Thierry Pister était arrivé au bout de son latin avec le groupe et une large frange de la direction de l'AEC Mons. "Je ne nierai jamais tout ce que Thierry a apporté à ce club", dit Michel. "Mons était en progrès mais il faut parfois être patient pour digérer une avancée. Thierry ne l'était plus et cela l'a éloigné des réalités. Je le lui ai dit plusieurs fois. Nous avons eu de grosses tensions et j'avais déjà envisagé de mettre un terme à notre collaboration avant cette saison. Thierry était gentil, compétent, travailleur mais têtu. Il ne changeait jamais d'avis, surtout quand il avait tort. A la fin, il ne s'entendait plus avec personne et il me demanda carrément de choisir entre lui et certains dirigeants de l'AEC Mons. Pas question. J'ai 46 ans, je suis libre, je parle à qui je veux et quand je veux. Je suis du coin et je m'entends très bien avec tout le monde. Je n'allais quand même pas changer d'avis pour lui faire plaisir. J'...

Thierry Pister était arrivé au bout de son latin avec le groupe et une large frange de la direction de l'AEC Mons. "Je ne nierai jamais tout ce que Thierry a apporté à ce club", dit Michel. "Mons était en progrès mais il faut parfois être patient pour digérer une avancée. Thierry ne l'était plus et cela l'a éloigné des réalités. Je le lui ai dit plusieurs fois. Nous avons eu de grosses tensions et j'avais déjà envisagé de mettre un terme à notre collaboration avant cette saison. Thierry était gentil, compétent, travailleur mais têtu. Il ne changeait jamais d'avis, surtout quand il avait tort. A la fin, il ne s'entendait plus avec personne et il me demanda carrément de choisir entre lui et certains dirigeants de l'AEC Mons. Pas question. J'ai 46 ans, je suis libre, je parle à qui je veux et quand je veux. Je suis du coin et je m'entends très bien avec tout le monde. Je n'allais quand même pas changer d'avis pour lui faire plaisir. J'ai toujours été loyal mais il ne m'a pas écouté. Or, j'aurais pu être son grand frère. Je lui ai souvent expliqué ce qui se cachait dans l'âme des Montois et des Borains. En vain. Il n'avait pas le temps". 600 balles pour deux attaques et un butQuand Pister plie bagage, Wintacq n'est pas demandeur pour le poste de coach en chef. Il était adjoint de Pister depuis deux ans tout en travaillant beaucoup à l'échevinat des Sports de Boussu, un job qu'il ne veut pas abandonner pour le moment. "J'ai des problèmes pour les entraînements du matin", précise Wintacq. "Mon adjoint, Dominique Save, s'en occupe et nous nous retrouvons tous sur le coup de 16 heures. En trois ans, Thierry avait installé sa méthode. Je sais que le résultat prime mais, pour moi, c'était un raisonnement tout à fait réducteur. Que voyait-on encore comme spectacle? Quasiment plus rien: 600 balles la place pour vivre deux attaques, un but et... rideau? Non, c'est bon pour le bas du tableau mais pas si on nourrit certaines ambitions. Techniquement et tactiquement, l'équipe avait la dimension, physiquement pas. J'ai prévenu Pister: on ne travaillait pas assez en semaine. Le corps médical a abondé dans le même sens. D'autres en firent autant et malgré cela Pister fit la sourde oreille. Je me demande s'il n'était pas épuisé. Il criait souvent mais, à la fin, un groupe ne prête plus l'oreille à cela. J'ai opté pour d'autres occupations du terrain. Mons était trop facile à analyser. Il n'y avait plus la moindre surprise dans notre jeu. Et vivre devant son but, c'est dangereux car il suffit d'une erreur individuelle pour que tout bascule dans le mauvais sens. On ne sait alors plus à quel saint se vouer pour s'en sortir. Quand une équipe a de l'ambition, elle doit être capable de varier les coups. Son adversaire éprouve alors plus de difficultés à lire son jeu. Ce ne fut pas facile à changer car le chemin était tracé depuis trois ans. La sauce a pris lentement mais sûrement".La page Pister est tournée depuis quelques semaines et les Dragons prouvent qu'ils peuvent s'en tirer sans lui: "C'est un groupe de pros et le départ d'un coach ne peut pas le perturber. J'ai tout de suite souhaité bonne chance à Pister. J'espère pour lui qu'il réussira à Beveren". L'ambition de Mons est d'arracher, comme la saison passée, une place dans le tour final. "Je ne veux surtout pas exercer de pression inutile sur le groupe", précise Michel Wintacq. "La saison passée, nous nous étions piqués au jeu. A un moment, il fut question du titre alors que Mons venait de retrouver la D2 après des années de disette. Cette saison, on a remis le couvert à l'heure de la présentation des objectifs de ce groupe. Or, la prudence s'imposait".Daniel Leclercq ou Marc Grosjean?Les chances de Mons de disputer le tour final de D2 sont réelles. En cas de montée en D1, il est question de l'arrivée de Daniel Leclercq ou de Marc Grosjean: ils sont bien vus par le nouveau manager du club, Jean-Claude Verbist, qui a travaillé avec eux à La Louvière. Quelle sera alors la position de Michel Wintacq? "Quand j'ai relevé le défi, je n'ai exprimé qu'une condition: retrouver mon poste d'adjoint en cas d'arrivée de l'un ou l'autre nouveau coach. Mons est suivi par de nombreux entraîneurs, c'est normal. Thierry Pister rageait en me disant: -Leclercq est encore dans la tribune. Il y avait d'autres coaches dans la tribune... S'il le faut, je ferai un pas sur le côté quand Mons prendra une décision. Je suis au service du club et de ma région. Si on demande que je reste, en cas de montée en D1, la donne changera. Il faudra alors voir si je peux prendre une pause carrière à Boussu. J'y réfléchirai car l'élite est devenue une jungle. Je n'ai gardé que deux amis de mon époque liégeoise: Pierre Drouguet et Raphaël Quaranta". Pierre Bilic, ,"Thierry Pister était têtu"