Pouvons-nous patienter un petit quart d'heure, le temps qu'il achève sa partie de cartes ? IgorStepanovs (27 ans) ne se débrouille pas mal avec les StéphaneDemets, KristofLardenoit et PhilipDeckers. Il parle anglais, les autres néerlandais et il est manifeste qu'en quelques semaines, il a déjà maîtrisé les termes nécessaires au jeu. Beveren n'est pas un grand club où la défaite engendre le stress. Tout est resté convivial au Freethiel. Quand le gardien BarryCopa tente d'emprunter la voiture de Demets pour faire une course, il s'entend répondre : -Je ne suis pas fou, cherche une autre victime.
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Pouvons-nous patienter un petit quart d'heure, le temps qu'il achève sa partie de cartes ? IgorStepanovs (27 ans) ne se débrouille pas mal avec les StéphaneDemets, KristofLardenoit et PhilipDeckers. Il parle anglais, les autres néerlandais et il est manifeste qu'en quelques semaines, il a déjà maîtrisé les termes nécessaires au jeu. Beveren n'est pas un grand club où la défaite engendre le stress. Tout est resté convivial au Freethiel. Quand le gardien BarryCopa tente d'emprunter la voiture de Demets pour faire une course, il s'entend répondre : -Je ne suis pas fou, cherche une autre victime. Stepanovs est habitué à la pression, pourtant. En septembre 2000, il a signé à Arsenal. Le géant letton vient de Riga, la capitale, et s'est produit huit ans pour Skonto, le grand club du pays : " Je viens d'une famille normale, sans passé sportif. A l'école, mon père a joué au volley, c'est tout. J'ai tout essayé : le volley, le handball et même la lutte mais je trouvais le football plus amusant ". Pendant sa puberté, il a vécu la lutte pour l'indépendance des pays baltes vis-à-vis de l'Union Soviétique : " D'un coup, nous avons obtenu notre propre identité, notre propre équipe nationale. Notre pays a eu sa place dans les atlas. Pour être franc, l'URSS se moquait bien des Lettons. Nous n'avions d'ailleurs aucune équipe en D1 soviétique. Il y en avait une parmi l'élite de la D2 mais malheureusement, elle n'a pu monter. Après l'indépendance, nous avons eu l'occasion d'affronter de grands clubs. Il nous a fallu le temps de combler le gouffre qui s'était créé. Nous ne sommes déjà plus des petits poucets. Même si, évidemment, notre pays n'est pas grand ni très peuplé ". A Beveren, il est entouré par dix Ivoiriens : " Je pense qu'il est plus difficile pour eux de jouer avec moi que l'inverse. Mon français est très limité. Ils ont l'irrégularité de gamins de 20 ans. Ça ne devrait plus être permis car plusieurs d'entre eux sont en Belgique depuis deux ou trois ans. Il est temps qu'ils obtiennent des résultats. Je pense qu'ils doivent travailler plus dur, sur tous les plans ". Le club n'a pas d'attaquants... " Qu'on les cherche dans la rue ! Ce n'est pas un argument. On peut retirer 100 % de plus de cette équipe. Contre le Club Brugeois, nous avons bien joué pendant 65 minutes mais nous avons perdu 3-0. Très décevant. Nous pouvons prendre des points, même contre les grandes équipes. Notre capital points ne correspond pas à nos qualités ". Dur comme jugement mais Stepanovs est prêté jusqu'au terme du premier tour : " En décembre, je déciderai de ce que je ferai ". Il a donc joué pour Skonto, dont le président est également celui de la fédération lettone de football. L'équipe nationale a été son tremplin vers l'étranger : " On nous a annoncé la venue d'un scout d'Arsenal. Pour toute l'équipe nationale, pas seulement pour moi. Nous jouions contre l'Ecosse. Nous n'avons pas été mauvais. Arsenal a invité AndrejsRubins et moi-même à participer à un stage. Je me suis envolé pour Londres après un match amical contre la Bélarus, j'ai passé des examens médicaux et j'ai signé un contrat, qui expire l'été prochain ". Il a été le deuxième Letton à évoluer en Angleterre, après Marian Pahars, qui a fait sensation à Southampton et a été surnommé le Michael Owen letton. Stepanovs s'est imposé moins facilement : " Je suis arrivé en septembre, au moment où mon corps aspirait au repos, puisque notre saison touchait à sa fin. Il faisait froid, mes muscles étaient raides et je me suis blessé à l'aine contre Aston Villa. Jusque-là, tout s'était assez bien passé : j'avais disputé huit matches de suite. Mais je n'ai plus guère joué le reste de la saison ". Arsenal était dans une période de transition. Stepanovs débarquait dans une défense dirigée par TonyAdams et MartinKeown, deux hommes expérimentés. " Adams a mis fin à sa carrière après cette première saison, LeeDixon un an plus tard. Je devais m'habituer à une ville étrangère. Au début, je vivais seul et j'avais le mal du pays, puis mon amie m'a rejoint et j'ai pu mener une vie normale. Nous habitions en dehors de la ville, à proximité du complexe d'entraînement ". Il y a deux saisons, Arsenal a réussi le doublé. Dans quelle mesure s'est-il senti impliqué ? " J'ai une médaille de la Cup mais comme je n'ai joué que huit matches, je n'ai rien reçu pour le championnat. Il fallait atteindre les onze prestations. Peut-être n'était-ce pas suffisant mais nous avons gagné 24 points à l'occasion de ces huit matches. J'ai quand même eu ma part dans ce succès ". Il s'est avéré qu'il n'était pas le messie attendu. D'autres défenseurs sont arrivés, comme SolCampbell et KoloTouré. Stepanovs a dégringolé dans la hiérarchie. Il a dû se contenter des entraînements pour apprendre. " Il y avait beaucoup de grands joueurs mais ce n'est pas pour la cause qu'on a une équipe. Encore faut-il en faire quelque chose. Monsieur ArsèneWenger y est parvenu. Il a organisé cette palette de vedettes et formé un groupe soudé. Il préfère une équipe type alors que des clubs comme Chelsea ou Manchester United prônent la rotation ". Ça n'a pas joué en sa faveur. Quand Arsenal s'est associé à Beveren, il a insisté auprès du Letton pour qu'il rejoigne le Pays de Waes. Stepanovs a refusé : " J'avais mes raisons. Je voulais poursuivre ma lutte et retrouver ma place. Maintenant, un an plus tard, c'est différent. J'ai besoin de jouer en championnat avec une équipe Première. Il me faut du rythme car l'été prochain, mon contrat prend fin. La différence entre les matches de réserves d'Arsenal et les joutes internationales était trop importante. Je ne regrette toutefois pas ma décision de l'année dernière ". Ses premières impressions sur la Belgique ? " C'est très calme, ici. Un match par semaine, des gens très amicaux et un championnat convenable. Je m'étais posé des questions sur le niveau, à tort. Je savais que je ne serais pas immédiatement en pleine forme. Parfois, je suis bien, parfois, ça va moins bien. Après la victoire de la Lettonie en Suède, un journaliste a écrit qu'on voyait que chacun de nous jouait dans son club car nous paraissions en forme. A l'aller, nous avions fait match nul contre la Suède et je n'étais pas titulaire à Arsenal ".