Les Liégeois ont retrouvé toutes leurs couleurs avant de se rendre chez l'ogre du Stade Constant Vanden Stock. Pour le Standard, ce sera un test de vérité, l'occasion de prouver dans la capitale que son second décollage lui permettra d'atteindre une orbite digne de ses ambitions.

Lors de la cinquième journée, le vieux club de Sclessin avait chuté en négociant son premier virage délicat, contre Genk (0-2), avant de manger deux autres tranches de pain sec au Cercle Bruges et face à La Louvière. L'équipe de Dominique D'Onofrio a eu de la peine à intégrer ses nouveaux venus ( Emile Mpenza, Miljenko Mumlek, GonzaloSorondo) mais garda ses caps offensifs afin de sortir de sa crise de croissance avec une série de quatre succès dont celui, très probant (4-0), face à Beveren.

Gonzague Van Dooren, Roberto Bisconti et Jonathan Walasiak sont certains que leur phalange confirmera ce renouveau lors du déplacement à Bruxelles. Anderlecht-Standard : un classique est très attendu après la visite européenne des Mauves en Ecosse, au Celtic Glasgow, et le brio retrouvé des Liégeois en championnat.

Qu'est-ce qui vous marque le plus en pensant à Anderlecht ?

Gonzague Van Dooren : D'abord le stade. Les supporters mauves ne réaliseront jamais de tifo aussi impressionnant que ceux qu'on voit au Standard. Sclessin est et restera le seul véritable enfer de D1. Mais Anderlecht, c'est très beau, chaleureux, prestigieux et chaque joueur de football a envie de se distinguer sur la pelouse de cette arène. La classe, quoi. Les Bruxellois détiennent, comme toujours, un groupe de qualité mais ce que je vois sur le terrain m'impressionne moins que lors de mes débuts en D1 avec l'Excel Mouscron.

A cette époque, je me suis frotté à Enzo Scifo, Pär Zetterberg, etc. C'était gai de les affronter et ils posaient des problèmes techniques plus fins que la ligne médiane actuelle d'Anderlecht où il y a plus d'engagement, de duels à la récupération et de vitesse sur les flancs. Même si des jeunes montrent plus que le bout du nez, cette équipe a beaucoup d'expérience, plus que le Standard. Anderlecht a une culture du succès qui m'impressionne.

Ce club traverse parfois des creux mais ce sont des orages assez brefs et Anderlecht termine toujours dans les prix au terme de chaque saison. Chez nous, quand le succès est là, la nervosité se fait jour en même temps et cela nous complique la tâche. Je suis confiant avant ce déplacement car notre équipe a retrouvé sa stabilité et son mental.

Roberto Bisconti : Je n'ai jamais gagné avec le Standard contre Anderlecht. Je me souviens même d'un 0-6 à Sclessin en 1998-99 qui, aujourd'hui encore, me reste sur l'estomac. C'est l'un des plus mauvais souvenirs de ma carrière. Ce jour-là, Tomislav Ivic avait dû parer à des tas d'absences, de blessures et de suspensions. Il avait aligné une équipe fortement diminuée face aux hommes de Jean Dockx et de FrankyVercauteren qui, après un début de saison catastrophique, furent brillants durant le deuxième tour et se qualifièrent pour la Coupe de l'UEFA.

Enzo Scifo et Pär Zetterberg nous en firent voir de toutes les couleurs. Cette génération mauve était somptueuse et il en fut de même du temps des Luc Nilis, MarcDegryse, Philippe Albert, etc. Par contre, avec Seraing, j'ai battu Anderlecht au Pairay, 2-1 avec, pour nous, des buts de Wamberto et de Raphaël Micelli. A mon avis, nous prenons Anderlecht au bon moment. Chez nous, ça va bien, l'équipe grandit, la confiance est revenue. Les Mauves ont du boulot en Ligue des Champions. Ils nous recevront après avoir croisé le fer au Celtic Glasgow. Je connais cette fournaise : personne n'en revient jamais intact, cela laisse toujours des traces physiques ou mentales.

Jonathan Walasiak : J'ai envie de d'abord citer le nom d'un homme : Ivica Mornar. En début de saison, il était bon pour la casse, l'attaquant en trop qui devait être placé au plus vite sur le marché des transferts. Si on mesure tout ce qu'il apporte actuellement à son club, un départ de ce lutteur aurait été une catastrophe. Quand on a fait appel à lui après la blessure de Nenad Jestrovic, Ivica Mornar a répondu présent et était au point physiquement. Sans cela, je ne suis pas certain qu'Anderlecht aurait réussi la même moisson. Ivica Mornar a toujours faim de football et il le prouve.

Je suis également épaté par deux autres joueurs : Christian Wilhelmsson et WalterBaseggio. Le Nordique s'est tout de suite fondu dans son nouveau club. Sa pointe de vitesse est redoutable, comme ce fut le cas au match aller contre le Celtic : débordement, service en retrait pour Aruna Dindane, but et victoire 1-0. C'était bien joué, simple et concret. Dans la ligne médiane, le maître à jouer s'appelle Walter Baseggio. Tout cela forme un bloc très soudé. La saison passée, j'étais nerveux et tendu lors de mon premier match à Anderlecht. Le métier entrait...

Que pensez-vous respectivement de la défense, de la ligne médiane et de l'attaque d'Anderlecht ?

Gonzague Van Dooren : J'estime sincèrement que la défense d'Anderlecht est à prendre. Nous avons les atouts nécessaires afin d'exploiter son manque de vitesse de base et sa difficulté, dans le chef de plusieurs joueurs, à se retourner. Elle fut certes héroïque à trois à l'aller contre le Celtic mais, d'une part, on joue souvent mieux à dix contre onze et, d'autre part, les Ecossais n'ont pas assez varié leur jeu. Je n'ai jamais été sous le charme de Glen De Boeck. Il a de l'expérience et du placement, certes, mais côté vitesse, c'est limité. J'aime pas son style. Hannu Tihinen me plaît davantage car il est très sobre. Vincent Kompany explose pour le moment mais je dirai que le plus facile est fait. Il reste le plus dur. Tout le monde parle de lui, il est sur son nuage, est jeune, joue sans pression, n'a rien à perdre. Cela ne tardera pas à changer. Vincent Kompany va devoir confirmer, justifier des attentes que les louanges placent de plus en plus haut. On le cite au Bayern Munich et à Manchester United : bonjour la pression. Il détient la grande classe, donne l'impression d'avoir de l'expérience, ce qu'il n'a forcément pas, mais devra aussi affronter les doutes.

A gauche, Olivier Deschacht joue juste, ne fait pas de chichis, travaille pour l'équipe. Sa progression saute aux yeux. Michal Zewlakow a fait son trou à droite alors que ce droitier était attendu à gauche. Sur l'homme, il est redoutable et c'est un très bon tackleur, comme Olivier Doll, d'ailleurs. Avec Emile Mpenza, Alexandros Kaklamanos, et nos autres attaquants, nous pouvons leur poser des problèmes.

Roberto Bisconti : Je préférerais qu'Anderlecht aligne Yves Vanderhaeghe et pas Besnik Hasi au médian défensif. Besnik est plus fort, meilleur footballeur. Yves Vanderhaeghe a un rayonnement plus limité que celui de Besnik Hasi. Ce dernier est toujours bien placé et est le véritable régulateur de l'équipe. Il permet aux autres de mieux jouer. Il nettoie les sales ballons, si je puis dire, passe tout à la machine à laver et les rend bien propres à ses équipiers. Il lit le jeu mieux que tous le autres. Besnik Hasi m'a toujours plu, que ce soit à Genk ou à Anderlecht. C'est la vraie plaque tournante des Mauves. Walter Baseggio ou Pär Zetterberg peuvent s'appuyer sur lui : c'est solide. Walt et Besnik, c'est un beau duo, le couple idéal de l'entrejeu même si cela doit un peu embêter Yves Vanderhaeghe et Pär Zetterberg.

Walter Baseggio grandit, sait quand il doit se replier, avancer, lancer un missile, émerger de la tête, renverser le jeu. Ce sera à moi de le gérer, de le repousser dans son camp, de ne pas lui permettre d'être offensif. C'est l'affirmation définitive pour Walt : il est prêt pour l'Italie. Il doit y aller dès la fin de la saison, réussira et progressera car il a fait le tour de la question en Belgique. Christian Wilhelmsson est un excellent flanc droit. Le point faible à mon avis, c'est le côté gauche de la ligne médiane. Ki-Hyeon Seol est blessé et Martin Kolar n'y a pas encore trouvé ses marques. Là, il y a une faille à exploiter.

Jonathan Walasiak : Aruna Dindane, c'est l'attaque d'Anderlecht à lui tout seul. Il sait tout faire : forcer la différence en solo, exploiter un service, servir les autres. Balle au pied, c'est un virtuose. De plus, il est solide comme un roc. Comment le prendre ? Lui coller un homme sur le dos ? Pas assez ? Deux ? Trois ? Dangereux pour la stabilité de l'équipe car les autres Anderlechtois en profiteront afin de se précipiter dans les espaces libérés. Aruna Dindane peut briser les reins d'une défense à lui tout seul comme il le fit contre le Bayern. Il faut l'isoler, le couper de la ligne médiane, le priver de munitions, le prendre en zone, pas individuellement. Si on y parvient, l'atout d'Anderlecht sera aussi sa faiblesse car tout est basé sur lui. Mais cela devra se faire sans oublier Ivica Mornar...

Quels seront les atouts du Standard ?

Gonzague Van Dooren : Nous sommes là et tout le monde a envie de prouver que c'est pour longtemps. Mais la suite passe par un truc à Anderlecht. En cas de succès, le Standard reviendrait à une distance intéressante des Mauves. La spirale est à nouveau positive et nous avons beaucoup d'atouts offensifs : Emile Mpenza, Alexandros Kaklamanos, Sambegou Bangoura, Almani Moreira, Aliyu Datti, etc. A mon avis, ce secteur vaut celui des Bruxellois et est même plus varié. Si Aruna Dindane est une des stars de la D1, on peut en dire de même pour Almani Moreira. Je ne vois pas d'Emile à Anderlecht. Les gars sont prêts mais la forme du moment jouera aussi un rôle. Nous sommes capables d'y jouer offensivement mais il ne faudra pas oublier d'être prudent aussi : Anderlecht aime la profondeur.

Roberto Bisconti : Notre bloc. En défense, c'est hyper costaud. Personne ne s'y laisse marcher sur les pieds. Il y a de la taille et pas facile de la tromper dans le trafic aérien : Onder Turaci, Lalo Sorondo, Godwin Okpara, Joseph Enakarhire, Ivica Dragutinovic, Gonzague Van Dooren : cela fait quelques buildings là derrière. Il y a le gardien de but aussi. Fabian Carini est un super et j'en ai marre qu'on le tue sans cesse. A St-Trond, il a commis une erreur car il a été surpris par le terrain difficile, comme Dusan Belic ensuite. Mais Fabian Carini s'est superbement repris et nous a sauvés plusieurs fois en première mi-temps. Dans l'entrejeu, je me sens bien car je joue dans l'axe, derrière notre soutien d'attaque, un 9,5 : Almani Moreira. C'est un plaisir mais je peux décaler aussi vers Jonathan Walasiak ou Papy Kimoto qui savent s'infiltrer dans le camp adverse ou joindre Miljenko Mumlek, qui distille le jeu à distance vers les attaquants, trouve la profondeur et renverse très bien vers Emile Mpenza et les autres attaquants. Je perçois bien ce match à condition d'être ambitieux, d'en vouloir, de presser haut, d'avoir de la présence et du gnac. La variété sera aussi un de nos principaux atouts à Anderlecht.

Jonathan Walasiak : Je m'attends à un match très serré. Le deux équipes sont très bien équilibrées. La différence pourrait venir d'un exploit individuel. Emile Mpenza est capable de le forger. Mais je crois que ce match sera aussi, peut-être surtout, une lutte de prestige entre Aruna Dindane et Almani Moreira. Quand notre petit Portugais a envie, il est tout simplement intenable. Avec le temps, il s'est définitivement installé dans son rôle de soutien d'attaque axial. Et quand cela rigole un peu pour lui, ça fait mal. A St-Trond, en deuxième mi-temps, il a chassé, arraché, pressé, construit et marqué : vraiment un gros match qui souligna son ambition. Avant, Almani Moreira avait tendance à s'écarter vers la gauche et lançait ses actions au départ de la ligne de touche. Là, il y a désormais du monde et, dans l'axe, Roberto Bisconti, par son rayonnement le pousse vers les deux attaquants. Moreira devrait récolter beaucoup de voix lors de la prochaine élection du Soulier d'Or. Notre 4-3-1-2 est bien rodé et le noyau est très riche. Il y a plusieurs solutions pour chaque poste et, pour les autres, cela complique le déchiffrage de nos intentions et de nos potentialités. Cela aussi, c'est un atout. Je vise aussi le succès à Bruxelles. Si ce n'était pas le cas, cela ne vaudrait même pas la peine d'y aller.

" Je préférerais qu'Anderlecht aligne Yves Vanderhaeghe et non Besnik Hasi au médian défensif " (Roberto Bisconti)

" La défense d'Anderlecht est à prendre " (Gonzague Van Dooren)

Les Liégeois ont retrouvé toutes leurs couleurs avant de se rendre chez l'ogre du Stade Constant Vanden Stock. Pour le Standard, ce sera un test de vérité, l'occasion de prouver dans la capitale que son second décollage lui permettra d'atteindre une orbite digne de ses ambitions. Lors de la cinquième journée, le vieux club de Sclessin avait chuté en négociant son premier virage délicat, contre Genk (0-2), avant de manger deux autres tranches de pain sec au Cercle Bruges et face à La Louvière. L'équipe de Dominique D'Onofrio a eu de la peine à intégrer ses nouveaux venus ( Emile Mpenza, Miljenko Mumlek, GonzaloSorondo) mais garda ses caps offensifs afin de sortir de sa crise de croissance avec une série de quatre succès dont celui, très probant (4-0), face à Beveren. Gonzague Van Dooren, Roberto Bisconti et Jonathan Walasiak sont certains que leur phalange confirmera ce renouveau lors du déplacement à Bruxelles. Anderlecht-Standard : un classique est très attendu après la visite européenne des Mauves en Ecosse, au Celtic Glasgow, et le brio retrouvé des Liégeois en championnat. Gonzague Van Dooren : D'abord le stade. Les supporters mauves ne réaliseront jamais de tifo aussi impressionnant que ceux qu'on voit au Standard. Sclessin est et restera le seul véritable enfer de D1. Mais Anderlecht, c'est très beau, chaleureux, prestigieux et chaque joueur de football a envie de se distinguer sur la pelouse de cette arène. La classe, quoi. Les Bruxellois détiennent, comme toujours, un groupe de qualité mais ce que je vois sur le terrain m'impressionne moins que lors de mes débuts en D1 avec l'Excel Mouscron. A cette époque, je me suis frotté à Enzo Scifo, Pär Zetterberg, etc. C'était gai de les affronter et ils posaient des problèmes techniques plus fins que la ligne médiane actuelle d'Anderlecht où il y a plus d'engagement, de duels à la récupération et de vitesse sur les flancs. Même si des jeunes montrent plus que le bout du nez, cette équipe a beaucoup d'expérience, plus que le Standard. Anderlecht a une culture du succès qui m'impressionne. Ce club traverse parfois des creux mais ce sont des orages assez brefs et Anderlecht termine toujours dans les prix au terme de chaque saison. Chez nous, quand le succès est là, la nervosité se fait jour en même temps et cela nous complique la tâche. Je suis confiant avant ce déplacement car notre équipe a retrouvé sa stabilité et son mental. Roberto Bisconti : Je n'ai jamais gagné avec le Standard contre Anderlecht. Je me souviens même d'un 0-6 à Sclessin en 1998-99 qui, aujourd'hui encore, me reste sur l'estomac. C'est l'un des plus mauvais souvenirs de ma carrière. Ce jour-là, Tomislav Ivic avait dû parer à des tas d'absences, de blessures et de suspensions. Il avait aligné une équipe fortement diminuée face aux hommes de Jean Dockx et de FrankyVercauteren qui, après un début de saison catastrophique, furent brillants durant le deuxième tour et se qualifièrent pour la Coupe de l'UEFA. Enzo Scifo et Pär Zetterberg nous en firent voir de toutes les couleurs. Cette génération mauve était somptueuse et il en fut de même du temps des Luc Nilis, MarcDegryse, Philippe Albert, etc. Par contre, avec Seraing, j'ai battu Anderlecht au Pairay, 2-1 avec, pour nous, des buts de Wamberto et de Raphaël Micelli. A mon avis, nous prenons Anderlecht au bon moment. Chez nous, ça va bien, l'équipe grandit, la confiance est revenue. Les Mauves ont du boulot en Ligue des Champions. Ils nous recevront après avoir croisé le fer au Celtic Glasgow. Je connais cette fournaise : personne n'en revient jamais intact, cela laisse toujours des traces physiques ou mentales. Jonathan Walasiak : J'ai envie de d'abord citer le nom d'un homme : Ivica Mornar. En début de saison, il était bon pour la casse, l'attaquant en trop qui devait être placé au plus vite sur le marché des transferts. Si on mesure tout ce qu'il apporte actuellement à son club, un départ de ce lutteur aurait été une catastrophe. Quand on a fait appel à lui après la blessure de Nenad Jestrovic, Ivica Mornar a répondu présent et était au point physiquement. Sans cela, je ne suis pas certain qu'Anderlecht aurait réussi la même moisson. Ivica Mornar a toujours faim de football et il le prouve. Je suis également épaté par deux autres joueurs : Christian Wilhelmsson et WalterBaseggio. Le Nordique s'est tout de suite fondu dans son nouveau club. Sa pointe de vitesse est redoutable, comme ce fut le cas au match aller contre le Celtic : débordement, service en retrait pour Aruna Dindane, but et victoire 1-0. C'était bien joué, simple et concret. Dans la ligne médiane, le maître à jouer s'appelle Walter Baseggio. Tout cela forme un bloc très soudé. La saison passée, j'étais nerveux et tendu lors de mon premier match à Anderlecht. Le métier entrait... Gonzague Van Dooren : J'estime sincèrement que la défense d'Anderlecht est à prendre. Nous avons les atouts nécessaires afin d'exploiter son manque de vitesse de base et sa difficulté, dans le chef de plusieurs joueurs, à se retourner. Elle fut certes héroïque à trois à l'aller contre le Celtic mais, d'une part, on joue souvent mieux à dix contre onze et, d'autre part, les Ecossais n'ont pas assez varié leur jeu. Je n'ai jamais été sous le charme de Glen De Boeck. Il a de l'expérience et du placement, certes, mais côté vitesse, c'est limité. J'aime pas son style. Hannu Tihinen me plaît davantage car il est très sobre. Vincent Kompany explose pour le moment mais je dirai que le plus facile est fait. Il reste le plus dur. Tout le monde parle de lui, il est sur son nuage, est jeune, joue sans pression, n'a rien à perdre. Cela ne tardera pas à changer. Vincent Kompany va devoir confirmer, justifier des attentes que les louanges placent de plus en plus haut. On le cite au Bayern Munich et à Manchester United : bonjour la pression. Il détient la grande classe, donne l'impression d'avoir de l'expérience, ce qu'il n'a forcément pas, mais devra aussi affronter les doutes. A gauche, Olivier Deschacht joue juste, ne fait pas de chichis, travaille pour l'équipe. Sa progression saute aux yeux. Michal Zewlakow a fait son trou à droite alors que ce droitier était attendu à gauche. Sur l'homme, il est redoutable et c'est un très bon tackleur, comme Olivier Doll, d'ailleurs. Avec Emile Mpenza, Alexandros Kaklamanos, et nos autres attaquants, nous pouvons leur poser des problèmes. Roberto Bisconti : Je préférerais qu'Anderlecht aligne Yves Vanderhaeghe et pas Besnik Hasi au médian défensif. Besnik est plus fort, meilleur footballeur. Yves Vanderhaeghe a un rayonnement plus limité que celui de Besnik Hasi. Ce dernier est toujours bien placé et est le véritable régulateur de l'équipe. Il permet aux autres de mieux jouer. Il nettoie les sales ballons, si je puis dire, passe tout à la machine à laver et les rend bien propres à ses équipiers. Il lit le jeu mieux que tous le autres. Besnik Hasi m'a toujours plu, que ce soit à Genk ou à Anderlecht. C'est la vraie plaque tournante des Mauves. Walter Baseggio ou Pär Zetterberg peuvent s'appuyer sur lui : c'est solide. Walt et Besnik, c'est un beau duo, le couple idéal de l'entrejeu même si cela doit un peu embêter Yves Vanderhaeghe et Pär Zetterberg. Walter Baseggio grandit, sait quand il doit se replier, avancer, lancer un missile, émerger de la tête, renverser le jeu. Ce sera à moi de le gérer, de le repousser dans son camp, de ne pas lui permettre d'être offensif. C'est l'affirmation définitive pour Walt : il est prêt pour l'Italie. Il doit y aller dès la fin de la saison, réussira et progressera car il a fait le tour de la question en Belgique. Christian Wilhelmsson est un excellent flanc droit. Le point faible à mon avis, c'est le côté gauche de la ligne médiane. Ki-Hyeon Seol est blessé et Martin Kolar n'y a pas encore trouvé ses marques. Là, il y a une faille à exploiter. Jonathan Walasiak : Aruna Dindane, c'est l'attaque d'Anderlecht à lui tout seul. Il sait tout faire : forcer la différence en solo, exploiter un service, servir les autres. Balle au pied, c'est un virtuose. De plus, il est solide comme un roc. Comment le prendre ? Lui coller un homme sur le dos ? Pas assez ? Deux ? Trois ? Dangereux pour la stabilité de l'équipe car les autres Anderlechtois en profiteront afin de se précipiter dans les espaces libérés. Aruna Dindane peut briser les reins d'une défense à lui tout seul comme il le fit contre le Bayern. Il faut l'isoler, le couper de la ligne médiane, le priver de munitions, le prendre en zone, pas individuellement. Si on y parvient, l'atout d'Anderlecht sera aussi sa faiblesse car tout est basé sur lui. Mais cela devra se faire sans oublier Ivica Mornar... Gonzague Van Dooren : Nous sommes là et tout le monde a envie de prouver que c'est pour longtemps. Mais la suite passe par un truc à Anderlecht. En cas de succès, le Standard reviendrait à une distance intéressante des Mauves. La spirale est à nouveau positive et nous avons beaucoup d'atouts offensifs : Emile Mpenza, Alexandros Kaklamanos, Sambegou Bangoura, Almani Moreira, Aliyu Datti, etc. A mon avis, ce secteur vaut celui des Bruxellois et est même plus varié. Si Aruna Dindane est une des stars de la D1, on peut en dire de même pour Almani Moreira. Je ne vois pas d'Emile à Anderlecht. Les gars sont prêts mais la forme du moment jouera aussi un rôle. Nous sommes capables d'y jouer offensivement mais il ne faudra pas oublier d'être prudent aussi : Anderlecht aime la profondeur. Roberto Bisconti : Notre bloc. En défense, c'est hyper costaud. Personne ne s'y laisse marcher sur les pieds. Il y a de la taille et pas facile de la tromper dans le trafic aérien : Onder Turaci, Lalo Sorondo, Godwin Okpara, Joseph Enakarhire, Ivica Dragutinovic, Gonzague Van Dooren : cela fait quelques buildings là derrière. Il y a le gardien de but aussi. Fabian Carini est un super et j'en ai marre qu'on le tue sans cesse. A St-Trond, il a commis une erreur car il a été surpris par le terrain difficile, comme Dusan Belic ensuite. Mais Fabian Carini s'est superbement repris et nous a sauvés plusieurs fois en première mi-temps. Dans l'entrejeu, je me sens bien car je joue dans l'axe, derrière notre soutien d'attaque, un 9,5 : Almani Moreira. C'est un plaisir mais je peux décaler aussi vers Jonathan Walasiak ou Papy Kimoto qui savent s'infiltrer dans le camp adverse ou joindre Miljenko Mumlek, qui distille le jeu à distance vers les attaquants, trouve la profondeur et renverse très bien vers Emile Mpenza et les autres attaquants. Je perçois bien ce match à condition d'être ambitieux, d'en vouloir, de presser haut, d'avoir de la présence et du gnac. La variété sera aussi un de nos principaux atouts à Anderlecht. Jonathan Walasiak : Je m'attends à un match très serré. Le deux équipes sont très bien équilibrées. La différence pourrait venir d'un exploit individuel. Emile Mpenza est capable de le forger. Mais je crois que ce match sera aussi, peut-être surtout, une lutte de prestige entre Aruna Dindane et Almani Moreira. Quand notre petit Portugais a envie, il est tout simplement intenable. Avec le temps, il s'est définitivement installé dans son rôle de soutien d'attaque axial. Et quand cela rigole un peu pour lui, ça fait mal. A St-Trond, en deuxième mi-temps, il a chassé, arraché, pressé, construit et marqué : vraiment un gros match qui souligna son ambition. Avant, Almani Moreira avait tendance à s'écarter vers la gauche et lançait ses actions au départ de la ligne de touche. Là, il y a désormais du monde et, dans l'axe, Roberto Bisconti, par son rayonnement le pousse vers les deux attaquants. Moreira devrait récolter beaucoup de voix lors de la prochaine élection du Soulier d'Or. Notre 4-3-1-2 est bien rodé et le noyau est très riche. Il y a plusieurs solutions pour chaque poste et, pour les autres, cela complique le déchiffrage de nos intentions et de nos potentialités. Cela aussi, c'est un atout. Je vise aussi le succès à Bruxelles. Si ce n'était pas le cas, cela ne vaudrait même pas la peine d'y aller. " Je préférerais qu'Anderlecht aligne Yves Vanderhaeghe et non Besnik Hasi au médian défensif " (Roberto Bisconti) " La défense d'Anderlecht est à prendre " (Gonzague Van Dooren)