. Si son téléphone sonne, il s'en fout : il répond. " Mais cette propension à l'ouvrir trop facilement peut également se retourner contre le défenseur... Au début des années 2010, il se fait ainsi taper sur les doigts par la direction liégeoise parce qu'il dévoile beaucoup (trop ? ) d'informations sur le vestiaire rouche à une certaine presse. Ce solide tempérament, le Farciennois l'a déjà quand il vient bousculer la hiérarchie de la défense du Sporting Charleroi alors qu'il n'a que 19 ans. " C'était un jeune ambitieux, avec beaucoup de caractère et d'envie ", se souvient Thierry Siquet, qui terminait sa carrière quand Laurent a pointé le bout de son nez en équipe première. " Il était clairement là pour s'imposer. Il avait des qualités au-dessus de la moyenne et l'objectif était qu'il prenne la relève des habitués, il était le futur du club carolo. " Pas spécialement intimidé, Laurent n'hésite pas à dire ce qu'il pense - " c'est un type droit et direct, que ce soit avec ses amis ou ses entraîneurs ", affirme son père Robert - et si ça chauffe avec certains de temps en temps, Laurent reste parfaitement accepté dans le groupe. À ses débuts sportifs, tout roule, au point qu'après deux titularisations et quelques bouts de matchs, la DH titre déjà "Laurent Ciman deviendra grand". Le défenseur clôture sa saison 2004-2005 avec 12 apparitions, un bilan plutôt encourageant pour la suite. Sauf qu'à l'été suivant, il est suspendu trois mois par l'UEFA pour "dopage". " C'était un stupide péché de jeunesse ", reconnaîtra Laurent par la suite. " En soirée, un ami m'a invité à fumer un joint. Je n'imaginais absolument pas que ce serait détecté lors d'un contrôle (en Intertoto, ndlr). " C'est aussi ça, le jeune Laurent Ciman : un gars naturel qui n'imagine pas qu'un peu de cannabis puisse être considéré comme du dopage... ou qui ne parvient pas toujours à canaliser ses émotions. Trois ans après l'affaire du joint, Laurent est à Pékin avec les espoirs belges pour les JO. Après avoir refusé d'entrer au jeu pour quelques instants en phase de poule, Lolo reçoit sa chance en demi-finale - alors que les Diablotins perdent 4-0. Il en profite pour caler un terrible coup franc dans le but, mais sa célébration laisse échapper un f... de p... bien perceptible. " J'ai mis dans ma frappe toute ma frustration de n'avoir pas assez joué dans ce tournoi. J'ai crié cela, c'est vrai, mais ce n'était adressé à personne. J'aurais pu dire m... ou p... J'avais simplement le besoin d'extérioriser ma hargne. " Au début de sa vingtaine, Ciman est le prototype du jeune talentueux et gagneur qui veut tout jouer, au point d'accepter difficilement les renvois sur le banc. " Même s'il a toujours tout donné, Laurent était parfois lunatique et peut-être pas encore tout à fait pro ", se souvient Thierry Siquet, qui l'a eu sous ses ordres en 2007-2008. " Il a été parfois déçu, voire dégoûté de certains choix, ça le minait un peu et il perdait de la motivation. Mais c'est aussi ce qui lui a forgé son caractère et qui le distingue des autres. " Intelligent, Laurent va apprendre de ses erreurs pour se relever après les quelques coups durs qui vont émailler sa carrière. " Chaque expérience de vie nourrit l'homme et lui permet d'évoluer et de devenir meilleur, Laurent l'a bien compris ", estime Fred Waseige. " Par la suite, il s'est pleinement engagé dans sa vie avec sa femme et sa famille et quand tu sais où sont tes priorités, à savoir la vie et pas le foot, tu deviens invincible. " Laurent le bienveillant, le grand public belge l'a définitivement découvert le 17 janvier 2015. Ce jour-là, la presse nationale annonce que le défenseur du Standard va rejoindre l'Impact de Montréal au Canada. Non pas pour des raisons sportives ou financières, mais bien familiales. En effet, la fille de Laurent, Nina, est atteinte d'autisme. Or, le Canada est un pays fort développé en matière de soins de ces troubles du développement. Si Laurent traverse l'océan Atlantique, c'est donc en très grosse partie pour le bien de sa fille. " Il était déjà populaire au Standard, mais son départ, et les raisons de celui-ci, ont boosté le tout. Ce fut l'occasion, pour le grand public, de découvrir le papa en Laurent Ciman. De nombreuses personnes extérieures au foot ont commencé à s'intéresser à lui et ce fut le début de sa popularité nationale ", observe David Houdret. Et Peter Vandenbempt de renchérir : " La décision qu'il a prise de partir au Québec au sommet de sa carrière a été également fort appréciée en Flandre ! " Ciman touche l'opinion publique, qui voit à travers lui un homme avant un footballeur. Autre argument qui plaît généralement beaucoup aux fans de foot : le cran que Laurent affiche dans la vie de tous les jours ne s'enfuit pas quand il est sur le terrain. Thierry Siquet : " Laurent est le prototype du joueur francophone : un battant qui a beaucoup d'envie, qui est spectaculaire dans ses duels, ses tacles... " Même son de cloche du côté de Jean-François Gillet, son partenaire en équipe nationale : " C'est un sanguin et il transmet cette envie de gagner, c'est un leader naturel. Mais il a aussi une certaine élégance dans son jeu : il est plutôt propre et technique. " Fred Waseige : " Il mouille le maillot, donc ses limites footballistiques sont compensées par cette rage et ce dévouement qui manquent parfois à certains. On peut aller à la guerre avec lui. " Evidemment, les différentes récompenses personnelles récemment reçues à Montréal ont aidé à solidifier le socle en or d'un défenseur qui prouve qu'on peut continuer à prester, même en MLS. Ce penchant à tout donner s'est jusqu'ici avéré bénéfique pour Laurent : à part à Bruges, il a réussi dans tous les clubs par lesquels il est passé, peut-être aussi parce qu'il connaît parfaitement ses qualités et ses défauts. Lolo sait très bien qu'il ne va pas se mettre à dribbler 40 joueurs ou à amener constamment le danger quand il évolue sur le flanc avec les Diables Rouges. Il fait ce dont il est capable, et il le fait bien. " Même s'il a évidemment évolué, je trouve que Laurent a cette faculté d'avoir gardé le même style de jeu qu'il y a presque dix ans. Il a un gros sens de l'anticipation et il en profite : avec lui ça passe à 98 %, et quand ça casse, il sait que c'est pour sa pomme ", soutient Thierry Siquet en repensant au jour où Laurent est revenu à Charleroi après s'être fait complètement berner par le Hollandais Ryan Babel aux championnats d'Europe espoirs. " Je n'ai pas eu le temps de lui dire un mot à ce propos qu'il me lançait déjà : "Oui je sais ! " Mais être conscient de ses points forts et de ses faiblesses ne signifie pas que l'on en devient insensible aux compliments. " Je ne suis pas une star comme d'autres, mais quand au All-Star Game des gars comme Kaka et David Villa viennent vous dire qu'ils vous respectent en tant que défenseur, ça fait toujours plaisir ", glissera ainsi Laurent à SudPresse quelques années après avoir fait des grands yeux lorsque Ronaldinho en personne est venu le féliciter dans un avion pour un coup franc qu'il avait marqué avec les Diablotins. PAR ÉMILIEN HOFMAN - PHOTOS BELGAIMAGE" On adore Laurent parce que nous avons toujours l'heure juste avec lui. Il dit toujours ce qu'il pense et n'a pas la langue de bois. " DAVE LEVESQUE, JOURNAL DE MONTRÉAL " Au Standard, il a toujours été le porte-parole de l'équipe quand ça n'allait pas et n'hésitait pas à affronter les supporters. Cela marque les esprits. " FRÉDÉRIC MIERMANS, FAN DES ROUCHES