Il s'est fait tellement désirer qu'il est forcément attendu au tournant. Jan Polak (26 ans), le fameux box-to-box tchèque d'Anderlecht, s'est entraîné pour la première fois en début de semaine dernière. Tous les regards étaient braqués sur lui. " Il est très fort ", a d'emblée admis Jelle Van Damme, dont la place dans l'entrejeu est sans doute directement menacée par l'arrivée de la nouvelle recrue.
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Il s'est fait tellement désirer qu'il est forcément attendu au tournant. Jan Polak (26 ans), le fameux box-to-box tchèque d'Anderlecht, s'est entraîné pour la première fois en début de semaine dernière. Tous les regards étaient braqués sur lui. " Il est très fort ", a d'emblée admis Jelle Van Damme, dont la place dans l'entrejeu est sans doute directement menacée par l'arrivée de la nouvelle recrue. " C'est le joueur qui nous manquait pour muscler le milieu de terrain ", a renchéri Olivier Deschacht. " C'est un footballeur très complet, qui joue des deux pieds et qui s'impose également dans le jeu aérien ". Le premier match amical disputé par Polak à Bornem, face aux promus espagnols de Murcie, en compagnie des joueurs qui n'étaient pas titulaires pour l'ouverture du championnat à Malines, tourna pourtant à la confusion des Mauves : 0-6. " C'est difficile de juger l'international tchèque sur un match pareil ", analysa Walter Baseggio, qui joua à ses côtés dans l'entrejeu. " On voit qu'il a un gros potentiel, notamment physique, mais également qu'il doit encore se familiariser avec ses nouveaux partenaires. Ses quelques pertes de balles en attestent ". Anderlecht voulait absolument faire signer l'international tchèque avant le 9 août, afin qu'il soit qualifié pour le tour préliminaire de la Ligue des Champions. Un match déjà crucial, dont la première manche a été disputée ce mercredi soir. Jan Polak : Non, pas du tout. Je n'avais pas été mis au courant, à l'époque. Mes premiers contacts avec le Sporting datent d'il y a quelques semaines. Dans un premier temps, j'avais refusé. Après deux ou trois semaines, lorsque j'ai vu comment ma situation évoluait à Nuremberg, je me suis ravisé. Je veux atteindre certains objectifs durant ma carrière de footballeur. Avec Nuremberg, j'étais certain de disputer la Coupe de l'UEFA, puisqu'on a remporté la Coupe d'Allemagne. Mais Anderlecht m'offrait la possibilité de disputer la Ligue des Champions. Je savais aussi que j'allais lutter pour le titre. Ce sont des atouts que ne possédait pas le club allemand. J'en ai entendu parler, effectivement, mais j'ignore si l'intérêt était concret. Celui d'Anderlecht était très, très concret. C'est important de savoir qu'un club vous veut vraiment. Bien. Je sais qu'en Belgique, je peux devenir champion, et même si la Ligue Jupiler n'est pas la plus huppée, c'est plus valorisant que de devoir lutter pour la 10e place. Lorsque j'ai joué en équipe nationale, il y a deux mois, Anderlecht ne s'était pas encore manifesté. Je n'ai donc pas consulté des joueurs comme Jan Koller. Par la suite, je lui ai effectivement téléphoné, ainsi qu'à Roman Vonasek, qui a évolué à Lokeren. Je ne connaissais pas personnellement Daniel Zitka, mais le fait de retrouver un compatriote dans l'équipe peut évidemment faciliter mon intégration. Il aurait été préférable de la commencer avec Anderlecht. Les choses étant ce qu'elles sont, cela n'a pas été le cas et j'ai affûté ma condition avec Nuremberg. Physiquement, je suis au point : on connaît le sérieux de la préparation allemande. J'ai aussi disputé quelques matches amicaux avec mon ancien club. Pas toujours dans leur intégralité, mais assez pour me mettre en jambes. En revanche, il est clair que je dois encore m'intégrer à Anderlecht. Je dois trouver ma place au sein de l'équipe, trouver le rythme également, et cela ne peut pas se faire en deux ou trois jours, ni même en une semaine. Oui, j'ai conscience d'avoir été engagé dans cette perspective. Ce match est peut-être tombé trop tôt pour que l'on puisse voir le vrai Jan Polak à l'£uvre, mais que voulez-vous ? Je ne maîtrise pas le calendrier. Non, c'est une hypothèse que je ne veux pas envisager. Depuis que je suis petit, je rêve de deux choses : endosser le maillot de l'équipe nationale, ce que j'ai déjà fait, et évoluer en Ligue des Champions face à de grosses équipes. Anderlecht m'en offre la possibilité. Echouer au port, je ne veux pas y penser. Ce serait terrible. J'en ai brièvement discuté avec lui. Il m'a expliqué la position que j'occuperais, la tâche que j'aurais à remplir, le pressing qu'il faudrait exercer, et j'ai directement essayé d'appliquer ces consignes à l'entraînement. Dans les grandes lignes, oui. Il y a des différences, comme le fait qu'on pratique plus volontiers le marquage individuel en Bundesliga alors qu'à Anderlecht, la zone est plus prisée, mais en dehors de cela, rien ne change : je dois récupérer un maximum de ballons, les céder aux attaquants ou à mes partenaires d'entrejeu, tout en essayant de créer moi-même du danger. Je peux occuper différentes positions, mais ma place de prédilection se situe dans l'axe. Sur les flancs, je suis moins à l'aise : je dois trop attendre les ballons. Les mouvements sont différents également. C'est un atout. A mes débuts, lorsque j'étais gamin, j'avais un rôle purement offensif. J'étais plutôt un attaquant. Vers 14 ou 15 ans, on m'a orienté vers le milieu de terrain où j'ai dû remplir des tâches défensives. Aujourd'hui, je récupère des ballons, mais je n'ai pas perdu mes réflexes offensifs. N'exagérons rien. Mon pied droit est mon meilleur, mais je peux aussi me débrouiller du gauche. Peut-être pas le seul, mais nous n'étions effectivement pas nombreux dans le cas. Deux ou trois, tout au plus, dont le gardien Jaromir Blazek. A ma connaissance, oui. C'était la seule proposition concrète que j'avais reçue. Peut-être d'autres clubs m'avaient-ils suivi, mais sans plus. Avec le recul, je pense que c'était la transition idéale. Si j'étais passé directement du Slovan Liberec au Bayern Munich, par exemple, j'aurais pu me planter car la différence aurait été trop brusque. Déjà là, j'avais le sentiment d'effectuer un grand pas en avant. En Tchéquie, je jouais devant une assistance qui variait entre 3 et 5.000 spectateurs. C'est la norme dans mon pays. Le Sparta Prague attire un peu plus de monde, aux environs de 10 à 12.000, mais on est loin des assistances de la Bundesliga. Déjà lors de mes six premiers mois à Nuremberg, alors que les résultats n'étaient pas terribles, il y avait toujours au minimum 20.000 personnes. Dans un stade de 45.000 places, ceinturé par une piste d'athlétisme, cela paraissait vide, mais lors de ma deuxième saison, lorsque les résultats sont devenus très bons et qu'on a gagné quasiment tous les matches à domicile, le public est revenu en masse et on a régulièrement dépassé les 40.000. C'était impressionnant, mais lorsque je suis sur le terrain, j'essaie de ne pas trop prêter attention aux réactions du public. J'essaie de me concentrer sur mon jeu. Sur le plan physique, je n'ai pas rencontré de problèmes. En République Tchèque, la préparation était également très poussée. J'étais habitué. C'est surtout au niveau des matches que la différence était la plus sensible. J'ai eu la chance d'évoluer dans un championnat de très haut niveau. Ce furent deux très belles saisons, et dans l'ensemble, je peux m'estimer satisfait de mes prestations. J'ai aussi eu la chance d'évoluer dans de très beaux stades. Les supporters sont très enthousiastes et créent une ambiance fantastique. Les gros matches, contre le Bayern Munich, le Vfb Stuttgart ou le Werder Brême, me resteront également en mémoire. La Bundesliga est un championnat très compétitif, où l'on joue tous les matches à fond jusqu'à la 90e minute. Toutes les équipes jouent pour gagner, même lorsqu'elles affrontent des adversaires supposés plus forts. La ferveur populaire est immense. Les supporters sont très enthousiastes et créent une ambiance fantastique. Jusqu'à la saison dernière, c'était un club relativement modeste, habitué à évoluer dans le ventre mou du classement. Les ambitions n'étaient pas très élevées. C'était un club familial, où je me sentais très bien. Et puis, l'an passé, on a réalisé un parcours extraordinaire, tant en Bundesliga qu'en Coupe d'Allemagne, ce qui nous a menés vers la Coupe de l'UEFA. Les gens ont été pris de folie, l'enthousiasme était indescriptible. Aussi longtemps qu'on n'est pas menacé de relégation, non. Quand on vise le milieu de classement, entre la 8e et la 12e place, et qu'on se retrouve 7e, c'est un très bon résultat. Tout le monde est content. Comme partout, l'appétit vient en mangeant. Lorsqu'on était 7e, les supporters se sont mis à rêver. Ils voulaient nous voir 5e, même 4e. Mais on ne peut pas parler d'une pression comparable à celle qui doit exister à Anderlecht où, après deux ou trois mauvais matches, on parle de crise. C'est le lot des grosses équipes : au Sparta Prague ou au Bayern Munich, après une seule défaite, on commence aussi à se poser des questions et à mettre les compétences de l'entraîneur en doute. Très exigeant. Tout le monde le respectait. Il voulait voir du beau football et prônait un jeu très ouvert, axé sur la technique. Pas seulement un football de combat. Au niveau de la communication, le courant passait bien, quoi qu'on en dise. Il s'adressait en priorité au groupe, mais lorsqu'il avait une remarque à faire, il n'hésitait pas à convoquer un joueur individuellement. Et, lorsqu'un joueur avait un problème, familial ou autre, il était très réceptif. Oui, j'en ai entendu parler. Que voulez-vous que je vous dise ? Je souhaite bonne chance à Hans Meyer pour la suite de sa carrière, c'est tout. Je pointerais plutôt Tomas Galasek comme leader. C'est naturel chez lui, il ne doit pas se forcer. C'est une forte personnalité, il s'est bâti une solide réputation à l'Ajax Amsterdam et en équipe nationale tchèque. Je l'ignore. A Nuremberg, et avant cela au Slovan Liberec, on m'avait laissé entendre que j'avais les capacités pour diriger. Mais lorsqu'on débarque dans une nouvelle équipe, la situation est un peu différente. Il faut apprendre à connaître les gens. Je ne peux pas, dès mon premier entraînement à Anderlecht, donner des directives à des partenaires que je découvre. Il faut gagner le respect des équipiers progressivement, au fil des entraînements et des matches, en livrant de bonnes prestations et en démontrant son utilité. D'autant qu'Anderlecht compte de très bons footballeurs en ses rangs. Des joueurs comme Ahmed Hassan ou Mbark Boussoufa, et je pourrais en citer d'autres, ont beaucoup de talent. Très importante. Je suis fier d'être Tchèque et de pouvoir défendre les couleurs de mon pays. Les footballeurs tchèques se sont forgés une belle réputation dans le monde entier. Ces deux dernières années, les résultats ont été un peu moins bons mais nous restons très demandés. Le contexte est différent. En club, il faut prester toutes les semaines. On ne peut pas être bon à chaque fois. L'équipe nationale se réunit tous les mois, ou tous les deux mois. On retrouve des compatriotes, des joueurs que l'on ne côtoie pas quotidiennement au sein du club. L'ambiance est particulière, la motivation est présente. Mon père m'a toujours dit : - Tu es Tchèque, tu dois en être fier et tu dois mettre tout ton c£ur à défendre l'honneur de ta patrie ! C'est ce que je m'efforce de faire. Pas vraiment, je n'ai pas consulté le sélectionneur Karol Bruckner sur le bien-fondé de mon choix. Je crois que, si je joue bien, je serai appelé, quel que soit le pays où j'évolue. De toute façon, j'assume mon choix. Petr Cech est un monument. Et puis, le sélectionneur a ses petits protégés, des joueurs qu'il sélectionne régulièrement. Cela existe dans tous les sports et dans tous les pays. Je ne pense pas que les non-sélections de Zitka soient liées au fait qu'il joue à Anderlecht. On était tombé dans un groupe très difficile, avec l'Italie, le Ghana et les Etats-Unis. On n'a pas franchi l'écueil du premier tour et ce fut une déception, mais c'est le passé. Je veux regarder vers l'avenir. On est actuellement deuxième du groupe, derrière l'Allemagne. En septembre, on affronte Saint-Marin, en principe un adversaire abordable, puis on accueille l'Irlande. Ce sont deux matches qu'on devrait gagner. par daniel devos et geert foutre : photos: reporetrs: hamers-mossiat