Alexandre Bryssinck a dû quitter La Louvière pour Maastricht

Alexandre Bryssinck : Dans mon cas, c'est la troisième saison qui a foiré, même si j'ai tout de même encore disputé 20 matches de championnat et 5 de Coupe de Belgique. Je ne m'y attendais pas mais le football est fait de montagnes russes et je sais à présent que rien n'est jamais acquis. Ce qui s'est passé ? Je n'en sais trop rien, à vrai dire. J'ai joué les deux premiers matches de championnat puis j'ai été écarté. Je n'ai pas été bon contre Bruges mais il me semblait avoir été meilleur au Lierse. Par la suite, on m'a sans cesse répété que j'étais en méforme : était-ce le meilleur moyen de me rendre confiance ? La Louvière avait beaucoup de joueurs polyvalents qu'on pouvait déplacer facilement sur le terrain et j'ai toujours été un peu sacrifié. Heureusement, j'ai pu compter sur le soutien de ma petite amie et de mes parents. Cette saison a été très difficile et j'ai dû apprendre à dompter mes émotions, à m'endurcir le c£ur. J'étais évidemment très déçu de ne pas avoir été repris dans le noyau pour la finale de la Coupe mais cela ne m'a pas empêché de faire la fête jusque six heures du matin avec les copains. Après, j'ai eu une longue discussion avec ma mère. Elle m'a demandé si j'étais toujours sûr de vouloir faire ce métier-là, si je n'avais pas envie de reprendre mes études. J'ai répondu qu'il y a des hauts et des bas dans tous les boulots, que personne n'est à l'abri d'un licenciement et que je n'ava...

Alexandre Bryssinck : Dans mon cas, c'est la troisième saison qui a foiré, même si j'ai tout de même encore disputé 20 matches de championnat et 5 de Coupe de Belgique. Je ne m'y attendais pas mais le football est fait de montagnes russes et je sais à présent que rien n'est jamais acquis. Ce qui s'est passé ? Je n'en sais trop rien, à vrai dire. J'ai joué les deux premiers matches de championnat puis j'ai été écarté. Je n'ai pas été bon contre Bruges mais il me semblait avoir été meilleur au Lierse. Par la suite, on m'a sans cesse répété que j'étais en méforme : était-ce le meilleur moyen de me rendre confiance ? La Louvière avait beaucoup de joueurs polyvalents qu'on pouvait déplacer facilement sur le terrain et j'ai toujours été un peu sacrifié. Heureusement, j'ai pu compter sur le soutien de ma petite amie et de mes parents. Cette saison a été très difficile et j'ai dû apprendre à dompter mes émotions, à m'endurcir le c£ur. J'étais évidemment très déçu de ne pas avoir été repris dans le noyau pour la finale de la Coupe mais cela ne m'a pas empêché de faire la fête jusque six heures du matin avec les copains. Après, j'ai eu une longue discussion avec ma mère. Elle m'a demandé si j'étais toujours sûr de vouloir faire ce métier-là, si je n'avais pas envie de reprendre mes études. J'ai répondu qu'il y a des hauts et des bas dans tous les boulots, que personne n'est à l'abri d'un licenciement et que je n'avais pas fait tous ces efforts pour m'arrêter au premier obstacle. Je veux rebondir et je suis très heureux d'avoir signé à MVV. Le club a eu des problèmes financiers mais c'est la première question que j'ai posée et on m'a tout de suite rassuré : un investisseur vient d'injecter trois millions d'euros et la ville participera à la gestion. Sportivement, nous jouerons à quatre derrière. Je préfère car cela me permet de surgir par surprise tandis que, lorsqu'on joue à cinq en défense, l'équipe adverse sait automatiquement que le latéral va monter. Je vais aussi devoir durcir mon jeu. La Louvière défendait beaucoup et je n'ai jamais été un bûcheron. Mais ne croyez pas que ce soit plus facile en Hollande, au contraire : à l'entraînement, on ne siffle jamais faute, même si le type qui arrive en retard sur le ballon lors d'un contrôle orienté laisse traîner le pied. Ce sont des gagneurs, des types cyniques. J'ai déjà retenu la leçon : je vais devoir mettre quelques semelles. Mais pour le reste, l'ambiance est sympa ici. Et puis, c'est l'étranger mais je continuerai à habiter à la Louvière car j'ai besoin de ma famille. Ce n'est qu'à 75 minutes de route, via Liège et Visé. Avec Damien Miceli, un espoir des Loups qui m'a rejoint ici, nous aurons juste un kot où nous pourrons rester les soirs de match. Et comme nous jouons le vendredi soir à domicile, cela me permettra de profiter d'un long week-end. Olivier Suray : Nous avons finalement terminé neuvième. C'est un résultat satisfaisant même si nous avons perdu des points stupides dans les dernières minutes de certains matches importants, juste avant d'aborder la dernière ligne droite. Je reste persuadé qu'avec un tel potentiel, nous aurions pu viser un peu plus haut mais restons les pieds sur terre : neuvième, c'est déjà très bien pour un montant. Contrairement à ce que je pensais, l'intégration des nouveaux et l'adaptation au rythme de la D1 ont eu lieu très vite. Manifestement, les gars qui venaient de D2 avaient envie de montrer qu'on pourrait compter sur eux. Par contre, nous avons parfois accusé la fatigue au deuxième tour. Pour ce qui est des conditions de travail, il est vrai qu'elles n'étaient pas top pour un club de D1 mais on sent l'envie de progresser. Cette année, nous avons eu droit à un très bon stage en Hollande, dans un endroit équivalent à ce que j'avais connu lorsque je jouais à Anderlecht. Et de toute façon, en hiver presque tous les terrains de Belgique sont gelés. Dès lors, l'idéal serait de repartir en stage au soleil. En tout cas, je me sens très bien à Mons, où l'ambiance est excellente. Un des joueurs africains que le club a transféré vient encore de me remercier pour l'accueil que les plus anciens lui ont réservé. Il n'y a donc pas de raison que je n'aille pas au bout de mon contrat, qui court encore sur deux ans si on lève l'option à l'issue de cette saison. Je tiens tout de même à signaler que si j'avais quitté Beveren et La Louvière, c'est parce que mon contrat était manifestement trop lourd pour ces clubs qui avaient des problèmes financiers. Je n'ai jamais été en conflit avec les entraîneurs. J'avais dit que La Louvière avait conservé une bonne ossature et je ne m'étais pas trompé. Le club a un peu trinqué en championnat mais c'est normal quand on joue défensivement car il est difficile de changer de tactique en cours de match si on prend un but. En coupe, par contre, ce système a porté chance et les Loups étaient clairement meilleurs le jour de la finale. Pour le reste, par rapport à il y a un an, j'ai quitté le poste de directeur sportif que j'occupais à Châtelet car je ne m'attendais pas à y rencontrer autant de problèmes. J'étais venu comme bénévole, pour faire plaisir à un ami, mais j'ai constaté qu'il était difficile d'obtenir ne serait-ce qu'un minimum de conditions, bien souvent parce les gens s'en f... un peu. Et comme ma femme a repris un restaurant, je m'occupe encore un peu plus des enfants ". Claude Bakadal : Bien que la poisse a continué à me poursuivre, je ne regrette toujours rien. C'est vrai qu'il y a eu beaucoup de blessés à Mouscron mais je ne crois pas qu'on puisse incriminer le staff médical. J'ai souffert de pubalgie et d'une déchirure du ligament latéral. Ce sont des accidents qui auraient pu arriver à d'autres. Ce n'est pas moi qui vais rejeter la faute sur qui que ce soit. Il est vrai qu'on travaille plus dur physiquement en Belgique qu'en France mais je ne vais pas non plus dire que la charge de travail était trop élevée. Et je n'en veux pas aux entraîneurs non plus : Staelens m'avait fait confiance mais j'ai été blessé. Et si le deuxième tour a été plus mauvais que le premier, c'est davantage la faute des joueurs que celle de l'entraîneur. Mouscron a une équipe jeune, il faut lui laisser le temps mais les ambitions étaient assez élevées et il faut bien dire que nous n'avons pas répondu à l'attente au deuxième tour puisque nous n'avons remporté que quelques matches. Les critiques étaient donc justifiées. Pour ma part, je suis assez fataliste : j'avais été épargné par les blessures jusqu'ici mais il fallait bien que cela m'arrive un jour. Malheureusement, c'est arrivé à Mouscron, où j'ai pourtant pu prouver en quelques matches que je ne devais craindre la concurrence de personne. Sportivement, ce fut la galère à cause des blessures mais humainement, j'ai passé trois bonnes saisons . Mon contrat n'a pas été prolongé et je n'en veux à personne : nous n'en avons même pas discuté. J'attendais qu'ils viennent vers moi, ils ne l'ont pas fait : on se quitte donc en bons termes. Actuellement, je n'ai toujours rien. On m'a parlé de Strombeek mais je sais à peine où ça se trouve et je pense que mon avenir se situe plutôt en France. Patrice Sintzen