Lundi
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LundiAprès la journée de repos dominicale, les joueurs de l'Excel ont repris le chemin de l'entraînement afin de préparer le déplacement européen en Islande. Un joueur n'a pas vraiment savouré la soirée de vendredi au Standard: Alexandre Teklak, victime d'une fracture du péroné après un quart d'heure de jeu à peine. "Je me suis pris le pied dans la pelouse", explique-t-il. "J'ai d'emblée ressenti un craquement. Sur le coup, la douleur était encore supportable. Mais j'ai passé une très mauvaise nuit. Et, le samedi, j'avais très mal. Le point positif, c'est qu'il n'y a pas eu de déplacement osseux et que je ne devrai pas être opéré. L'os va se recalcifier de lui-même. Mais je devrai tout de même demeurer plâtré pendant quatre à six semaines. Plus, probablement, un bon mois de rééducation par la suite. Je ne rejouerai pas avant deux mois. Une tuile! Il y a quatre ans, avec Charleroi, je m'étais cassé le bras, mais ici c'est le pied: c'est-à-dire, par définition, l'outil de travail principal du footballeur. Chaque joueur traverse une période noire dans sa carrière. Il semble que ce soit mon tour. Mon épouse n'avait pas besoin de cela, elle a perdu son frère dans un accident de moto pendant l'été. Je devrai mordre sur ma chique et essayer de ne pas lui rendre la vie impossible". La Coupe de l'UEFA lui passera également sous le nez. L'Excelsior devra atteindre au moins le deuxième tour pour qu'il puisse y participer. "On verra bien", soupire-t-il. "Je suis pratiquement certain que nous passerons le cap du tour préliminaire. Après, cela dépendra de l'adversaire dont nous hériterons".MardiLorenzoStaelens dispense un dernier entraînement sur le sol belge avant le départ pour l'Islande. Pendant ce temps, ThierryEeckman (26 ans), dont le contrat avec Ingelmunster n'a pas été prolongé, s'entraîne avec l'équipe B sous la direction de GeertBroeckaert. "Ce n'est pas un mauvais joueur", analyse l'entraîneur de l'équipe Réserve. "Mais il ne s'est pas entraîné pendant trois mois et, actuellement, il n'est pas prêt pour évoluer en D1. En outre, c'est un droitier et il préfère évoluer dans l'axe de la défense. Or, depuis le départ de MichalZewlakow, nous recherchons prioritairement un arrière gauche. En mai, il avait disputé le tour final de D2 avec Ingelmunster. Je pense qu'il a eu, par la suite, un contact avec Lokeren, mais l'affaire ne s'est pas concrétisée. Il s'est donc retrouvé libre sur le marché. Je ferai rapport à Lorenzo Staelens, mais ce sera à l'entraîneur en chef à prendre une décision quant à son engagement éventuel". MercrediC'est en venant encourager Roda JC ici, à Fylkir, que quelques supporters néerlandais avaient été interpellés à l'aéroport de New York la saison dernière afin d'y être soumis à un interrogatoire approfondi. Pour leur malheur, le voyage s'était effectué peu de temps après les attentats du 11 septembre et les douaniers américains eurent du mal à comprendre pourquoi ces gens, qui prétendaient vouloir assister à un match de football à Reykjavik, devaient transiter par Big Apple. La raison était simple: le prix du voyage était moins élevé que pour un vol direct vers l'Islande. Rien de tout cela pour les Hurlus: ils ont directement rejoint l'île des geysers. Directement? Enfin, presque: les joueurs sont partis via Paris et rentreront via Copenhague, alors que les accompagnateurs ont décollé par Amsterdam et transiteront par Londres au retour.Jean- DenisLejeune fait partie de la délégation. Son amitié avec Jean- PierreDetremmerie est née en 1996. "Il y avait eu un lâcher de ballons au Canonnier", se souvient-il. "Le président de l'Excel m'a expliqué qu'il avait, lui aussi, eu une enfance difficile. Nous sommes tombés dans les bras l'un de l'autre, et il a versé quelques larmes". Progressivement, l'idée de réaliser des projets en commun a germé. C'est ainsi que, l'an dernier, le tournoi Child Focus a été organisé au Futurosport sous le slogan Les enfants jouent pour les enfants. Un autre tournoi, réunissant une centaine d'équipes, avait été envisagé pour cette année au Heysel avec la participation de la fédération, mais il ne s'est pas déroulé en raison de la Coupe du Monde. Ce sera peut-être pour l'an prochain. D'autres projets existent pour Mouscron. "Je songe à autre chose qu'un tournoi de football", explique Jean-Denis Lejeune. "D'autres sports pourraient être inclus. Ou peut-être, tout simplement, une journée découverte".Jeudi1-1 contre Fylkir, au Laugardalsvöllur, le stade national de Reykjavik. "Je suis satisfait du résultat, un peu moins de la manière", déclare LorenzoStaelens. "Avec ce vent violent que nous avions de face en deuxième mi-temps et qui soufflait donc en faveur de nos adversaires, nous n'avons plus eu de contrôle sur le match. Nous n'avons pas pu imposer notre football technique face au jeu plus rudimentaire des Islandais qui, à défaut de briller dans les combinaisons, affichaient une détermination à toute épreuve. Plus les minutes s'égrenaient, plus il importait avant tout de survivre". L'Excelsior a joué en gris et noir, comme au Standard quatre jours plus tôt. Lorenzo Staelens a aligné la même équipe qu'à Sclessin, avec BevanFransman à la place du malheureux Alexandre Teklak. L'entraîneur hurlu a, une nouvelle fois, dû procéder au remplacement d'un défenseur blessé dès la première mi-temps. Cette fois, c'est Jean- PhilippeCharlet qui a dû quitter le jeu. Plus de peur que de mal, pour le jeune arrière droit, qui boitait bas en rejoignant les vestiaires mais ne souffre que d'un coup direct sur la rotule. OlivierBesengez l'a remplacé, prenant place dans l'axe et faisant glisser Bevan Fransman à l'arrière droit. Dans le dernier quart d'heure, Lorenzo Staelens a retenté son coup gagnant de Sclessin en faisant entrer ClaudeBakadal à la place de MarcinZewlakow. Avec moins de succès, cette fois. Enfin, comme à Sclessin, l'Excelsior a concédé un penalty très léger, cette fois transformé, pour une faute (?) de Filston qui avait laissé filer son opposant direct dans son dos. "Une petite erreur de positionnement de notre back gauche", admet le coach. Dans l'ensemble, les jeunes défenseurs hurlus ont montré certains signes de fébrilité. FranckyVandendriessche a dû s'employer. Ce n'était pas évident, notamment sur les corners, car le vent de tempête rendait les trajectoires difficiles à apprécier. "Les conditions dans lesquelles j'ai évolué me rappelaient un peu mon époque de Waregem", souligne le gardien international. "Là-bas également, une piste d'athlétisme ceinturait le terrain. Et Eole soufflait aussi fréquemment". VendrediComme l'avion du retour ne décollait que dans l'après-midi, Lorenzo Staelens avait prévu un décrassage en Islande. Il a modifié le programme en conviant ses joueurs à se relaxer dans les eaux thermales du Lagon Bleu. "On ne peut pas toujours courir", explique-t-il. "Il faut songer à varier les séances. Alors, pourquoi ne pas profiter des possibilités que nous offre l'endroit où l'on se trouve?" L'heure est aux analyses et aux projections. 1-1, c'est un résultat qui présente des avantages à la fois sur le plan sportif et financier. Il offre de belles perspectives de qualification tout en obligeant les joueurs à ne pas aborder le match retour à la légère. Comme une incertitude subsiste, le public pourrait aussi se mobiliser davantage que si la cause était déjà entendue. Encore que, de ce côté-là, le président Jean-Pierre Detremmerie ne se fait pas trop d'illusions. "Le nom de Fylkir n'évoque pas grand-chose aux amateurs de football belge", constate-t-il. Ce petit club fondé en 1967, qui joue ses matches de championnat sur un terrain doté d'une seule tribune debout non couverte, n'évolue en D1 islandaise que depuis quatre ans. Mais c'est le club qui monte à Reykjavik. Il est actuellement en tête du classement alors que Valur, qui participait régulièrement aux compétitions européennes autrefois, est désormais en D2.Les places pour le match retour seront vendues à un prix démocratique: 5 euros pour les abonnés et 10 euros pour les non-abonnés. "Je préfère qu'il y ait un peu de monde et que la buvette marche", dit le président.La RTBF retransmettra la rencontre, en vertu du contrat de partenariat de cinq ans signé pour les matches européens à domicile. Et, si l'Excelsior hérite d'une grosse équipe au tour suivant, où jouera-t-il? A Mouscron, à Bruges ou à Bruxelles? Ou à Villeneuve-d'Ascq, comme en 1997? "S'il faut déménager, Villeneuve-d'Ascq présente le double avantage d'être plus proche et moins cher", affirme le secrétaire JacquesVandewalle. "Mais est-ce possible d'aller jouer en France?" En 1997, l'UEFA l'avait accepté pour le tour préliminaire contre l'Apollon Limassol. Par contre, elle l'avait refusé contre Metz et l'Excel avait dû aménager son Canonnier en installant des sièges-baquets dans la tribune debout latérale, autrefois réservée au kop. "La raison exacte pour laquelle nous n'avons pas pu retourner à Villeneuve-d'Ascq demeure un mystère", poursuit Jacques Vandewalle. "Parce qu'un club français ne pouvait pas jouer en déplacement en France contre un club belge? Metz avait pourtant marqué son accord. A Mouscron, la rumeur avait longtemps circulé selon laquelle GuyRoux avait marqué son opposition. J'ignore si cette rumeur était fondée et quel aurait été le motif de sa démarche. Mais, le plus curieux, c'est que peu de temps après, j'ai reçu un coup de fil de Guy Roux qui m'assurait qu'il n'y était pour rien. Cela me laisse supposer que, quelque part, il n'était pas totalement innocent à l'affaire". Et Jacques Vandewalle de conclure: "Mais, avant de songer où nous jouerions éventuellement le tour suivant, assurons-nous d'abord de passer le tour préliminaire".SamediLe voyage du retour a été long. Il faudra évacuer les fatigues du périple et du décalage horaire. Même si, deux heures de différence avec l'Islande, ce n'est pas la mer à boire. Il faudra aussi se réhabituer à jouer dans des températures presque tropicales alors que, pendant trois jours, on a vécu dans des conditions plutôt automnales. C'est tout cela, l'apprentissage de la Coupe d'Europe pour un groupe qui n'est pas tellement habitué aux déplacements continentaux en milieu de semaine.Lorenzo Staelens, qui a organisé un décrassage matinal, a repris les 18 mêmes joueurs dans son noyau. Pas encore de GordanVidovic, donc. "Cette semaine, je me suis entraîné avec Geert Broeckaert, puisque Gil Vandenbrouck était parti en Islande", explique-t-il. "Progressivement, je commence à pouvoir retâter du ballon. Mais, pour rejouer en match, il est encore trop tôt. J'ignore quand je pourrai renouer avec la compétition. Je préfère prendre mon temps. Les jeunes se débrouillent bien pour l'instant. En ce qui me concerne, c'est chaque année la même chose. L'été, je me retrouve toujours sur la touche, et lorsque le championnat recommence, je dois rattraper le temps perdu. J'ai été opéré du ménisque après la finale de la Coupe de Belgique. Des ennuis physiques que j'ai accumulés tout au long de ma carrière et qui reviennent de façon récurrente. C'est ennuyeux, comme blessure. Mais j'ai appris à composer avec cela". DimancheJean- ClaudeJourquin, président de la commission centrale d'arbitrage, remet le trophée du fair-play mouscronnois de la saison 2001-2002 à SteveDugardein avant le match contre La Gantoise. Le demi défensif de l'Excelsior est récompensé pour son attitude envers les arbitres et arbitres-assistants. Le fruit d'un referendum organisé auprès des referees lors des matches disputés au Canonnier. "Les arbitres eux-mêmes m'ont désigné. C'est sûr que cela fait plaisir", reconnaît le lauréat. "Autrefois, j'avais tendance à prendre assez facilement des cartons jaunes. J'ai sans doute mûri, avec l'âge". Jean-Philippe Charlet est rétabli pour affronter les Buffalos. Il a retrouvé son poste d'arrière droit, alors qu' OlivierBesengez, guéri d'une tendinite au tendon d'Achille, est titularisé pour la première fois de la saison dans l'axe de la défense. Lorenzo Staelens a aussi choisi d'innover tactiquement. Il souhaitait trois hommes dans l'axe de l'entrejeu et a imaginé un triangle sur sa pointe, avec Steve Dugardein comme demi défensif, et KoenDeVleeschauwer et TonciMartic légèrement avancés. Mbo Mpenza a glissé sur le flanc droit et Marcin Zewlakow est donc laissé seul en pointe. Une réponse à la disposition tactique gantoise. "Je voulais éviter que Steve Dugardein se noie au milieu d'un entrejeu visiteur très fourni", explique l'entraîneur des Hurlus. "J'ai donc demandé à Koen de se rabattre en position plus centrale. Je m'attendais aussi à trouver JimmyHempte comme arrière gauche chez les Buffalos -NDLA: en réalité, c'est IbrahimaFaye qui évolua à ce poste, l'ancien Mouscronnois prenant position comme demi défensif- et j'avais constaté qu'il montait fréquemment. J'avais donc également besoin d'un flanc droit pour le contrer. D'où la position décentrée de Mbo". Mais De Vleeschauwer se sent plus à l'aise comme demi droit et glissa presque naturellement vers cette position. C'est d'ailleurs de là qu'il réussit ses deux débordements les plus dangereux. Mpenza, pour sa part, préfère jouer en pointe et glissa, lui aussi, presque naturellement vers sa place de prédilection. C'est d'ailleurs à ce moment-là que la pression mouscronnoise se fit plus forte. "Ces changements de position, en possession du ballon, n'étaient pas interdits", précise Lorenzo Staelens".Devant, Marcin Zewlakow s'est époumoné à courir tant et plus. Lorsque l'attaquant polonais a tout donné, Lorenzo Staelens dispose désormais de la solution Claude Bakadal, qu'il a à nouveau utilisée. GiovanneRector a eu droit à une vingtaine de minutes de jeu, à une place qui n'est pas la sienne, sur le flanc droit. "Je dispose de cinq attaquants, autant les utiliser", argue le coach. Avec six points sur six, tout en intégrant les jeunes, le Lorre n'a pas raté ses débuts comme entraîneur. Daniel Devos, envoyé spécial en Islande"Chaque joueur traverse une période noire dans sa carrière. Il semble que ce soit mon tour" (Alex Teklak)