Le sport belge perd un des dirigeants sportifs les plus marquants des dernières trente années. Le moment le plus mémorable de sa carrière en football s'est déroulé, sans aucun doute, près du Cap. Jan Peeters était alors président de la commission d'inspection du Mondial 2010, attribué au continent noir. Pendant ce voyage en Afrique du Sud, il a effectué une excursion à Robben Island, où Nelson Mandela avait été emprisonné pendant 18 ans.
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Le sport belge perd un des dirigeants sportifs les plus marquants des dernières trente années. Le moment le plus mémorable de sa carrière en football s'est déroulé, sans aucun doute, près du Cap. Jan Peeters était alors président de la commission d'inspection du Mondial 2010, attribué au continent noir. Pendant ce voyage en Afrique du Sud, il a effectué une excursion à Robben Island, où Nelson Mandela avait été emprisonné pendant 18 ans. Alors que les membres de la FIFA se trouvaient dans la cellule où avait été reclus l'ancien président, ils ont entendu un hélicoptère atterrir. Stupéfaction ! Quelques minutes plus tard, Mandela se joignait à eux. Peeters, qui vouait un culte sans bornes à Mandela, a été très ému. Son admiration pour le combattant de l'apartheid en dit long sur la personnalité de Jan Peeters. Éminent juge de la jeunesse, il a été un des premiers à placer en premier l'intérêt des jeunes et à tenter de les remettre sur le droit chemin via des sanctions alternatives. " Jan était un profond humaniste ", raconte Michel D'Hooghe, son prédécesseur à la présidence de l'UB. " Sa profession l'avait habitué à écouter le point de vue des autres. Il était extrêmement ouvert. Il s'intéressait passionnément aux jeunes. Il faisait preuve d'un enthousiasme inouï. " Jan Peeters et Michel D'Hooghe ont été à la tête de la fédération belge de football pendant deux décennies. " Le sport belge et le football en particulier perd un homme important, doté d'une formidable personnalité. Moi, j'ai perdu un grand ami ", conclut D'Hooghe. Jan Peeters est né le 2 avril 1934 à Willebroek. Il a étudié le droit à l'université de Gand. En 1971, il a été nommé juge de la jeunesse à Malines. Quelques années plus tard, il a combiné son amour du droit et du football en intégrant la commission juridique de l'UB. Le 12 août 1977, il est également devenu membre du comité exécutif de la fédération. Au début des années 90, le Brabançon est devenu vice-président de la fédération et un des principaux alliés de Michel D'Hooghe, alors président. En 1996, quand le secrétaire général, Alain Courtois, a été nommé directeur de l'EURO 2000, Peeters a repris son poste. D'Hooghe répétait inlassablement que ce furent ses plus belles années à la fédération. Il avait une confiance totale en Peeters, un homme d'une grande loyauté. Le Brugeois croyait tant en lui qu'en juin 2001, il l'a proposé à sa succession. C'était un cran trop haut pour Peeters. Il était un des rares, au sein de la fédération, à comprendre qu'elle avait besoin de changer et à avancer des idées mais il s'inclinait trop aisément face à la résistance des forces conservatrices au sein du comité exécutif, qui prônait le statu quo. Peeters a été président pendant cinq ans. En 2006, François De Keersmaecker lui a succédé. Peeters est resté un temps actif dans les commissions disciplinaire et juridique de l'UEFA et de la FIFA. Jusqu'à son décès, il a présidé la commission éthique du COIB. C'est l'URBSFA qui a délégué Peeters au COIB, dont il a été vice-président de 1985 à 1996. On a surtout vanté son rôle de chef de délégation aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992 et d'Atlanta en 1996. Il avait déjà assumé cette fonction, avec Michel D'Hooghe, durant l'excellent Mondial 1986 du Mexique. Jan Peeters est décédé le 21 juillet dernier à l'hôpital Middelheim, des suites d'une hémorragie cérébrale. Le monde sportif belge perd un dirigeant compétent mais surtout un chouette type.PAR FRANÇOIS COLLIN - PHOTO BELGAIMAGEIl a été un des premiers à placer en premier l'intérêt des jeunes.