Le président de La Louvière ne cacha pas sa joie, au tirage de la Coupe UEFA, lorsque le sort lui désigna Benfica pour adversaire. Ariel Jacobs et son adjoint Patrick Wachel estimèrent que deux voyages d'observation au Portugal ne seraient pas de trop pour disséquer les forces et faiblesses de leur adversaire. Ils se rendirent donc ensemble à Benfica-Belenenses puis à FC Porto-Benfica. Et ils n'en sont pas revenus très impressionnés.
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Le président de La Louvière ne cacha pas sa joie, au tirage de la Coupe UEFA, lorsque le sort lui désigna Benfica pour adversaire. Ariel Jacobs et son adjoint Patrick Wachel estimèrent que deux voyages d'observation au Portugal ne seraient pas de trop pour disséquer les forces et faiblesses de leur adversaire. Ils se rendirent donc ensemble à Benfica-Belenenses puis à FC Porto-Benfica. Et ils n'en sont pas revenus très impressionnés. " Je dois bien sûr être très prudent car, en football, il suffit que l'on dise une chose pour que l'inverse se vérifie ", explique Ariel Jacobs. " Mais lorsque les journalistes portugais me posaient des questions sur ce que j'avais pensé du match contre Belenenses, qui s'est terminé sur le score de 3-3 alors que Benfica menait 3-1 à six minutes de la fin, j'avais envie de leur demander s'ils n'étaient pas en droit d'attendre plus d'une équipe pareille. Je sais que nous n'avons pas vu le véritable visage de Benfica car, la première fois, il était privé de quatre joueurs lui donnant une fameuse plus-value ( Geovanni, SimãoSabrosa, Zahovic et Nuno Gomes) et la deuxième fois, il se déplaçait à Porto dans un rôle d'outsider, donc plus prudent. Mais tout de même : je m'attendais à plus de panache. Même contre Belenenses, je n'ai rien vu de tout cela ". Autre point auquel les deux entraîneurs louviérois ne s'attendaient pas : l'ambiance. Privé de ses installations pour un mois encore, Benfica disputa son match à domicile au stade national de Jamor, dans la proche banlieue de Lisbonne. Mais ils n'étaient que 7.000 à soutenir leur équipe. " Je suis certain que si le Standard devait déménager à St-Trond, ils seraient bien plus nombreux ", ironise Ariel Jacobs. " En tout cas, je signe à deux mains pour une ambiance pareille lors du match retour qui aura lieu à Porto, à 350 km de Lisbonne ". Ariel Jacobs ne veut cependant rien changer à son évaluation de départ : pour lui, Benfica conserve 80 % de chances de se qualifier. " Cela reste un grand club, capable de se réveiller du jour au lendemain mais il y a des éléments auxquels on se raccroche et qui nous permettent d'espérer, comme la confusion qui a dû s'installer dans les esprits après le 3-3 contre Belenenses et avant deux matches importants pour la suite de la saison. Or, qu'on soit Benfica ou La Louvière, quand c'est la cata dans le vestiaire, ça l'est pour toute la semaine. Je trouve d'ailleurs bon de les affronter d'abord à domicile car, pour beaucoup de nos joueurs, ce match constituera une première. Un déplacement là-bas les aurait crispé davantage directement. Or, il ne faudrait pas que cette coupe dont nous avons hérité la saison dernière se transforme en cadeau empoisonné ". Le doute doit être dans le camp de Benfica. Il se matérialise par de petits détails qui n'ont pas échappé à Patrick Wachel : " Lorsque nous sommes passés devant le stade en construction et que j'ai demandé où se disputerait le retour contre La Louvière, notre accompagnateur a répondu : - A Porto, dans le stade de Boavista. Mais au tour suivant, on jouera déjà dans le nouvel Estadio da Luz. Il était si sûr de nous éliminer. Pourtant, après le match contre Belenenses, le type n'a plus dit un mot, la colère et le dépit se lisaient vraiment sur son visage ". Car il est clair que si, en coulisses, tout semble aller beaucoup mieux que par le passé, sur le terrain, l'équipe se cherche encore. Après son élimination par la Lazio au tour préliminaire de la Ligue des Champions, un nouvel accident contre La Louvière serait dramatique pour José António Camacho. L'entraîneur espagnol multiplie les expériences tout en devant faire face à des blessures d'éléments importants comme l'attaquant de pointe Nuno Gomes (opération de la cheville), les ailiers Simão Sabrosa (tendinite au pied) et Geovanni (orteil) et le médian défensif Tiago... Depuis le début de la saison, Camacho a déjà évolué avec trois ou quatre arrières. Actuellement, il prône un système à quatre mais connaît de gros problèmes sur les flancs, où le mauvais placement de Miguel et Ricardo Rocha n'a pas échappé aux deux scouts louviérois. Jusqu'au milieu de la saison dernière, Miguel évoluait dans l'entrejeu mais il recula d'un cran et s'imposa à cette place par son habileté balle au pied. Il est désormais titulaire en équipe nationale mais il ne fait pas l'unanimité. A gauche, Camacho n'a pas obtenu le renfort qu'il souhaitait (le Camerounais Atouba) et il fait confiance à Ricardo Rocha, un jeune arrière central de formation. Cela se ressent nettement s'il est opposé à un ailier capable de déborder. De même, il n'est pas très dangereux à la relance. Benfica possède pourtant sur le banc le Brésilien Cristiano, véritable gaucher, auteur de quatre buts en période de préparation mais ce joueur arrivé la saison dernière de Beira Mar semble éprouver de grosses difficultés à supporter le poids de la vareuse frappée de l'aigle. Le centre de la défense semble mieux armé. Actuellement, deux Brésiliens ont la confiance de l'entraîneur : Argel, impitoyable en marquage et fort de la tête, ainsi que Luisão, qui vient de débarquer et fait déjà preuve de beaucoup de classe, tant à l'interception qu'à la relance. Il est également très fort sur les phases arrêtées dans le camp adverse. Hélder, qui joua longtemps à La Corogne et passa par Newcastle, peut toujours se substituer à eux mais manque un peu de vitesse. Derrière eux, le jeune Moreira, gardien de l'équipe nationale des -21 ans, a pris beaucoup d'assurance et est l'une des rares certitudes de Camacho. Outre un talent naturel, il commande désormais davantage sa défense mais a parfois des problèmes de concentration lorsque son équipe domine. Dans l'entrejeu, le duo Tiago- Petit est chargé de récupérer un maximum de ballons mais aussi d'apporter une certaine créativité. Surtout lorsque, comme contre Belenenses, Camacho ne compte ni sur le Slovène Zlatko Zahovic, distributeur doué mais peu courageux, ni sur le Brésilien Roger, chouchou du public pour ses dribbles et ses feintes mais peu enclin à travailler en équipe. Arrivé voici trois ans, il n'a d'ailleurs disputé qu'une vingtaine de matches et Benfica l'a même prêté à Fluminense pendant un an et demi. A l'intersaison encore, le club songea à s'en débarrasser mais il ne trouva pas acquéreur, même pas sur le marché asiatique. Tiago possède une faculté d'infiltration supérieure à la moyenne. L'an dernier, il inscrivit ainsi 13 buts. Blessé au début de la période de préparation, il éprouve toutefois des difficultés à retrouver le rythme et laisse actuellement le plus gros du boulot à Petit, notamment chargé de toutes les phases arrêtées et dont la frappe est plutôt précise. Tiago et Petit défendent cependant assez bas, ce qui les oblige à commettre de nombreuses fautes pouvant amener des coups francs intéressants dans l'axe du but. L'animation offensive doit être l'atout majeur de Benfica. Elle doit surtout se faire par les flancs dans la mesure où Nuno Gomes n'est pas encore tout à fait rétabli En principe, Simão Sabrosa prend à son compte le flanc gauche tandis que Geovanni arpente le droit. Si Zahovic joue derrière eux, Benfica peut se permettre de presser son adversaire assez haut et se retrouver ainsi rapidement à hauteur des 16 mètres adverses. Souvent présenté comme le nouveau Figo, Simão a du mal à faire l'unanimité parmi les observateurs. Certains croient même davantage à Quaresma (Barcelone) ou Cristiano Ronaldo (Manchester Utd) formés, comme lui, au Sporting du Portugal. Simão peut toutefois opposer à ses détracteurs ses statistiques de la saison dernière : 18 buts et 16 assists. Et si on l'aime moins, c'est surtout en raison d'un caractère difficile qui, en début de saison, déboucha sur la perte de son statut de capitaine au profit de Hélder. Le Brésilien Geovanni, prêté par Barcelone, est un véritable ailier, davantage capable de déborder que de rentrer dans le jeu et qui manque parfois de précision dans les tirs mais à qui il ne faut pas laisser un mètre d'espace libre. Lorsque ces deux-là ne jouent pas, Benfica est incontestablement plus faible. Sur la droite, le jeune João Pereira a cependant montré de bonnes dispositions. Titularisé pour la première fois à 18 ans contre Belenenses, il a inscrit un but et n'a cessé de fatiguer son opposant direct par des appels dans la profondeur. Etonnant pour un... arrière droit de formation. A gauche, par contre, Alex ne semble pas avoir assimilé le passage du modeste club de Moreirense aux exigences de Benfica. Il se limite donc à courir énormément, souvent en pure perte, parfois pour donner à Ricardo Rocha le coup de main dont il a bien besoin. Devant aussi, Camacho hésite encore : doit-il aligner deux attaquants de pointe comme il le fit contre Belenenses ou faire confiance au seul Tomislav Sokota en attendant le retour de Nuno Gomes ? Il est probable qu'il opte pour la deuxième solution. A condition, toutefois, que le fragile Croate soit à 100 % de ses moyens. Plus mobile que le Hongrois Féher, il est capable de décrocher et de créer des espaces dans lesquels peuvent s'engouffrer Simão ou Zahovic mais aussi de combiner et de frapper avec une certaine précision. C'est là qu'il appartiendra aux défenseurs louviérois de former constamment un bloc soudé afin de bien profiter des espaces pour repartir. Car Ariel Jacobs et Patrick Wachel ont noté que de grands espaces se profilaient parfois dans le dos de cette ligne d'attaque qui ne demande rien tant que de renouer avec le prestige de Benfica. Mais il y a encore loin des lèvres... à la coupe. " A Benfica aussi, quand c'est la cata dans le vestiaire, ça dure toute la semaine " (Ariel Jacobs)