Lorsque nous la rencontrons à Anvers, elle est un peu malade. Son match a duré deux heures, une autre partie l'attend le lendemain et il est déjà 22 heures. Pourtant, elle nous accorde encore une interview au cours de laquelle elle ne fait pas preuve d'impatience, même si la toux devient de plus en plus forte.
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Lorsque nous la rencontrons à Anvers, elle est un peu malade. Son match a duré deux heures, une autre partie l'attend le lendemain et il est déjà 22 heures. Pourtant, elle nous accorde encore une interview au cours de laquelle elle ne fait pas preuve d'impatience, même si la toux devient de plus en plus forte.Amélie Mauresmo:J'avais déjà joué à Ciney mais jamais en Flandre. Je me suis cependant bien amusée car beaucoup de gens parlent français. En pratique, c'est très difficile. C'est d'ailleurs l'un des aspects les plus embêtants de notre vie de nomades. Bien souvent, nous ne voyons que l'aéroport, les hôtels et le court. Il n'est pas évident de découvrir ce qui se cache derrière tout cela. A Anvers, en début de semaine, j'ai eu le temps d'aller quelques fois au cinéma et de me promener un peu dans la vieille ville. J'essaye toujours de m'accorder quelques heures de liberté.Non. Tout est fonction des horaires et j'improvise. Certains noms de tournois s'associent à des résultats, d'autres à des découvertes. A Melbourne, je mange chaque soir dans le même restaurant français. J'ai besoin de ces ports d'attache afin de trouver un minimum d'équilibre dans cette vie agitée.Plus de six mois. C'est très long et on risque d'être complètement désorienté. C'est pourquoi ces points d'ancrage nous donnent la chance de mener une vie plus ou moins normale.Je n'aime pas voyager. Je connais des collègues qui préféreraient jouer toute l'année dans leur jardin. Et lorsque j'ai le choix entre deux tournois d'égale valeur, j'opte pour la France ou l'Europe plutôt que pour une destination exotique."J'ai trouvé le bon rythme"Nous jouons jusqu'à la mi-novembre. Après, nous avons six semaines pour nous reposer et reprendre l'entraînement. Tout doit donc être programmé et il faut se ménager des plages de repos pendant l'année. Mais il n'est pas facile de s'accorder une semaine de repos lorsqu'on chasse les points. Heureusement, c'est un sport individuel et on effectue soi-même les choix.Outre les quatre tournois du Grand Chelem, nous devons disputer au moins 13 tournois. Le classement est établi de telle manière que celle qui ne joue pas chute très vite. Moi, je ne joue pas beaucoup. L'an dernier, j'ai pris part à 16 tournois. J'ai livré une saison régulière et je n'ai pas été blessée longtemps. Il existe d'ailleurs peut-être une relation de cause à effet entre ces deux points. C'est pourquoi j'aborde cette saison de la même façon.A l'époque, j'étais déjà 30e mondiale. Cela restait toutefois un exploit, une espèce de hold-up qui m'a effrayée. Ce n'était pas le reflet de mon véritable niveau mais un simple coup d'éclat. J'avais extraordinairement bien joué, je m'étais surprise moi-même car j'avais dû sauver quelques balles de match pour franchir le premier tour. Par la suite, j'ai dû travailler dur pour devenir plus régulière et ce n'est qu'aujourd'hui que j'y parviens. Il m'arrive encore de temps en temps d'accomplir un exploit mais je n'ai plus autant de moments creux.Non. Je ne suis pas une Hingis, qui est née pour le tennis et a évolué très rapidement. Je suis plus lente, même si je suis perfectionniste et que je m'énerve lorsque cela ne marche pas tout de suite. Cela ne fait qu'augmenter la pression alors qu'il faut se donner le temps.Je l'ai très mal encaissé et j'ai un peu sombré. Directement après le tournoi, je me suis retirée dans un endroit tranquille du sud de la France où je me suis reposée et j'ai fait le vide. Ce ne fut pas facile et il m'a fallu trois mois pour tout oublier. Je ne peux pas en vouloir aux médias, j'étais trop nerveuse car, moi aussi, j'attendais trop de ce tournoi. Au cours des semaines précédentes, j'étais en forme. Je pensais que Roland Garros tombait au bon moment pour frapper un grand coup.N°1 française en attendant mieuxLa mienne. Tauziat s'est retirée, Testud livre sa dernière saison. Je vais être égoïste: je suis contente d'être numéro un en France et de pouvoir travailler tranquillement. C'est chouette d'être suivie par tout un pays. Cela ne m'empêche pas de dormir, il n'y a pas de pression supplémentaire. J'aimerais juste être mieux entourée pour la Fed Cup.Je n'ai pas affirmé cela au hasard, même si je sais que ce ne sera pas facile et que je n'y arriverai peut-être pas. Mais je me sens prête. J'ai un objectif et je sais que je fais tout pour y arriver. On verra, inch'allah.La constance dans mon jeu, l'envie d'aller toujours plus loin et de ne jamais abandonner. Je sens que cela vient petit à petit. Il est possible que j'atteigne mon but cette saison. Et si ce n'est pas le cas, je m'accorde encore quelques années pour y arriver.Non mais j'admets que je ne pourrais pas vivre sans lui. Cela ne veut cependant pas dire que je ne me sens pas bien dans ma peau si je chute au classement mondial.Par le plus grand des hasards. En 1983, j'ai vu les images de la victoire de Yannick Noah à Roland Garros. A l'époque, j'avais quatre ans. Je me suis mise à jouer au tennis à la maison et mes parents m'ont inscrite au club local, où la fédération française m'a découverte à 11 ans. Le reste, c'est du passé.Geert Foutré,