Y a de ces week-ends qui font qu'on aimerait que les semaines passent plus vite. Qui mettent le doigt là où ça fait du bien. Là où la vie qu'on a est en harmonie avec celle qu'on voulait.
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Y a de ces week-ends qui font qu'on aimerait que les semaines passent plus vite. Qui mettent le doigt là où ça fait du bien. Là où la vie qu'on a est en harmonie avec celle qu'on voulait. Y a 10 jours, ce fut ça pour moi. Un peu de rock'n'roll, un peu de foot. Le tout parfumé avec des senteurs d'amitié. Le pied quoi. Le samedi, direction Paris avec mon pote Thierry. Il m'invite au Zénith pour me replonger dans mon adolescence. Celle des cassettes audio. Celles à bandes qui s'usaient si on les écoutait trop. Si, si, les jeunes, ça a existé. Moi, j'en ai usé une presque tous les soirs. Sur la face B, il y avait Higelin et Téléphone. Toujours là, les dinosaures. Le toujours jeune Jacques et les trois autres. Même s'ils ont changé de nom, il m'est insupportable de les appeler autrement. Le samedi soir, ils m'ont passé un coup de fil (c'est comme ça qu'on disait avant). J'ai répondu : " j'écoute ". J'ai écouté. Ça a vieilli un peu plus vite que mes oreilles mais Respect. Avec un grand R. Et en plus, backstage, les mecs super cools et sympas. Y a pas de doute : en musique comme en foot, ce sont les plus grands les plus sympas. A propos de foot, le lendemain, y avait nos Diables Rouges. Ils nous ont fait rêver d'un autre monde. Celui où le foot peut être beau, conquérant et gagnant... en même temps. Celui dans lequel l'adversaire ne sert qu'à être là. L'instant où il devient un " sparring partner ". Ils nous ont offert un match qui est passé de la compétition à la démonstration. Grosse perf de faire rimer score avec note artistique. Car elle est là, la perf. L'adversaire devient spectateur. Les gentils Estoniens étaient le partenaire de jeu idéal. Propres, aucune traduction de la frustration par de l'agressivité mal placée. On dit toujours qu'il faut être deux pour avoir du spectacle. Encore faut-il avoir la substance pour offrir ce nectar. Les Belges ont eu la substance et le goût. Toutes les saveurs se sont mises au service du plat. Une belle harmonie. Que des solistes collectifs et généreux. Le chef d'orchestre ne dit pas toujours ce qu'il pense mais il pense juste quand il est question de l'essentiel. Le jeu. Le jeu avec ballon. Celui avec les mots, on repassera. Le cas Nainggolan ne rend pas content notre Catalan. Les clopes, les virées et le match qu'il ne fallait pas jouer. Ce match joué contre les jeunes de la Roma, moi je trouve ça très professionnel et pas du tout du foutage de gueule. Jouer avec les Diables un match de compet' ou jouer un match pour retrouver le rythme de la compet', ça n'a rien à voir. Radja a eu une attitude pro sur ce coup-là. Mais bon, ces deux-là, suffit de les regarder pour comprendre. Deux conceptions complètement différentes de la vie. L'un bien propre sur lui. Rien ne dépasse. Gendre idéal qui ne boit jamais une goutte d'alcool. L'autre a la propreté de l'authenticité, où tout dépasse. Même un mégot de temps à autre. Où tout s'exprime cash. Par la peau, les mots et les actes. Et moi, je suis d'accord avec les deux : le coach, qui veut une certaine harmonie des comportements publics et l'autre, qui considère que tant qu'il fait le boulot sur le terrain, il peut être un aboyeur public et faire ce qu'il veut de sa vie. J'aime cette façon de voir. De ne pas calculer, ni les autres, ni la vie. Ni, surtout, sa carrière. Radja gère la sienne comme il veut, c'est lui qui encaissera ou payera à la fin. Je me réjouis déjà qu'il nous offre une tournée de son foot total. Même que Roberto prendra un pot avec nous. Sûr ! La preuve par l'absurde de notre théorie nous est miraculeusement offerte par Timmy Simons. L'anti-Radja. Un comme Martinez les aime. Un qui lui fait ranger son martinet coupeur de crête qui dépasse. Rien ne dépasse chez Simons. En apparence. Parce qu'en profondeur, ça laisse rêveur. Une carrière gravée dans la pierre. Philosophale. Car Timmy est l'alchimie entre le baratin et le concret. Lui, c'est le concret. Le baratin, c'est tout ce qu'on a dit sur lui. Normal, c'est un autre monde, celui où le joueur est plus fort que le produit. PAR FRÉDÉRIC WASEIGE