Le RWDM a remporté sa deuxième victoire consécutive, la première en déplacement. Récolte-t-il déjà les fruits du changement d'entraîneur ou des petites retouches apportées à l'équipe?
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Le RWDM a remporté sa deuxième victoire consécutive, la première en déplacement. Récolte-t-il déjà les fruits du changement d'entraîneur ou des petites retouches apportées à l'équipe?Georges Heylens: Les deux. Mike Origi s'est rapidement intégré et a soulagé Alexandre Kolotilko dans sa tâche. Edin Ramcic et Jimmy Smet ont aussi déjà démontré leur utilité. Cela prouve que le problème du RWDM n'était pas uniquement offensif. Il y avait des lacunes dans tous les secteurs. A l'Antwerp, les Molenbeekois ont bénéficié d'un petit brin de chance. Je songe notamment au ballon dégagé sur la ligne par Laurent Fassotte. Mais on récolte ce que l'on a semé. Je m'en réjouis pour Emilio Ferrera. Autant je le trouvais un peu trop BCBG au début de sa carrière, autant je l'apprécie aujourd'hui parce qu'il a compris qu'il devait faire ses preuves. Il n'a peur de personne. Sa philosophie du football se rapproche de la mienne: elle est faite d'audace. De l'audace, c'est précisément ce qui a manqué à Charleroi lors de son déplacement au Parc Astrid.Tout à fait. C'est une maladie actuelle du football belge: on est frileux, on a le trouillomètre à zéro dès que l'on doit se déplacer chez un adversaire supposé supérieur, même lorsqu'on sait celui-ci en proie au doute. Cela s'était vu avec les Diables Rouges à Zagreb, cela s'est vu avec Anderlecht lors de ses deux matches face au Real Madrid et cela s'est maintenant vu avec Charleroi au stade Vanden Stock. Dans des matches pareils, on devrait au contraire être capable de se sublimer. Au lieu de cela, on a peur: on joue pour ne pas perdre, ou pour perdre le plus tard possible. Lorsqu'on dispose de deux attaquants comme Eduardo et Rojas, je ne comprends pas qu'on puisse les laisser sur le banc. Cela m'a déçu de la part d'Enzo Scifo, qui a tout de même été formé à bonne école.Anderlecht était à prendre.Absolument. Moralement, psychiquement et même footballistiquement, Anderlecht est actuellement très fragile. L'équipe fait sa mue. Il n'y a pas assez de classe. Au moment de monter sur la pelouse, trop de footballeurs enfilent leur bleu de travail. Aucun ne porte le costume-cravate.En parlant de costume-cravante, on songe immanquablement à Alin Stoica. Que faut-il penser de cette affaire?Avec Constant Van den Stock, cela ne se serait jamais produit. L'ancien président avait une personnalité telle que les joueurs en avaient peur. Aujourd'hui, ce sont les joueurs qui, par l'intermédiaire de leur manager, mènent les dirigeants par le bout du nez. Ce n'est pas normal. Roger Vanden Stock et Philippe Collin se laissent embarquer. Tous les grands dirigeants ont été, dans leur genre, des dictateurs. Que ce soit Constant Vanden Stock, Roger Petit, Albert Roosens ou Eddy Wauters. Il est impensable qu'un joueur puisse faire la loi. Pourtant, Dieu sait si j'apprécie Alin Stoica comme footballeur. Mais, s'il joue au vilain garnement, il doit être renvoyé en Réserve sans faire de sentiments. Idem avec Bertrand Crasson. On lui reproche d'avoir trop parlé? Qu'on le sanctionne! Les critiques doivent être formulées dans le vestiaire, pas devant un micro. A l'étranger, c'eût été impensable. Sport-Foot Magazine l'avait déjà souligné quand De Boeck s'était énervé au Real, d'ailleurs .Le week-end prochain, Standard-Anderlecht opposera deux géants à la recherche de leur identité?Exactement. Le Standard se cherche, lui aussi. On sait que le football français est supérieur au football belge, mais on ne peut pas se faire dominer dans tous les compartiments du jeu, comme ce fut le cas à Bordeaux.Après trois victoires d'affilée, Mouscron est reparti dans une spirale négative. Un manque de confiance?Hugo Broos a déclaré lui-même qu'il ne comprenait pas d'où venait le mal. Mais, lorsque je vois la vivacité des attaquants de Lokeren par rapport à ceux de l'Excelsior, il y a de quoi se poser des questions.Daniel Devos