Une carrière tient parfois à un fil bien ténu. A un jour ou deux parfois. Comme ce fut le cas pour Maxime Annys (21 ans), qui après un test de plusieurs semaines à Mons, signa son contrat le 13 juillet : " J'avais disputé trois belles années à Roulers sous la direction de Dennis van Wijck. Je restais sur une saison remplie de 28 matches quand le nouvel entraîneur Dirk Geeraerd est arrivé. Je pensais garder ma place de titulaire sur le flanc gauche mais Roulers a acheté Davy Oyen. Je n'ai plus eu voix au chapitre. La proposition montoise est tombée à pic. Après l'enfer de Roulers, je pouvais rebondir dans un club mieux structuré et plus ambitieux ".
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Une carrière tient parfois à un fil bien ténu. A un jour ou deux parfois. Comme ce fut le cas pour Maxime Annys (21 ans), qui après un test de plusieurs semaines à Mons, signa son contrat le 13 juillet : " J'avais disputé trois belles années à Roulers sous la direction de Dennis van Wijck. Je restais sur une saison remplie de 28 matches quand le nouvel entraîneur Dirk Geeraerd est arrivé. Je pensais garder ma place de titulaire sur le flanc gauche mais Roulers a acheté Davy Oyen. Je n'ai plus eu voix au chapitre. La proposition montoise est tombée à pic. Après l'enfer de Roulers, je pouvais rebondir dans un club mieux structuré et plus ambitieux ". Mais comment cet habitant de Bredene, près d'Ostende, et joueur de Roulers, aboutit-il à Mons ? " Lors d'un match des Espoirs, j'ai rencontré Jean-Paul Colonval qui m'a donné sa carte et m'a dit de le rappeler. On a discuté et Mons m'a prié d'effectuer un test. Finalement, José Riga m'a demandé d'être présent à la reprise avec le groupe. J'ai débuté le stage d'Hoenderloo lors duquel les dirigeants m'ont signifié leur désir de m'engager. Comme il fallait régler certains détails, le contrat ne fut signé qu'au retour du stage ". Avec quelques jours de retard. Quelques jours qui pèseront lourd dans la balance. Deux semaines plus tard, l'ancien médian de Roulers ne faisait déjà plus partie de l'effectif des Dragons. " Riga était content de mon travail et de mon comportement. Pourtant, un jour, il m'a demandé d'aller faire un test car il voyait bien que j'avais un problème à la hanche. Il trouvait que ma jambe traînait toujours trop derrière ", explique-t-il. Le constat allait s'avérer cinglant : opération obligatoire et six mois d'incapacité de travail. " Tout le monde est tombé de haut. Moi le premier. Alain Lommers m'a annoncé - Tu te fais opérer ou on rompt ton contrat. Le lendemain, mon manager Guy Bonny me téléphonait pour m'apprendre que Mons avait quand même décidé de casser le contrat ". Une clause le permettait, en effet. Mons avait le droit de se séparer de son joueur si celui-ci connaissait un problème physique dans les 15 jours suivant la signature du contrat. " On arrivait au bout de la période. A un ou deux jours près, cette clause n'aurait plus pu être invoquée. Cependant, je n'en veux pas à Mons. Si on n'avait pas découvert ma blessure, j'aurais pu voir ma carrière stoppée deux ans plus tard ". Pourtant, Annys a décidé de demander un deuxième avis médical. " Yves Vanderhaeghe que j'avais connu à Roulers m'a recommandé auprès du Docteur Martens. Celui-ci m'a dit qu'après six à huit semaines, je débuterais ma revalidation et que si celle-ci se déroulait convenablement, je pouvais rejouer trois mois après mon opération. Il m'a donné l'exemple d' Igor Lolo qui est remonté sur un terrain, trois mois après être passé sur le billard ". Mons a-t-il versé dans la précipitation ? Echaudé, l'année passée, par l'expérience Stéphane Zèbre qui avait dû être opéré quelques jours après son arrivée et qui n'avait jamais récupéré totalement ses facultés, Mons a préféré parer au plus pressé. " Il fallait prendre une décision vu que cette clause arrivait à échéance ", explique Alain Lommers, directeur général du club. " Notre médecin sportif spécialisé nous a parlé d'une longue période de rééducation. Nous n'aurions pas pu compter sur lui avant janvier ". Voilà pour le contexte. Pourtant, en quelques semaines, Annys a pris goût à l'environnement local. " Mons m'a dit que c'était possible que je revienne après ma revalidation. Je m'accroche à cet espoir. Ici, j'ai trouvé un cadre épanouissant. Je m'amusais et je me sentais respecté par le groupe. Le test a duré longtemps mais je n'ai jamais craint que cela se termine mal. J'entendais des échos qui disaient qu'on était content de moi. J'aime cette mentalité wallonne. Ici, on travaille mais on sait aussi rigoler. A Roulers, après les entraînements, tout le monde se lavait et retournait chez lui. A Mons, on plaisante. Et puis, j'avais entendu que je pouvais être le premier Flandrien de l'équipe. Cela me plaisait. J'avais trouvé une deuxième famille. Le magasinier Dédé venait me chercher tous les jours à mon appartement. Tout était professionnel et je sentais que je pouvais réaliser de belles choses et évoluer tant sur le plan footballistique que sur le plan humain. Pour la première fois, je me retrouvais livré à moi-même. Je quittais le giron familial puisque quand je jouais pour Roulers, je vivais chez mes parents. Bredene ne se situait qu'à une demi-heure de route. Bref, tout cela était magnifique. Je sentais qu'il y avait un monde de différence par rapport à Roulers. Et je le dis sans rancune car malgré mes derniers mois tendus avec l'entraîneur, j'ai quitté Roulers en bons termes ". A Mons, le contact passait bien avec l'entraîneur mais aussi avec les autres membres du vestiaire. " Cela m'a fait mal au c£ur de voir Mons débuter le championnat à Bruges sans moi. Comme le match ne se déroulait pas trop loin, je me suis rendu à l'hôtel de l'équipe pour saluer les joueurs. Tout le monde a eu un mot gentil. J'avais déjà noué des liens d'amitié avec Frédéric Jay ou Alessandro Cordaro, avec lequel j'avais débuté en équipe nationale des -19 ans contre l'Allemagne. Riga était aussi quelqu'un de très sympathique. Il mettait tous les éléments de son noyau sur le même pied. Il respecte tout le monde, que ce soit les anciens ou les jeunes, et il aime les personnes qui travaillent. Je trouve cette approche normale : on est des professionnels ! ". Cette rupture de contrat a donc écorné cette image idyllique. " Pendant deux jours, j'ai eu du mal à accepter. Heureusement que j'ai pu compter sur ma famille qui m'a toujours soutenu. Mes parents m'ont suivi lors du stage à Hoenderloo. Ils ont également pris cinq jours de congé pour venir assister à ma rencontre contre Nancy, à Creutzwald ". Pourtant, Annys veut croire en l'espoir d'un retour à Mons : " Je vois mon avenir ici ". par stéphane vande velde - photo: reporetrs