En Biélorussie, grand pays enclavé entre la Pologne, la Russie et l'Ukraine, la coutume veut que le chef de l'Etat, Alexandre Loukachenko, publie sur le site officiel du gouvernement des remerciements ou souhaite un bon anniversaire aux personnalités importantes du pays. Dernièrement, c'est Yuri Chizh, président du conglomérat Triple, présent entre autres dans la pétrochimie et les boissons non alcoolisées, qui y a eu droit.
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En Biélorussie, grand pays enclavé entre la Pologne, la Russie et l'Ukraine, la coutume veut que le chef de l'Etat, Alexandre Loukachenko, publie sur le site officiel du gouvernement des remerciements ou souhaite un bon anniversaire aux personnalités importantes du pays. Dernièrement, c'est Yuri Chizh, président du conglomérat Triple, présent entre autres dans la pétrochimie et les boissons non alcoolisées, qui y a eu droit. Chizh, c'est aussi depuis dix ans, le président omnipotent du Dinamo Minsk, le grand club de la capitale autour duquel s'est organisée la nouvelle compétition en 1992 après l'indépendance. C'est normal, c'était aussi la seule formation biélorusse qui évoluait dans le championnat soviétique. Bref, une institution qui au milieu des cadors de Moscou, avait réussi l'exploit, en 1982, de décrocher le titre de champion. Un autre temps. Un autre football. " C'était un art, un football honnête. On ne causait pas de blessures, on ne trichait pas, on ne plongeait pas, on n'achetait pas les arbitres. On attaquait. Du football pur. Le football du c£ur, pas du cerveau ", expliquait un des assistants de l'entraîneur Eduard Malofeev devenu grâce à ce titre une référence du football soviétique et biélorusse, et l'icône d'un football romantique à l'opposé du foot scientifique développé par Valeriy Lobanovskyi, chantre de l'autre club de province, le Dynamo Kiev. Pourtant, l'institution se fissure. Après cinq titres d'affilée lors de l'instauration de la compétition nationale, le Dinamo a laissé la chance aux autres. Sept clubs coiffèrent les lauriers, laissant parfois le Dinamo retrouver son trône (1997 et 2004). La valse prit fin en 2006. Le roi s'était trouvé un successeur, le Bate Borisov, qui vient de gagner quatre fois le championnat et qui occupe encore la tête, à mi-parcours de l'édition actuelle. Depuis lors, le Dinamo se contente d'un rôle de spectateur et d'éternel second (quatre fois en cinq ans). " Le centre du football biélorusse a changé ", explique Oleg Zadernovskyi, journaliste pour le magazine World Soccer. " Mais la capitale va bien retrouver son bien un jour ! " Cette saison, le Dinamo Minsk, quatrième à six points de Bate Borisov, ne s'est pas déforcé. Un bon point. Mais, surtout, le club semblait vivre une période calme en conservant son entraîneur. Une gageure quand on sait que le bouillonnant président Chizh a consommé vingt entraîneurs en l'espace de dix ans. " L'instabilité est la cause de leurs soucis ", ajoute Zadernovskyi. Sergei Gurenko qui avait commencé la dernière campagne comme joueur et l'avait terminée comme entraîneur, avait été reconduit. A 37 ans, l'ancien joueur de Saragosse, de Parme et de l'AS Rome voulait appliquer les méthodes apprises sous ses anciens coaches, Fabio Capello et Arrigo Sacchi mais une défaite de trop eut raison de la patience du président. Gurenko passa le témoin à Vladimir Golmak qui depuis son arrivée, a redressé la barre et a passé deux tours de qualification en Europa League, dont le dernier face aux Israéliens du Maccabi Haïfa. Aujourd'hui, le Dinamo dispose d'une équipe équilibrée aux automatismes bien rodés. Le noyau peut compter sur un entrejeu performant, capable de faire la différence grâce au meilleur buteur de l'équipe cette saison, Anton Putsilo ou à Stanislav Dragun. En dehors de six Brésiliens, souvent placés sur le banc, le noyau compte peu d'étrangers : deux Russes et un... Français, Aurélien Montaroup (ex-Rennes), arrivé à Minsk après deux ans de galère. Par Stéphane vande Velde - Photos: Belga