Geert De Vlieger: un transfert toujours plus problématique
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Geert De Vlieger: un transfert toujours plus problématiqueA quelques semaines de la Coupe du Monde, vous aviez dit: "Si un club me fait une offre plus intéressante que Willem II, c'est le moment idéal pour partir. Le club sait qu'avec le Mondial, il a la possibilité de gagner de l'argent grâce à mon transfert. Evidemment, un joueur n'est pas maître de son sort. Un tournoi réussi m'aiderait. Enfin, est-ce que tout doit dépendre de ces trois, quatre ou cinq matches? Je pense que les gens me connaissent, grâce aux 15 rencontres disputées: qualifications et matches amicaux compris "."Aujourd'hui, je suis toujours à Willem II, où il me reste un an de contrat, et je dois bien avouer que je suis un peu déçu. A l'époque, il y avait un peu d'intérêt pour ma personne, notamment de la part du Standard, mais le club hollandais a demandé trop d'argent et le marché est rapidement tombé à l'eau. Aujourd'hui, la situation est encore moins favorable: je ne pense pas que cela va beaucoup bouger car l'argent ne circule plus. Willem II a sans doute besoin d'argent, comme tout le monde. Je pense qu'il serait prêt à me vendre à tout prix maintenant plutôt que tout perdre dans un an mais, même comme cela, les clubs ne sont pas intéressés car ils préfèrent spéculer à la baisse, attendre qu'on leur offre un joueur dont on veut se débarrasser du salaire. Peut-être que les choses bougeront en juillet mais, pour le moment, seuls les joueurs en fin de contrat signent ailleurs. Il n'y a pas de grand tournoi cette année et j'espère que la Belgique réussira à se qualifier pour l'EURO 2004 car le contraire serait un drame pour tout le monde, pas seulement pour moi. On répète qu'il n'y a plus beaucoup de grands gardiens belges mais je pense tout de même que les clubs analysent désormais chaque portier au cas par cas, sans tenir compte de sa nationalité. Et pour ma part, je n'ai aucune priorité non plus, que ce soit en Belgique ou ailleurs. Je considérerai chaque offre. Anderlecht s'est débarrassé de deux de ses six gardiens? C'est bien mais cela ne me concerne pas dans l'immédiat, il est donc insensé d'en parler ".Francky Vandendriessche n'est pas le nouveau Théo CustersMouscron venait de se qualifier pour la finale de la Coupe de Belgique, vous étiez petit à petit considéré comme le troisième gardien belge, ce qui allait se traduire par une place dans le noyau des Diables. Tout vous réussissait, vous aviez arrêté quatre penalties sur cinq et parliez d'un truc. Voici peu, en Croatie, tout s'est écroulé et vous avez été désigné comme responsable de la défaite de l'équipe nationale."C'est un épisode que j'ai très mal vécu. Il m'a fallu deux bonnes semaines pour faire une croix dessus et si je m'en suis sorti, je le dois avant tout à ma femme, mes parents et aussi au groupe de joueurs de Mouscron, qui s'est montré formidable à mon égard. Tout a été mieux aussi lorsque les journaux et la télévision ont cessé d'en parler. Je n'arrivais plus à me concentrer. On m'a demandé si je ne craignais pas d'être le nouveau Théo Custers mais je ne pense pas. D'abord, j'ai encore un contrat de deux ans avec Mouscron. A ce moment-là, j'aurai déjà 34 ans et demi. Que pourrait-il encore m'arriver? Je ne pense même pas aussi loin. Après deux opérations au genou telles que celles que j'ai subies, on apprend à relativiser, à vivre au jour le jour. Si c'était arrivé à un gamin de 21 ans, ce serait une petite catastrophe. Mais plus à mon âge. J'ai eu la malchance de faire mes débuts en Croatie, un adversaire très difficile, et de prendre le premier but de ma faute. Et malheureusement, en équipe nationale, la chance ne passe qu'une fois. Je ne sais pas si on me sélectionnera encore un jour après cela mais si c'est le cas, j'irai. Je ne vois pas pourquoi je devrais jeter l'éponge moi-même: je me soigne, je suis professionnel, je n'ai rien à me reprocher de ce côté-là. On a dit que c'était une erreur de sélectionner un type qui avait déjà encaissé 50 buts dans son club mais c'est toujours facile après coup. Si on savait d'avance tout ce qui peut se produire, on prendrait toujours les bonnes décisions. Et je ne pense pas que c'était une explication valable. Evidemment, c'est vrai qu'au niveau de la confiance, je suis moins bien cette saison qu'il y a un an. Mais je n'allais quand même pas refuser une sélection parce que Mouscron tourne moins bien. La saison dernière, nous avions pris un mauvais départ et nous avions bien terminé. Cette fois, c'est l'inverse. Deux victoires au deuxième tour, c'est beaucoup trop peu et cela prouve que nous manquons de caractère. Pour un gardien, il n'est pas facile d'être régulier dans ces cas-là. J'en ai déjà parlé avec des confrères. Mais notre équipe est fort jeune et s'est mise à paniquer lorsque nous avons entamé le second tour sans attaquant et que nous avons été mis sous pression. Je ne pense pas que les rumeurs de départ du président aient joué un rôle. D'ailleurs, il ne partira pas, il nous l'a encore confirmé mercredi dernier ".Manu Karagiannis attend le mois de septembreLa Louvière avait décidé de ne plus vous aligner afin que vous n'atteigniez pas les 25 matches qui auraient automatiquement renouvelé votre contrat. On vous avait proposé d'abandonner cette clause mais vous aviez refusé: "Je n'ai pas besoin de cela". Aujourd'hui, vous terminez votre carrière en D2, dans un club qui lutte pour son maintien. Avez-vous des regrets?"D'abord, je ne termine pas ma carrière. Si j'ai des regrets, c'est parce que je m'estimais encore capable de jouer un an en D1. Mais après être resté deux mois sans rien faire, j'ai accepté le défi que me proposait mon tout premier club, Maasmechelen. Là, ce sont les sentiments qui ont joué car je savais qu'il faudrait faire avec les moyens du bord. Je pense quand même que je serai toujours là la saison prochaine. Et en D2 car les problèmes de Malines et Lommel nous permettront de disputer au pire les barrages. Et si Liège n'obtient pas sa licence non plus, nous serons sauvés. Ce qui sera une bonne chose car les jeunes auront encore un an de plus pour mûrir et le club a l'intention d'acquérir un ou deux joueurs supplémentaires. C'est surtout cette maturité qui nous a fait défaut cette saison. Le manque d'expérience nous a coûté de nombreux points et nous méritons mieux que notre classement. Je savais que ce serait difficile mais c'était aussi très excitant. C'est en septembre que le tribunal de Mons se prononcera sur la teneur de la clause de mon contrat à La Louvière. Elle fait état de 25 rencontres, sans préciser s'il s'agit de championnat uniquement. Pour moi, la Coupe et les matches amicaux comptent donc également. Et là, on a dépassé les 25. Je suis désolé d'en être arrivé là mais, si les clubs ne respectent plus les contrats, le tribunal est le seul moyen de leur faire entendre raison. D'un côté, La Louvière se plaint que Proto fasse appel à la loi de 1978 pour rompre son engagement mais de l'autre, le club essaye d'user d'artifices pour casser le mien. Tous les clubs ont le droit de ne plus vouloir des vieux joueurs mais, à partir du moment où ils leur offrent un contrat, qu'ils le respectent. Car moi, je n'ai rien demandé. J'avais presque 34 ans lorsque j'ai discuté avec La Louvière. D'abord sur base d'un contrat de deux ans puis on m'a proposé un plus un, si j'atteignais le total de 25 matches. Comme je voulais savoir comment mon corps allait réagir, j'ai accepté le marché. Le fait que La Louvière continue à gagner sans moi lui donne sans doute raison sur le plan sportifet j'en suis très content pour des gens comme Ariel Jacobs. Mais avoir raison sur le terrain est une chose et respecter ses engagements en est une autre: on verra devant le tribunal qui rigole encore ". Patrice Sintzen