Czernia s'est FAIT AVOIR une deuxième fois à MALINES

Alex Czerniatynski : C'était une image, bien sûr. Mais c'est vrai que je n'ai pu partir que quelques jours à la Côte parce que la situation de Malines n'était pas encore très claire. Et ce sera pareil cette année puisque je suis à la recherche d'un club. La saison a été un peu mouvementée en ce qui me concerne. Après les résultats obtenus l'an dernier dans les circonstances que l'on connaît, la direction ne pouvait pas me proposer autre chose qu'un nouveau contrat. J'avais demandé deux ou trois ans, afin de pouvoir travailler à moyen terme, on ne m'avait donné qu'un an. J'aurais déjà dû me douter de quelque chose. Après 12 jours, on affirma que je n'avais pas assez d'emprise sur le groupe et on a inversé les rôles : Kanacki est devenu entraîneur et je suis devenu son adjoint. Mon successeur a eu du crédit parce que le club devait faire avec 10 nouveaux joueurs : c'était une excuse ridicule. Je n'ai rien dit parce que c'est dans mon caractère : je ne suis jamais parti de nulle part en claquant la porte, je veux pouvoir regarder les gens dans le blanc des yeux. Je ne crois pas que tout le monde pourra en dire autant à mon égard à Malines. Il y a quelques semaines, le président m'a dit que je redeviendrais entraîneur principal la saison prochaine. Entre-temps, j'ai refusé deux propositions puis il est venu s'excuser en disant qu'il ne pouvait pas me prendre. Malines a engagé Birger Van de Ven, l'adjoint d'Emilio Ferrera au Lierse, p...

Alex Czerniatynski : C'était une image, bien sûr. Mais c'est vrai que je n'ai pu partir que quelques jours à la Côte parce que la situation de Malines n'était pas encore très claire. Et ce sera pareil cette année puisque je suis à la recherche d'un club. La saison a été un peu mouvementée en ce qui me concerne. Après les résultats obtenus l'an dernier dans les circonstances que l'on connaît, la direction ne pouvait pas me proposer autre chose qu'un nouveau contrat. J'avais demandé deux ou trois ans, afin de pouvoir travailler à moyen terme, on ne m'avait donné qu'un an. J'aurais déjà dû me douter de quelque chose. Après 12 jours, on affirma que je n'avais pas assez d'emprise sur le groupe et on a inversé les rôles : Kanacki est devenu entraîneur et je suis devenu son adjoint. Mon successeur a eu du crédit parce que le club devait faire avec 10 nouveaux joueurs : c'était une excuse ridicule. Je n'ai rien dit parce que c'est dans mon caractère : je ne suis jamais parti de nulle part en claquant la porte, je veux pouvoir regarder les gens dans le blanc des yeux. Je ne crois pas que tout le monde pourra en dire autant à mon égard à Malines. Il y a quelques semaines, le président m'a dit que je redeviendrais entraîneur principal la saison prochaine. Entre-temps, j'ai refusé deux propositions puis il est venu s'excuser en disant qu'il ne pouvait pas me prendre. Malines a engagé Birger Van de Ven, l'adjoint d'Emilio Ferrera au Lierse, parce qu'il s'agit d'un jeune entraîneur ambitieux. Ah bon ? Et moi ? Je suis déjà trop vieux alors ? En fait, depuis le début, je ne plais pas à une personne bien déterminée. Cet homme est jaloux de ma popularité, je suppose. On manque de respect à mon égard. La nouvelle direction a fait du bon travail après la faillite : le club est structuré et sain sur le plan financier. Mais on oublie un peu vite que, quand j'ai accepté le défi, il ne restait rien, que la clef du vestiaire. Qui aurait accepté un tel challenge ? Je ne pense pas avoir commis d'autre erreur que celle de trop faire confiance. Mais il y a des personnes incontournables dans un club et moi, je me suis surtout soucié du travail sur le terrain plutôt que des affaires de coulisses. Je suis fier de mon travail. Je reçois encore des coups de fil de joueurs que j'ai côtoyés la saison dernière et venant du Standard. Je suis un peu leur père : je les avais déjà connus en équipes d'âge au Standard et des liens se sont noués. Je crois que je leur ai apporté quelque chose. Malheureusement, beaucoup ne jouent plus et ils ont peur de revoir leurs ambitions à la baisse. Les mentalités ont changé. Moi, j'aurais préféré reculer d'un cran pour jouer. Certains ont pourtant du talent pour jouer en D1. Je ne veux pas citer de noms car on va encore dire que j'ai mes préférés. Pour ma part, j'ai beaucoup appris également et je n'hésiterai pas à retravailler dans un club en difficulté. Je ne crois pas que je pourrais connaître pire qu'à Malines. Jean-Marie Philips : La fancard dans sa forme actuelle mourra de sa belle mort en juin. Elle sera remplacée par une nouvelle, sur cinq ans. Car la loi football n'a pas changé, elle s'est même renforcée. La nouvelle fancard sera distribuée gratuitement et il faudra la présenter avec sa carte d'identité pour acheter un ticket. On ne pourra plus parler d'entrave à la liberté de circulation. Les objectifs de la fancard resteront également les mêmes : identification, compartimentage, limitation du nombre de billets (4 par titulaire en prévente mais, de toute façon, chacun recevra immédiatement une fancard). Actuellement, 350.000 fancards sont en circulation, nous espérons arriver à 450.000 dans un an. Nous ne recevons pratiquement plus de plaintes quant à l'usage de la fancard. Au contraire, les gens se mettent à genou pour en recevoir une le plus vite possible. Mais en Belgique, on s'accroche toujours à ses habitudes au point de refuser tout ce qui est nouveau et peut apporter un confort plus grand encore. J'ai vu que M. Roland Duchâtelet, le nouvel homme fort de St-Trond, voulait toujours supprimer la fancard mais il n'a rien compris au problème. Evidemment, pour un politicien, il est toujours facile de jouer au tribun en lançant des idées pareilles mais s'il veut changer quelque chose, il n'a qu'à convaincre ses collègues parlementaires de supprimer l'arrêté royal sur la billetterie. La nouvelle fancard présentera une avancée technologique : elle devrait se présenter sous forme de mini CD Rom qui permettrait une connexion à Internet. Ce qui a surtout changé par rapport à l'an dernier, c'est la façon dont la justice traite les hooligans. L'approche est beaucoup plus répressive, les condamnations sont plus lourdes et le nombre d'interdictions de stades a augmenté. C'est peut-être dû à la rencontre que votre magazine avait organisée entre l'ex-ministre Duquesne et moi car j'avais eu l'occasion de demander à ce que l'aspect prévention soit renforcé par une plus grande répression... Mais je sais que les tribunaux ne sont pas à la recherche de travail et qu'il a fallu un peu de temps pour que tout se mette en place. Almani Moreira : D'un point de vue professionnel, on est toujours plus heureux quand tout va bien et c'est vrai que le Standard se porte mieux que l'an dernier à pareille époque. Un peu mieux, du moins, car nous pourrions encore être mieux classés et nous sommes toujours dans l'incertitude concernant notre avenir européen. A cet égard, pas besoin de faire un dessin sur l'importance de notre match de samedi prochain à Bruges. Pour ce qui est de mes prestations, je sais que je ne joue pas encore au niveau qui était le mien lors de la première saison. C'est meilleur que l'an dernier, lorsque j'étais complètement dans le trou, mais je sais que je peux faire beaucoup mieux. Je pense que mon premier tour a été de très bonne facture mais le deuxième est moins bon. La différence, c'est qu'il y a 12 mois, tout se jouait dans ma tête. Cette fois, ce sont mes adducteurs et maintenant mon genou qui me font souffrir. Je me suis blessé au retour du stage, en allant rechercher un ballon derrière la balustrade à l'entraînement. J'ai senti quelque chose qui tirait dans ma jambe. J'ai passé tous les examens possibles et imaginables mais on n'a rien décelé. Pourtant, j'ai mal et cela me fait peur : parfois, je n'arrive pas à accélérer. Et surtout : je m'attends à chaque moment à ce que cela craque. De plus, les adversaires ne me ménagent pas et j'ai perdu l'espoir que les arbitres interviennent. Je revois les images de nos matches à la télévision : pratiquement à chaque fois qu'on m'arrête, c'est par une faute. Ce fut encore le cas à Westerlo. Après, on dit que je me laisse tomber et ça m'énerve. Je respecte énormément les arbitres, je tourne ma langue dans ma bouche avant de rouspéter ou de répliquer mais parfois, j'ai envie de hurler. Je ne sais pas si je serai encore au Standard la saison prochaine. Comme Ivica Dragutinovic, j'ai resigné l'an dernier jusqu'en 2006 mais à cette époque de la saison, il y a toujours des approches et les spéculations vont bon train. J'essaye de ne pas accorder d'importance à tout ce que j'entends parce que, quoi qu'il arrive, je veux aider le Standard à atteindre son objectif européen. Patrice Sintzen