Après le purgatoire à Sclessin, David Brocken a connu l'enfer à Lommel

David Brocken : Jamais je n'aurais cru ça.... On peut dire que j'ai eu la poisse. A Lommel, j'ai retrouvé mon football mais j'ai été accablé de soucis bien plus grands qu'au Standard. En octobre, le médecin de l'équipe nous a dit que Lommel avait une dette d'un million d'euros mais ça ne m'a pas interpellé : ce n'était pas insurmontable pour un club de D1. En fait, ce fut le début de la fin. A partir de décembre, les paiements ont pris du retard, avec les conséquences qu'on sait. La précarité financière vous ronge. Ça ne quitte plus votre esprit.
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David Brocken : Jamais je n'aurais cru ça.... On peut dire que j'ai eu la poisse. A Lommel, j'ai retrouvé mon football mais j'ai été accablé de soucis bien plus grands qu'au Standard. En octobre, le médecin de l'équipe nous a dit que Lommel avait une dette d'un million d'euros mais ça ne m'a pas interpellé : ce n'était pas insurmontable pour un club de D1. En fait, ce fut le début de la fin. A partir de décembre, les paiements ont pris du retard, avec les conséquences qu'on sait. La précarité financière vous ronge. Ça ne quitte plus votre esprit. Actuellement, je n'ai pas de club. J'ai eu des contacts avec plusieurs équipes mais le problème est récurrent : tous les clubs ont des noyaux trop larges et doivent les amincir avant d'approfondir les discussions. Je suis donc contraint de patienter, sans la moindre certitude. Partout en Europe, les clubs pâtissent de la récession économique. Je suis d'un naturel optimiste. Je pars du principe qu'il faut regarder devant soi. Pourtant, je crains le pire pour le football belge. Je ne serais pas étonné si, l'année prochaine, deux ou trois clubs tombaient en faillite. Ceux qui ont eu des problèmes pour obtenir leur licence au printemps, dites-vous ? Oui. L'UB et la Ligue Pro ne font évidemment rien pour protéger les joueurs. Si je ne trouve pas de club de D1, je suis prêt à évoluer à un niveau inférieur : D2, D3, et même Promotion. J'ai 32 ans. Je suis évidemment triste de la tournure prise par ma carrière mais je suis aussi passionné de photographie. J'ai déjà fait quelques mariages. Jusqu'à présent, c'était difficile à combiner avec le football, puisque la plupart des fêtes ont lieu le samedi, mais si je dois jouer à un niveau moindre, je pourrai envisager d'ouvrir un commerce. Je peux couvrir des fêtes, faire des photos de studio, travailler dans la communication, etc ". Après avoir annoncé votre engagement comme coach à Charleroi, vous disiez : " Ceux qui affirment que je n'ai pas la carrure pour être entraîneur de D1 se trompent... autant que ceux qui prétendent que je suis l'homme de la situation. On me jugera sur le terrain ". Etienne Delangre : Ça n'a pas changé. Il est impossible de dire si un entraîneur est compétent quand on ne l'a laissé travailler sur le terrain que trois mois en championnat. J'ai été sacrifié pour une série de raisons, dont le manque de résultats, certainement, mais il y a tout le reste. Le noyau était trop étriqué, beaucoup trop d'erreurs individuelles ont sanctionné l'équipe, des erreurs qui ont disparu au second tour, grâce aux renforts. Je ne regrette pas d'avoir relevé ce challenge mais je suis déçu car Charleroi était facile à sauver, dans la mesure où deux équipes étaient condamnées, à cause de leurs problèmes financiers. Les cartes étaient faussées dès que j'ai signé mon contrat : les promesses faites n'ont jamais été tenues. On ne m'a pas demandé mon avis avant de transférer Aliaj, par exemple, et le Sporting n'a renforcé le noyau qu'après mon départ, avec Boeka puis les trois autres. Actuellement, j'ai deux occupations. J'entraîne Sprimont, un club de D3 très sérieux, qui respecte ses engagements et qui est bien structuré. D'ailleurs, ses Juniors provinciaux viennent d'être sacrés champions de Belgique. En huit ans, ce club est monté de dix divisions. Il doit maintenant se stabiliser en D3. Nous voulons vivre une saison sans tracas. Le reste serait un bonus. Endéans les trois ans, nous voulons rejoindre la D2. Nous nous entraînons en soirée mais je travaille également en journée, plus spécifiquement avec des joueurs qui n'ont pas d'emploi. A la rentrée scolaire, je vais donner cours de football dans un sport-études, à l'Institut technique supérieur de Woluwe-St-Pierre, à raison de huit heures par semaine. Ce travail s'annonce passionnant. L'Institut dispose d'un fantastique outil de travail : un terrain synthétique, un hall omnisports... Rien ne manque. En plus, les élèves ne devront jamais se déplacer, puisque tout est dans l'enceinte de l'école. Je les retrouverai quatre fois par semaine, lors des deux dernières heures de la matinée. Je collaborerai avec Guy Delange, licencié en éducation physique et détenteur du diplôme d'entraîneur A. Nous travaillerons surtout sur le terrain : technique, coordination de course, préparation physique, mais nous leur inculquerons aussi des règles d'hygiène de vie. Les joueurs doivent être affiliés à un club. Nous n'acceptons que 20 élèves. Nous avons déjà reçu 15 demandes. Nous allons effectuer un test d'admission fin juin, début juillet. Ce test sera basé sur la technique, afin d'assurer une certaine homogénéité au groupe ". Jean-Claude Verbist : Heureusement que les recettes ont dépassé nos espoirs car les dépenses ont été plus lourdes que prévu : notre budget a atteint quatre millions d'euros, grosso modo. Nous l'avons bouclé sans problème, puisque l'exploitation de la saison nous laisse un petit bonus de 300.000 euros. Mons attend cette semaine le règlement d'un litige qui remonte à six ou sept ans, bien avant mon arrivée. Si nous gagnons, nous conserverons le bonus. L'augmentation des recettes est liée d'une part aux quatre matches de Canal +, que nous n'avions pas budgétisés, et à de meilleures rentrées de sponsoring. En D2, des administrateurs s'occupaient bénévolement de la recherche de sponsors, en plus de leurs autres activités. En automne, nous avons mis sur place une structure de trois personnes, jeunes, à temps plein. Nous avons vu la différence ! La rénovation du stade est en cours, comme nous l'avions annoncé il y a un an. A la fin du championnat, la tribune située en face des places assises a été démolie et on a commencé le gros oeuvre. Tout va changer, à part la pelouse ! Lorsque ce qui deviendra la tribune 1 sera terminé, nous entamerons la construction de tribunes derrière les deux buts pour obtenir une structure en U d'une capacité totale de 8.000 places, avant le début du championnat 2005. La Ville respecte ses engagements. Sportivement, je suis évidemment enchanté de notre saison. L'engagement de Marc Grosjean est un succès. Mons a assuré son maintien dès février et a vécu les trois derniers mois du championnat à l'aise, pour terminer dans la première partie du tableau. Nous espérons rester dans ces parages pendant deux ans. Ensuite, nous disposerons d'un meilleur outil, qui devrait générer plus de recettes, et à ce moment-là, nous pourrons viser plus haut. "