C'est ce qui s'appelle croire en ses moyens ! Quand le Sporting sort d'une saison lors de laquelle le maintien ne fut assuré qu'à l'avant-dernière journée, qu'il lâche tous les joueurs ayant pris une part prépondérante au sauvetage en les remplaçant au compte-gouttes et annonce qu'il va lutter pour le top-6, cela prête à l'incrédulité.
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C'est ce qui s'appelle croire en ses moyens ! Quand le Sporting sort d'une saison lors de laquelle le maintien ne fut assuré qu'à l'avant-dernière journée, qu'il lâche tous les joueurs ayant pris une part prépondérante au sauvetage en les remplaçant au compte-gouttes et annonce qu'il va lutter pour le top-6, cela prête à l'incrédulité. Le noyau ne manque pas de promesses mais le nouvel entraîneur, Stéphane Demol, choisi par le président Abbas Bayat, devra faire face à un cruel manque de professionnalisme, d'engagement et d'expérience. Les derniers garants d'une certaine ligne de conduite ( Frank Defays et Bertrand Laquait) sont partis et l'une des premières curiosités sera de voir comment régnera la discipline dans ce groupe. Dans les buts, le départ de Laquait est une sérieuse tuile tant il était constant dans ses performances. Le Français rapportait chaque saison dix points. Cependant, les dirigeants semblent avoir trouvé une pointure comparable. Sébastien Chabbert a le même âge (31 ans) et donc de l'expérience. Sa carte de visite ne manque pas d'allure (sept ans à Lens comme doublure). Devant lui, la ligne arrière perd Defays, qui apportait une certaine sérénité, et Torben Joneleit, très sobre lors des six derniers mois. Plus que jamais, Badou Kere s'érige en leader. A ses côtés, David Vandenbroeck risque de devoir de nouveau s'effacer au profit du renfort français, Maxime Brillault, arrivé d'Amiens. Derrière Kere, Vandenbroeck et Brillaut, il n'y a pas grand monde dans l'axe. Sur les côtés, le jeune Jan Lella remplace Defays à droite. A gauche, Massimo Moia part favori pour le poste mais il ne sera pas remis à temps de sa déchirure des ligaments. En début de championnat, Demol devrait opter pour Ibrahima Diallo, qui alterne le très bon et le très mauvais. Lors de la préparation, le coach a également testé le Brésilien Orlando à ce poste (ce qu'avait déjà tenté Thierry Siquet). L'avenir d'Orlando ne semble plus passer par l'attaque... Enfin, Mohamed Chakouri peut dépanner à toutes les places. L'entrejeu sort également déforcé. Fabien Camus qui avait terminé très fort la saison passée et Christophe Grégoire, l'homme du sauvetage, sont partis. Ils ont été remplacés par Grégory Christ, de retour de prêt de Duisbourg, et Sandro Cordaro, arrivé de Mons. Ce n'est pas mal mais pour arriver au niveau des deux partants, ils devront passer un palier. Les médians centraux ne bougent pas. Majid Oulmers et Adlène Guédioura, les marathoniens et aboyeurs de service, seront chargés de la récupération. A moins d'un départ de Guédioura, annoncé au Chievo Vérone... Si Demol se tourne vers un 4-5-1 avec un triangle médian, Hervé Kage, formé à l'école anderlechtoise, peut rentrer en considération. Lors de la préparation, il a montré de bonnes choses (même s'il évoluait face à de pauvres oppositions). Sébastien Chabaud et Rémi Sergio, qui a demandé d'être prêté, sont d'autres solutions. C'est là que la concurrence fera le plus rage. Habib Habibou, qui a la tête ailleurs, ne semble pas avoir convaincu Demol. Mais le Français sait refaire surface au moment où on ne l'attend plus. Cyril Théréau, porté à bout de bras par sa direction, a retrouvé la confiance, comme en témoignent ses nombreux buts lors des matches amicaux. Geoffrey Mujangi Bia et Mboyo Pelé se disputeront la deuxième place aux côtés de Théréau, même si Bia peut également évoluer dans l'entrejeu. Tout comme Mouhssine Iajour, très utile dans un 4-5-1. Enfin, reste l'inconnue Diogo. Le Brésilien, qui vient du futsal, ne manque pas de technique mais va-t-il s'adapter au foot en plaine ? Les matches amicaux ont rendu la confiance à certains mais n'ont pas soudé le noyau, d'autres manifestant encore trop ouvertement leur envie de départ (Habibou et Bia). Demol ne masque pas les problèmes auxquels il est confronté mais a pris sa tâche à bras le corps. S'il hésite encore entre un 4-4-2 et un 4-5-1, les matches de préparation lui ont permis de dégager une équipe type. Si Charleroi ne renforce pas son noyau d'ici fin août, il risque de passer un championnat chahuté. Notamment en cas de blessures. par stéphane vande velde