Le GP de Belgique 2009 restera celui qui a rapporté le plus à quelques parieurs particulièrement inspirés ou... chanceux. Ferrari y remporte sa première victoire, Force India inscrit ses premiers points, BMW revient à la surface et Sebastian Vettel fait une bonne affaire. Qui aurait misé un centime sur un podium Kimi Raikkonen - Giancarlo Fisichella-Vettel ? De même, qui attendait les deux pilotes BMW dans le top 5 ? Pourtant, le verdict enregistré en Ardennes ne devait rien au hasard tant les cadors se sont maintenus aux avant-postes durant tout un week-end où, pour une fois, la météo n'a joué aucun rôle.
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Le GP de Belgique 2009 restera celui qui a rapporté le plus à quelques parieurs particulièrement inspirés ou... chanceux. Ferrari y remporte sa première victoire, Force India inscrit ses premiers points, BMW revient à la surface et Sebastian Vettel fait une bonne affaire. Qui aurait misé un centime sur un podium Kimi Raikkonen - Giancarlo Fisichella-Vettel ? De même, qui attendait les deux pilotes BMW dans le top 5 ? Pourtant, le verdict enregistré en Ardennes ne devait rien au hasard tant les cadors se sont maintenus aux avant-postes durant tout un week-end où, pour une fois, la météo n'a joué aucun rôle. La boîte à surprises s'est ouverte dès les essais. Sur un tracé considéré comme un juge de paix pour les machines et pour les hommes, les qualifications se sont conclues par la quatrième pole-position de Fisichella (la précédente remontait au GP de Malaisie 2006 sur Renault) : " Je parviens difficilement à y croire ", répétait-il ivre de bonheur. " Au vu de la course de Valence, j'espérais être compétitif mais je n'imaginais pas jouer la pole... et encore moins la décrocher. "Sur la grille, Fisichella était suivi par Jarno Trulli et Nick Heidfeld. Si on savait le pilote Toyota redoutable dans l'exercice contre le chrono, on attendait moins l'Allemand au troisième échelon ; il ne s'était plus classé en ordre utile depuis le GP d'Espagne et l'annonce du prochain retrait de BMW ne semblait pas de nature à remettre l'écurie sur la bonne orbite. Etonnant pour les hommes de tête, le verdict des qualifs l'était aussi pour plusieurs ténors : Lewis Hamilton devait se contenter d'une place en 6e ligne juste devant Jenson Button leader du championnat 2009, et entre eux pointait Fernando Alonso. Seule confirmation des journées de mise en train, Luca Badoer restait désespérément à la traîne, ne trouvant pour expliquer ses contre-performances sur la Ferrari qu'une explication aussi simpliste que stupide : " C'est la faute à la presse qui ne comprend rien... " La course apporta également son lot de surprises, à commencer par la 2e place de Fisico, qui ne se montrait pourtant pas satisfait de sa performance : " L'appétit vient en mangeant ! En arrivant à Spa, entrer dans les points constituait un objectif raisonnable. Après les essais, j'en voulais plus et le déroulement de la course m'a laissé sur ma faim. Honnêtement, j'étais plus rapide que Raikkonen et je pouvais l'emporter. Mais quand il a utilisé son SREC en début de course, je n'ai rien pu faire pour le contrer. Ensuite, je n'ai plus été en mesure de vraiment l'attaquer. Cela dit, cette deuxième place est capitale pour Force India qui marque huit points d'un coup. " SREC, le mot est lancé. Comme en Hongrie sur la McLaren Mercedes d'Hamilton, ce système de récupération d'énergie cinétique au freinage a joué un rôle déterminant, le bénéficiaire étant cette fois Raikkonen dont la Ferrari était inabordable dans les longues portions ultra-rapides du circuit spadois. Vainqueur pour la quatrième fois en Ardennes (et offrant à son employeur un premier succès 2009), le Finlandais reconnaissait l'importance de cet atout : " Roulant avec la même stratégie que Giancarlo, j'ai voulu le dépasser le plus vite possible lorsque la safety-car s'est effacée. Je me suis blotti dans son sillage à l'Eau Rouge puis avec le SREC, j'ai pris l'avantage dans la montée. Ensuite, je me suis appliqué à ne pas commettre d'erreurs car n'étant pas le plus rapide, je restais sous sa menace. "La revue des bonnes surprises du week-end ardennais se termine avec les BMW de Heidfeld et Robert Kubica qui ont inscrit en une seule course autant de points qu'elles n'en avaient marqués en onze rendez-vous. S'expliquant par l'introduction d'un nouveau package aérodynamique, ce résultat tombe à pic alors que l'avenir de l'équipe se joue : son fondateur Peter Sauber multiplie en effet les initiatives pour tenter d'imiter Ross Brawn qui a sauvé l'écurie Honda avec le succès que l'on sait. De nombreuses embûches attendent toutefois le manager suisse qui doit notamment trouver... un motoriste prêt à remplacer BMW. De tous les prétendants déclarés au titre mondial, Vettel s'est le mieux tiré d'affaire sur le toboggan ardennais malgré une " encombrante " épée de Damoclès. Ayant largement entamé son quota de moteurs pour la saison, le jeune Allemand ne dispose plus que de deux V8 pour disputer les derniers GP. Cela ne l'a pas empêché de se lancer dans la mêlée avec sa fougue légendaire et de signer une seconde moitié de course haut de gamme : " Chaque tour était un tour de qualification ! Ayant inscrit plus de points que Button et Rubens Barrichello, j'ai tout lieu de me montrer satisfait de cette manche belge. Il reste cinq rendez-vous au calendrier, donc tout est possible ! " En terminant troisième, le pilote Red Bull s'est effectivement rapproché à 19 unités du leader Button, lequel a abandonné pour la première fois de la saison tandis que son équipier terminait 7e malgré une mécanique à bout de souffle. Les positions restent donc serrées et la fin de championnat s'annonce palpitante : les six derniers GP ont couronné six vainqueurs différents. La vérité de Francorchamps ne sera pas automatiquement celle de Monza dans dix jours.