Walem est sûr que la stabilité payera
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Walem est sûr que la stabilité payeraJohan Walem: C'était après le match de coupe de Belgique à Genk. A l'époque, nous gagnions tout à domicile mais nous ne nous étions pas encore imposés en déplacement. Parce que nous n'étions pas suffisamment conquérants, nous nous contentions d'un point alors qu'avec son potentiel offensif, le Standard doit revendiquer presque chaque fois la victoire. Vous aviez dit: "L'élimination européenne a été vite digérée, trop vite peut-être. Ces matches contre Bordeaux ont prouvé que le Standard devait encore pas mal grandir.En ne bouleversant plus son noyau".La saison dernière a démontré nos capacités mais aussi nos lacunes. Et malheureusement, nous n'en avons pas tiré les leçons. Nous nous sommes sans doute dit que, cette fois, ce serait plus facile et nous avons été emportés par la spirale des circonstances (penalty raté contre Mouscron, défaites malgré de bons matches contre Anderlecht et Bruges...) et du manque de réalisme. Cette fois, pourtant, le noyau n'avait pas été chamboulé. Nous avions juste un nouvel entraîneur qui devait nous apporter beaucoup. Sur ce coup-là, je me suis peut-être trompé mais il n'en reste pas moins que je préfère travailler dans la stabilité et je reste convaincu que cela finira par porter ses fruits, quel que soit le temps que cela prendra.Vous aviez dit: "Mes problèmes avec la presse flamande ne datent pas d'hier". Je l'avoue, c'est en bonne partie pour cela que j'ai quitté l'équipe nationale mais également pour me consacrer entièrement à mon club. Il y a un an, j'étais partant certain pour la Coupe du Monde. Quelques mois plus tard, tout a encore été remis en cause, au point que je me suis dit qu'il faudrait faire gaffe de ne pas la rater. J'ai ramé mais ce combat-là, je peux dire que je l'ai gagné. Après le match contre le Brésil, un journaliste flamand m'a tendu la main alors qu'on ne s'était jamais parlé et qu'il avait toujours été plutôt hostile à mon égard. Je tenais à partir sur une bonne note.Vous aviez dit: "Je ne voudrais pas lancer une polémique Vermant-Walem".Vermant, lui, n'a pas hésité à le faire. Il a profité de mes problèmes avec la presse flamande et des résultats moyens des premiers matches au Japon pour revendiquer sa place et cela a créé une tension dont nous n'avions vraiment pas besoin à ce moment-là. C'est son style, pas le mien. Et tout cela parce qu'il avait bien joué une mi-temps contre l'Algérie. Trois jours plus tard, toute l'équipe avait fait quelque chose de très bien en France mais je ne m'en étais pas spécialement vanté. Ceci dit, je n'ai pas quitté l'équipe nationale à cause de Vermant. Seulement, maintenant, la place est libre et celui qui l'a veut n'a qu'à tout faire pour la saisir. Et Vermant doit bien se dire qu'il n'y a pas que lui. J'ai de bien meilleurs rapports avec Walter Baseggio, qui est en train de prouver qu'il est aussi fort que lui.Ferrera trouve que rater des goals est bon signeEmilio Ferrera: Mais le RWDM a été éliminé. Décidément, quel que soit le club que j'entraîne, cela devient un rituel: nous héritons d'un adversaire assez facile au premier tour avant de tomber sur un plus gros morceau dès le deuxième tour. Et toujours en déplacement. Avec Beveren, j'avais dû me rendre à Westerlo, qui allait gagner la Coupe un peu plus tard. Avec le RWDM, ce fut Mouscron, qui arriva en finale. Et maintenant, avec le Lierse, nous allons à St-Trond. Je pronostique donc d'ores et déjà que le vainqueur de ce duel disputera la finale dans quelques mois. Vous aviez dit: "Genk s'appuie sur un schéma précis, un 4-4-2 avec un onze de base quasi immuable. Genk utilise toute la géométrie du terrain, ses joueurs sont très écartés les uns des autres, ce qui leur permet de surgir entre les lignes et d'obliger l'adversaire à passer par un axe central qui fonctionne comme celui de Manchester United: il n'y a pas un récupérateur et un passeur mais deux joueurs, Skoko et Thijs, qui font les deux en même temps". Le style de jeu de Genk est toujours reconnaissable avec cette occupation maximale du terrain, que ce soit en largeur ou en profondeur, et Sonck qui décroche énormément. Au milieu, Skoko et Thijs sont toujours chargés d'approvisionner leurs partenaires en ballons et je note aussi que le gardien ne dégage pratiquement jamais. Genk a été champion avec ce système, il n'avait donc aucune raison de changer. Cette fois, il est cependant confronté à deux phénomènes qu'il ne connaissait guère l'an dernier: d'abord celui des blessures, surtout dans sa ligne d'attaque (à Bruges, il a tout de même été amené à jouer à la fois sans Sonck et sans Dagano, ce qui n'est pas rien); et puis, quand on a été champion, il y a toujours plus de susceptibilités. Ceux qui n'étaient que réservistes la bouclaient quand ça marchait. Aujourd'hui, ils revendiquent davantage puisque l'équipe marche un peu moins bien. C'est une question de gestion de groupe. Je ne suis cependant pas d'accord quand on dit que le système de jeu de Genk a montré ses limites au plan européen. Pour moi, l'équipe n'a été balayée qu'à Madrid et elle a gagné en puissance au gré de ses matches en Ligue des Champions. Elle a tout de même tenu la dragée haute à la Roma, contre qui elle aurait mérité de gagner un match. C'est vrai que Genk n'a pas beaucoup marqué mais il a beaucoup raté, à l'image de Dagano contre les Italiens. Et c'est tout de même moins inquiétant que de ne pas se créer d'occasion.Remacle n'a aucune peine à se critiquerGauthier Remacle: Il est possible que je rejoue occasionnellement dans l'entrejeu mais je me sens bien à droite. J'y ai trouvé mes marques et c'est finalement logique car c'est à cette place que j'ai disputé le plus de rencontres, tant au Standard qu'à Charleroi. Même si j'ai vu, à un moment donné, que j'avais la possibilité d'évoluer comme médian défensif. Personnellement, je ne suis pas mécontent de mon début de championnat puisque j'ai presque tout joué mais c'est secondaire, vu les résultats. Vous aviez dit: "Je reste ouvert à toute proposition. S'il y a moyen de progresser sportivement et de mieux gagner ma vie, pourquoi pas. J'ai passé un test à Sheffield Utd et l'attrait de l'Angleterre reste présent mais je ne cherche plus absolument à partir. Ma situation a Charleroi a évolué favorablement".A un certain moment, j'ai cherché à quitter Charleroi par tous les moyens car mon avenir y était bouché, Enzo ne me faisant pas confiance. Maintenant, je me sens à nouveau bien puisque je joue. Et il serait trop facile d'essayer de partir à tout prix parce qu'il y a des problèmes. Je n'ai que 25 ans, je veux d'abord essayer d'aider l'équipe à sortir de ce mauvais pas.Vous aviez dit: "En cas de défaite, il faut se dire qu'on fait partie du groupe, qu'on est responsable. Il y a de la qualité dans le noyau mais on n'a pas toujours trouvé la volonté nécessaire. Former un véritable groupe me semble indispensable également. Il n'y a pas toujours cette envie de se battre l'un pour l'autre, cette foi qui renverse les montagnes".C'est dangereux, votre truc. On ne peut pas toujours dire tout ce qu'on pense ( Il rit). Pour ce qui est de la qualité, il est évident que les départs de Rojas, Pivaljevic ou Camus constituent autant de pertes mais le club a tout de même acquis des joueurs comme Kargbo ou Kolotilko, qui étaient pointés comme de bons transferts. Je ne dis pas qu'il ne nous manque pas encore quelqu'un, un joueur expérimenté, une personnalité au milieu du terrain car nous sommes trop naïfs. Comme l'an dernier, je pense que c'est surtout au niveau de la cohésion que nous devons progresser. Nous avons démontré contre Genk, Bruges ou le Standard que nous étions capables de livrer quelques bonnes parties de match. Nous ne formons toujours pas assez un groupe. Dans certaines rencontres, nous n'étions pas suffisamment unis. Ce n'est en principe pas à moi de faire ce genre de constatation mais je pense que tout le monde a pu le voir et je n'ai aucune peine à m'inclure dans la critique. Patrice Sintzen