Courtois veut rester proche d'Anderlecht

Alain Courtois :Alin n'a pas rebondi et c'est dommage car j'aimais bien ce garçon. Il a du talent mais il doit comprendre que cela ne suffit pas. Un jour, Michel Platini a dit à Enzo Scifo que, pour être le meilleur, il devait savoir mettre le pied. Stoica a la tête, les idées, il lui manque les jambes pour les mettre en valeur. S'il ne comprend pas que c'est sa dernière chance, il sera trop tard. Pour moi, son caractère de star n'est pas un problème : d'autres ont un caractère difficile et s'imposent. Mais il faut se faire violence. Anderlecht a changé de politique en matière de transferts, notamment grâce à ce centre de formation qui est enfin d'actualité. On constate que des jeunes formés au club arrivent en équipe Première : Vincent Kompany, bien sûr, mais aussi Maarten Martens que j'ai découvert récemment. A première vue, le club n'achètera plus que lorsque ce sera strictement nécessaire. Cela me paraît sage, d'autant que les salaires sont à la baisse un peu partout en Europe. Et ce n'est pas incompatible avec la place de numéro un en Belgique : en Espagne, chaque club aligne cinq ou six joueurs qu'il a lui-même formés. J'espère d'ailleurs que la Ligue Pro finira par obliger les...

Alain Courtois :Alin n'a pas rebondi et c'est dommage car j'aimais bien ce garçon. Il a du talent mais il doit comprendre que cela ne suffit pas. Un jour, Michel Platini a dit à Enzo Scifo que, pour être le meilleur, il devait savoir mettre le pied. Stoica a la tête, les idées, il lui manque les jambes pour les mettre en valeur. S'il ne comprend pas que c'est sa dernière chance, il sera trop tard. Pour moi, son caractère de star n'est pas un problème : d'autres ont un caractère difficile et s'imposent. Mais il faut se faire violence. Anderlecht a changé de politique en matière de transferts, notamment grâce à ce centre de formation qui est enfin d'actualité. On constate que des jeunes formés au club arrivent en équipe Première : Vincent Kompany, bien sûr, mais aussi Maarten Martens que j'ai découvert récemment. A première vue, le club n'achètera plus que lorsque ce sera strictement nécessaire. Cela me paraît sage, d'autant que les salaires sont à la baisse un peu partout en Europe. Et ce n'est pas incompatible avec la place de numéro un en Belgique : en Espagne, chaque club aligne cinq ou six joueurs qu'il a lui-même formés. J'espère d'ailleurs que la Ligue Pro finira par obliger les clubs à en faire autant. Il faudra faire le point à ce sujet après le 11 octobre, avec les pouvoirs publics également. Car on peut se permettre de rater un championnat d'Europe mais pas une coupe du monde. Et puis, il ne faut pas que, comme en Ecosse, le fossé se creuse entre les clubs de pointe et les autres, même dans un championnat à 12. Ce n'est pas parce que je suis aujourd'hui dans la politique que je ne m'intéresse plus au football. J'ai toujours dit que, dans la vie, l'important était d'arriver à l'heure : je ne suis pas arrivé au Sporting au bon moment, mes idées n'étaient pas applicables tout de suite et j'en garde une certaine frustration mais je reste proche du Sporting, et pas seulement d'un point de vue géographique. Parmi ces idées, il y avait l'ajout de Brussels au nom du club, de façon à lui conférer un caractère plus international mais les supporters n'étaient manifestement pas prêts. On en reparlera peut-être après le centenaire, en 2008. En attendant, le Brussels est né sous une autre formule et je suis favorable au plan Vermeersch qui regroupe plusieurs centres de formations de la région bruxelloise. Mais Anderlecht peut porter haut la renommée bruxelloise au niveau international. Olivier Berquemanne : Malheureusement, c'est le propre de tous les clubs qui montent : les joueurs qui l'ont amené à un tel niveau n'en sont pas récompensés mais c'est la loi du milieu. A Heusden-Zolder, il n'y a plus aucun joueur de l'équipe que nous avions affrontée en D3 voici moins de cinq ans. Et on ne peut pas dire que les nouveaux soient la cause de nos malheurs non plus puisque nous avons vécu une bonne saison entre-temps. Bien sûr, l'ambiance est moins festive qu'auparavant mais cela aussi, c'est la D1. Je n'ai aucun regret d'être resté à Mons malgré le fait que je joue beaucoup moins car je suis d'ici, je travaille ici et je suis heureux de participer à la belle aventure. Ce qui me cause le plus de difficultés, c'est la morosité qui s'installe quand on perd. J'ai frôlé la Promotion, notre destin pouvait basculer sur un match et il y avait moins de stress que maintenant. Moustapha Douai a connu la D3 et Thadée Gorniak la D2 : comme moi, ils travaillaient, ils avaient d'autres valeurs qui leur permettaient de relativiser une défaite. J'essaye de faire passer ce message, de tirer le groupe vers l'avant, même si ce n'est pas facile quand on ne joue pas beaucoup. Mais il n'y a pas que les joueurs qui ont changé au club : en dix ans, j'ai connu pas mal de présidents et d'entraîneurs également... Cela m'a permis de me remettre en question, de ne pas m'installer. D'ailleurs, quand il y a un avis à prendre, on se tourne plus facilement vers les anciens de D1 que vers les joueurs du cru. D'un point de vue sportif, on prétend souvent que le départ de Cédric Roussel n'a pas encore été compensé. Mais cela, on ne le saura jamais réellement. C'est sûr que Cédric pouvait transformer la moindre occasion en but : nous gagnions et cela nous donnait le moral pour la suite. Cette fois, notre départ fut plus mauvais, avec trop de buts encaissés au cours des trois premiers matches. Nous avons resserré la vis de ce côté-là mais nous avons toujours joué avec la peur au ventre. Jos Vaessen : Grâce à la Ligue des Champions et à la période des transferts, notre situation financière est en effet en voie d'assainissement. Les dettes qui nous restent sont consécutives à nos investissements. Les recettes de la Ligue des Champions ont été plus importantes que nous l'espérions, d'autant que nous avons reçu un cadeau de 1,3 million d'euros en fin de saison grâce au bénéfice enregistré par l'UEFA. Il y a également les quelques centaines de milliers d'euros rapportés par l'arrivée de Suzuki, une bonne opération de marketing qui aurait toutefois pu être multipliée par cinq si le joueur s'était imposé sportivement. Nous avons clôturé le dernier exercice avec un boni de 5 millions d'euros pour un budget de 24 à 25 millions d'euros. Cette saison, il est de 16 à 17 millions. Nous avons laissé partir des joueurs comme Sonck, Skoko et Dagano mais nous ne sommes pas déforcés pour autant car il n'y a pas que la qualité des joueurs qui compte. Quand je parle de mentalité, je ne fais pas nécessairement référence à celle de chaque individu mais j'avais l'impression que ce groupe qui avait déjà tout gagné n'arrivait plus à se fixer de nouveaux défis. Nos sponsors ne s'y sont pas trompés et ne nous ont pas laissé tomber, au contraire : ils sont plus nombreux que l'an dernier et nous avons déjà des demandes pour la saison prochaine. De là à dire que nous allons boucher rapidement la distance qui nous sépare de Bruges ou d'Anderlecht, il y a un pas que je ne franchirais pas car l'écart est encore trop important. Ce qui est certain, c'est qu'il diminue chaque année.