Pas de tourisme pour BART GOOR

Le retour aux sources du capitaine de l'équipe nationale ne m'étonne pas. Il n'y a rien à faire : quand on a évolué à l'étranger plusieurs saisons, il y a une sorte de ficelle qui te tire vers la Belgique. On a beau minimiser la valeur de notre championnat, on y revient toujours avec plaisir. Cela c'est pour l'aspect sentimental, nostalgique. Sur un plan purement sportif, Bart Goor pensait qu'après plusieurs saisons difficiles à l'Hertha Berlin, il allait vivre des moments plus grisants à Feyenoord. Il est bien devenu capitaine de l'équipe hollandaise mais il n'y était pas satisfait de son sort. Quand il s'est rendu compte que l'intérêt d'Anderlecht était réel, il ne s'est pas posé beaucoup de questions.
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Le retour aux sources du capitaine de l'équipe nationale ne m'étonne pas. Il n'y a rien à faire : quand on a évolué à l'étranger plusieurs saisons, il y a une sorte de ficelle qui te tire vers la Belgique. On a beau minimiser la valeur de notre championnat, on y revient toujours avec plaisir. Cela c'est pour l'aspect sentimental, nostalgique. Sur un plan purement sportif, Bart Goor pensait qu'après plusieurs saisons difficiles à l'Hertha Berlin, il allait vivre des moments plus grisants à Feyenoord. Il est bien devenu capitaine de l'équipe hollandaise mais il n'y était pas satisfait de son sort. Quand il s'est rendu compte que l'intérêt d'Anderlecht était réel, il ne s'est pas posé beaucoup de questions. Ceci dit, Goor n'a pas forcément choisi la solution de la facilité. Le public attend beaucoup d'un joueur qui revient de l'étranger avec une carte de visite impressionnante. Ce qui est son cas. Même s'il a évolué dans une équipe de bas de classement, il a tenu son rôle dans une compétition exigeante comme la Bundesliga. Le championnat des Pays-Bas n'est pas aussi relevé mais Goor n'a pas démérité dans une formation qui n'a pas été à la hauteur de ses ambitions. Paradoxalement, la pression sera plus grande en Belgique. Goor ne pourra pas jouer au touriste. Alors qu'ils ne le voyaient qu'avec l'équipe nationale, les amateurs belges de football vont le suivre de près. Le médian devra prendre ses responsabilités et prouver qu'il est digne de retrouver sa place chez les Diables après sa suspension, qui va bientôt prendre fin. Quant aux supporters d'Anderlecht, ils attendent beaucoup de lui. Ils n'ont pas oublié que leur équipe a rarement donné l'impression d'être capable de décrocher le titre et n'aimeraient pas qu'elle collectionne cette année aussi les défaites en Ligue des Champions. A condition bien sûr qu'Anderlecht parvienne aux poules... Il ne suffit pas de se dire que l'on tenterait bien une aventure hors frontière. C'est encore plus particulier pour un joueur qui est depuis longtemps dans un club et a fortiori quand tu en es le patron. Steve a prouvé qu'on ne part pas sur un coup de tête. Et dire que le médian mouscronnois ne s'est pas expatrié à l'autre bout du monde ou dans un pays assez différent comme la Turquie. Non, il a mis le cap sur Caen, un club bien, près de chez lui mais après un an, il avait le mal de Mouscron. Quand tu es bien quelque part tu ne dois pas changer. En Belgique, nous avons nos habitudes relax, surtout dans un club familial comme Mouscron. Pour un match de championnat, on monte tranquillement dans le car et quelques heures plus tard on est de retour au point de départ. En France, on doit prendre l'avion et se farcir des mises au vert, qui finissent par lasser. Et la descente en D2 de Caen n'a rien arrangé. J'ai un petit faible pour ce joueur. Oguchi est un super joueur, un travailleur qui ne se prend pas pour une vedette comme tant d'autres alors qu'ils n'ont sorti qu'un bon championnat. Certes, il avait fait une bonne saison à La Louvière mais il est difficile de passer de la RAAL au Standard. Dans le Hainaut, il jouait sans pression, ce qui n'est pas le cas au Standard où on pardonne plus difficilement une erreur. L'Américain a bien fait de monter d'un cran en déposant son sac à Sclessin et de ne pas tenter à tout prix un tout bon transfert. A son âge (23 ans), il a encore le temps de voir venir. Le Standard a bien fait de le garder et le défenseur a prouvé qu'il avait gardé les pieds sur terre en prolongeant son contrat avec le club. Encore une fois, on ne peut pas se dire satisfait après avoir réussi un bon championnat. Ce grand gabarit a encore une belle marge de progression. Depuis, il a d'ailleurs fêté sa première sélection en équipe A des Etats-Unis et il a continué sur sa lancée puisqu'il a été retenu pour la Gold Cup, où il a d'ailleurs inscrit le but amenant son équipe en finale. Je ne pense pas que sa participation à cette compétition, qui lui a fait perdre la préparation avec son équipe de club, devrait lui poser de grands problèmes au moment de se replonger dans la compétition belge. Il est obligé, bien entendu, de passer par là s'il veut participer à la Coupe du Monde l'année prochaine. S'il persévère sur le même rythme, il va vite devenir une bête que l'on va s'arracher à gros prix. Le Limbourgeois a été un des meilleurs joueurs du Standard la saison dernière. Je dois avouer que je ne le connaissais pas bien. Tant à Bruges qu'à Lokeren, il n'a jamais été au-dessus du lot. Le Standard a quand même pris un risque en l'engageant car il ne restait pas sur une grosse saison et il avait connu plusieurs pépins physiques les années précédentes. Il a explosé à Sclessin au point de devenir un pion indispensable de l'équipe. Manifestement, il affiche cette mentalité limbourgeoise qui était de mise lors du grand Standard. Geraerts c'est un vrai Limbourgeois, qui se distingue par son abnégation et son abattage. C'est un travailleur comme on les aime au Standard. Mais le définir comme un Limbourgeois typique et ne retenir que ces seules qualités physiques c'est assez réducteur. Le médian possède une certaine technique, une bonne vision de jeu et, ce qui ne gâche rien, marque un but de temps en temps. Enfin, il a fait preuve de beaucoup de constance. Il n'a jamais été du style à casser la baraque un jour et à passer inaperçu pendant deux ou trois matches. S'il continue sur cette voie et reste simple, il est appelé à devenir Diable Rouge à part entière car il faut relativiser sa sélection lors du match en Serbie & Monténégro. Dante et Toni sont des showmen et des artistes. Leurs supporters adorent leur façon de jouer et leur show et ceux qui les détestent, c'est pour... les mêmes raisons ! Dante a montré l'exemple et son frère fait la même chose. Les frères Brogno ont une étiquette dans le dos et la traîneront encore longtemps. De toute façon, c'est comme dans la vie : dans le monde du spectacle, il y a des jaloux. Dante et Toni constituent les bons exemples de l'adage qui veut " que ce soit en bien ou en mal, tant mieux que l'on parle de moi ". Ils ont raison de prendre les choses comme ils le font car le jour où on ne parlera plus d'eux, c'est qu'ils auront disparu.. On les déteste du côté de Liège mais ce ne sont pas de mauvais garçons. On les siffle aussi. Cela signifie qu'ils ont de la personnalité. Dans ma carrière, j'ai souvent été sifflé mais c'est logique. Quand tu joues au Standard, tu dois t'attendre à être hué à Charleroi, Anderlecht et Bruges. Et puis, cela arrive à des tas de joueurs d'être hués. Quand Aruna Dindane tombait, tout le monde le sifflait. Mais dans des cas comme celui-là, il ne s'agit jamais de cabochards.Propos recueillis par Nicolas Ribaudo