J'ai raté Chelsea-Liverpool à la télé, mais Chelsea n'a pas raté son coup. L'argent n'a pas d'odeur, en foot encore moins qu'ailleurs, et le club de Roman Abramovitch mérite dès lors sa finale, pour ce qu'il a apporté au spectacle ces dernières années. Finale obtenue sans l'apport stratégique du Dieu José Mourinho, mais avec celui d' Avram Grant le petit obscur... qui sera déifié demain si Chelsea s'impose à Moscou ! Le foot a besoin de dieux,... même si mon petit avis est plutôt que durant un match, la valeur intrinsèque des joueurs alignés influence infiniment plus le résultat que toutes les cogitations et initiatives tactiques de l'entraîneur le plus coté. Nouvelle preuve aujourd'hui via Grant... et via Mourinho par défaut !
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J'ai raté Chelsea-Liverpool à la télé, mais Chelsea n'a pas raté son coup. L'argent n'a pas d'odeur, en foot encore moins qu'ailleurs, et le club de Roman Abramovitch mérite dès lors sa finale, pour ce qu'il a apporté au spectacle ces dernières années. Finale obtenue sans l'apport stratégique du Dieu José Mourinho, mais avec celui d' Avram Grant le petit obscur... qui sera déifié demain si Chelsea s'impose à Moscou ! Le foot a besoin de dieux,... même si mon petit avis est plutôt que durant un match, la valeur intrinsèque des joueurs alignés influence infiniment plus le résultat que toutes les cogitations et initiatives tactiques de l'entraîneur le plus coté. Nouvelle preuve aujourd'hui via Grant... et via Mourinho par défaut ! J'ai par contre regardé Manchester-Barcelone, et me suis dit que ce devait être cela, la beauté terrible du foot : une terrible gaffe qui peut amener un très beau but ! Témoins celle de Gianluca Zambrotta amenant celui de Paul Scholes propulsant United en finale. Fameuse bêtise, ce dégagement mou plein axe : digne d'un cadet qui n'aimerait pas le foot, mais que son père obligerait à y jouer ! Je n'en ai pas cru mes yeux dans le chef de Zambrotta, que je classerais pourtant volontiers meilleur back droit de la planète si vous me le demandiez... Par contre, j'en ai cru mes yeux dans le chef de Scholes, j'ai senti juste avant sa frappe la lucarne qu'il allait trouver, et le plaisir que son but allait me refiler ! Plaisir parce que j'adore Scholes, que je classerais volontiers joueur le plus sous-estimé de la planète si vous me le demandiez : défendre, poser le jeu, trouver des ouvertures qui sont des trouvailles, marquer des buts (132 en 501 matches pour M.U.), Scholes sait tout faire et les gazettes le disent si peu ! Trop peu play-boy ? Trop peu bad boy ? Scholes peut s'avérer décisif d'un rectangle à l'autre : la récente expression box to box, galvaudée depuis qu'elle est apparue, Scholes en est l'incarnation ! Je lui souhaite de remporter la finale 2008 après avoir loupé celle de 1999 pour avoir été suspendu, et de brandir le trophée avec le vieux Ryan Giggs (autre mésestimé, chouchou de bibi) : auquel cas je formerai ensuite le v£u qu'on chipote pour une année le règlement du Ballon d'Or, en permettant de voter conjointement pour le duo Giggs/Scholes, qui roule depuis quinze ans sa même bosse mancunienne. Ce serait leur unique chance d'obtenir un Ballon d'Or pour deux ! Sans cela, ni l'un ni l'autre n'obtiendront jamais cette distinction prisée, que de moins bons footballeurs ont pourtant obtenue ! Des noms ? D'accord, je me mouille : Hristo Stoitchkov, Matthias Sammer, Michael Owen, Fabio Cannavaro. Ceci dit, mon coup de c£ur (c'est à la mode) dans cette demi-finale retour, c'est la hargne en perte de balle du quatuor offensif de Man U. Nous savions tous que Carlos Tevez, Luis Nani, Ji-Sung Park et évidemment Cristiano Ronaldo avaient de grosses qualités de dribble pour pénétrer une défense, provoquer, oser le un contre un... et faire oublier l'absence de Wayne Rooney ! Mais je ne m'étais jamais rendu compte à quel point ils étaient aussi, tous les quatre, admirablement teigneux quand il s'agissait de défendre ! Car aligner, face au Barça, quatre joueurs d'attaque (quatre !) aimant à ce point le dribble et le risque, ce serait suicidaire s'ils ne raffolaient pas en sus des duels pour l'arrachage du ballon. Or, quatre attaquants à ce point doués pour l'offensive ET à ce point volontaires pour défendre, ça ne court pas les rues, ni d'Angleterre ni d'ailleurs ! Tenez, dans les rues de Barcelone, ils n'en ont qu'un... évidemment pas Thierry Henry ni Ronaldinho, inexistants défensivement quand ils jouent, ni même Samuel Eto'o qui n'est chasseur que de buts : ils n'ont que Lionel Messi, épatant d'ailleurs tant il a tout tenté ! On n'a vu que lui au Barça, s'époumonant et se cassant les dents, un peu déboussolé que tout repose sur sa pomme pour tenter de percer le coffre-fort mancunien... comme tout reposait sur le seul Diego Maradona au Mondial de 1986,... mais ça avait marché ! Hélas Lionel, tout lutin pimpant et surdoué soit-il, n'est quand même pas Diego... Il fait davantage penser à Bruno Conti qui, bien plus que Paolo Rossi, fut le joueur le plus brillant de l'Italie championne du monde en 1982 : parce que Conti était comme Messi un virevoltant gaucher d'attaque, qui plantait ses banderilles en les démarrant quasi systématiquement sur la droite du terrain, peu après la ligne médiane, par des cavalcades en diagonale. Je sais que les jeunes s'en foutent quand je rappelle ça, ils n'ont jamais connu Conti. Ils ne savent pas ce qu'ils ont perdu, j'espère que beaucoup de vieux sont d'accord avec moi. par bernard jeunejean