On est champions ! ... On est champions ! ... On est des cons ! ...On est des cons ! ...Voilà certainement ce qu'ont dû chanter, de vive voix pour la première partie, de vive pensée pour la deuxième, les joueurs du Bayern après leur 27e titre.
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On est champions ! ... On est champions ! ... On est des cons ! ...On est des cons ! ...Voilà certainement ce qu'ont dû chanter, de vive voix pour la première partie, de vive pensée pour la deuxième, les joueurs du Bayern après leur 27e titre. Ce refrain, ce n'est pas moi qui l'ai inventé mais il m'a été inspiré par Mats Hummels quelques heures avant le sacre. Il déclarait : " Quoi qu'il arrive, ce sera une saison ratée ". Eh oui, pour le Bayern Munich, être champion est une banalité obligatoire. L'incertitude du sport se résume pour eux à la date de leur sacre. La certitude, c'est que l'intelligence et l'argent peuvent rapporter une hégémonie. Une hégémonie qui signe la lente agonie de la concurrence. Qui n'en a plus que le nom. Le Bayern a fait de ses adversaires allemands des partenaires de jeu. 5e titre de suite. Le 26e en 52 saisons de Bundesliga. Le max pour une autre équipe est de cinq titres. Les Borussia Dortmund et Mönchengladbach l'ont réalisé. Gladbach, c'était dans les années...70. L'ogre bavarois n'a jamais si bien porté son nom. Mais ses festins sont devenus quasi fades sur son territoire. La grandeur de ce club immense ne se mesure que sur les autres contrées. Celle de la cour des grands. Eliminés de la Ligue des Champions dans des circonstances " madrinolesques ", certes, mais virés quand même. Plus grave et plus purement footballistique fut l'élimination, à domicile, de la Coupe d'Allemagne par la grâce d'un Borussia Dortmund redevenu, le temps d'un soir, un concurrent digne des Bavarois. L'intelligence, c'est que les meilleurs footballeurs sont à tous les postes. Même à la direction. Que des anciens champions. Et que dire sur le terrain... Savoir bien acheter. Piller, diront certains et ils n'ont pas vraiment tort tellement l'art du Bayern est de se renforcer tout en déforçant les autres. Dortmund en sait quelque chose. Götze un peu, Lewandowski beaucoup en sont les plus belles illustrations. Depuis que ces deux-là sont passés de l'un à l'autre, l'avènement de Dortmund est devenu une parenthèse enchantée. Et 1, et 2 titres, et puis basta. Le Bayern a tout raflé. Et Robert Lewandowski a tout butiné dans les prairies allemandes. Un vrai nectar. Ce mec est too much. Il pollinise et pique tout ce qui bouge. Les chiffres sont affolants. Avec le Bayern, en 93 matchs de championnat, il est dans 88 buts (75 buts, 13 assists). En 15 matchs de coupe, c'est 10 buts, 3 assists. En Ligue des champions, c'est 23 buts et 4 assists en 33 matchs. Et depuis qu'il joue au Bayern, il est impliqué dans 30 buts (24 buts, 6 assists) en... 25 matchs avec la Pologne. Son total pour cette saison est saisissant : 49 matchs joués = 49 buts plus 9 miettes appelées " assists ". Rien à ajouter. Si ce n'est que d'autres Bavarois affolent aussi les compteurs. Philipp Lahm,par exemple, termine sa carrière en entrant dans la cour des grands nommés Oliver Kahn, Mehmet Scholl et Bastian Schweinsteiger. Huitième titre de champion. Arjen Robben rejoint, lui, le plus grand de ses compatriotes. 10e titre de champion pour le Hollandais. Comme Johan Cruijff. Mais l'enfant béni des dieux, c'est Thiago Alcantara. Il a 26 ans, est pro depuis neuf saisons et a été...huit fois champion. Jouer au Barça et au Bayern, ça aide. Comme entraîner de grands clubs. Carlo Ancelotti en est l'illustration. Il est devenu le premier coach de l'histoire à être champion dans quatre des cinq grands championnats européens. Milan, PSG, Chelsea et Bayern. Raté avec le Real Madrid où il a dû se contenter d'une... Ligue des Champions. Campionissimo il Mister. En attendant, on fait la gueule en Bavière. Une gueule de bois au pays de la bière. Cette équipe vieillissante va se débarrasser de ces vieux faiseurs de trophées. Sa cure de jouvence, le club va certainement la faire en allant puiser dans son nouveau vivier : son dauphin de Leipzig, qui a la moyenne d'âge la plus jeune de Bundesliga. On ne se refait pas quand on veut continuer à écrire l'histoire... PAR FRÉDÉRIC WASEIGE