Wuillot soutient-il pas sa direction?
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Wuillot soutient-il pas sa direction?Laurent Wuillot: C'est marrant: il y a une semaine, j'ai été appelé par la direction, qui m'a justement reproché de ne jamais la soutenir et de ne jamais défendre le club dans les médias. J'ai alors reparlé de cette interview que j'avais donnée il y a un an. Les dirigeants ne s'en souvenaient apparemment pas. Je confirme que j'avais été admirablement soutenu après ma fracture de la jambe. Roger Henrotay et Luciano D'Onofrio m'avaient envoyé à Chypre aux frais du club. Sans eux, je ne rejouerais peut-être pas en D1. Je n'aurais en tout cas pas rejoué au Standard. Quand le club est correct, je le dis. Quand il ne l'est pas, je n'ai pas peur non plus de le signaler. Depuis ces événements, j'ai effectivement l'impression d'avoir été beaucoup moins soutenu. Mais bon, ce sont les aléas d'un club de foot. Les joueurs constituent des priorités quand ils sont susceptibles de renforcer l'équipe Première, mais on ne s'intéresse plus à eux et on leur cherche toutes les noises possibles et imaginables quand on estime qu'ils ne peuvent plus rien apporter. Il n'y a pas qu'au Standard qu'on observe ce phénomène. Aujourd'hui, on ne m'a toujours pas dit ouvertement que mon avenir n'était plus ici, mais je l'ai bien compris.Jestrovic a perdu assez de tempsNenad Jestrovic: Je ne suis toujours pas en ordre physiquement. Et je ne le serai pas aussi longtemps qu'on n'aura pas enlevé les vis qui ont servi à la consolidation de mon péroné. On n'efface pas comme ça les séquelles de huit mois d'indisponibilité. C'était une blessure chiante... Il me reste six matches pour sauver ma saison et pour que les gens ne considèrent pas que la première année de Jestrovic à Anderlecht a été un échec total. On m'enlèvera mes vis dès la fin du championnat et je pourrai suivre une campagne de préparation tout à fait normale. Le fait de ne pas avoir pu travailler avec le groupe l'été dernier a miné tout mon championnat. Je suis sûr et certain qu'on reverra le vrai Jestrovic la saison prochaine. Psychologiquement, ce fut difficile à vivre. Quand un buteur ne marque pas, il est malheureux. En plus, les arbitres m'ont annulé deux buts en huit jours: contre Lommel et à Charleroi. Dans les deux cas, je n'étais pas hors-jeu. C'était comme si la sorcière avait décidé de s'acharner sur moi jusqu'au bout.Schepens s'est disputé avec Remy comme avec tous les autres!Gunther Schepens: Il s'est tout naturellement ajouté à la liste (il rit). Pourquoi je me bagarre comme ça avec tous mes coaches? Sans doute parce que j'ai beaucoup de personnalité. Je dis toujours ce que je pense, et bien souvent, ça ne plaît pas. Je n'étais pas d'accord avec Patrick Remy concernant la façon dont il nous faisait jouer. Il avait des idées trop défensives. Mais bon, il avait raison pendant tout le premier tour, puisque nous faisions de bons résultats. Cela ne m'avait pas empêché de donner mon avis. J'estimais que je devais le faire, en tant que capitaine. Je ne faisais que répercuter l'opinion de tout le noyau. Remy s'est senti attaqué et il a réagi en m'enlevant le brassard. Pour moi, ce n'était pas un problème. Je constate que, depuis son départ, l'ambiance est bien meilleure dans le groupe. Nous n'avons pas encore pris beaucoup de points avec Herman Vermeulen, mais nous travaillons dans une atmosphère plus sereine et c'est important aussi. Le limogeage de Remy nous a complètement libérés. Pister ne regrette pas MonsThierry Pister: Quitter Mons, c'est un choix que j'ai fait. N'importe quel entraîneur fait des erreurs. J'en ai fait, j'en fais encore et j'en ferai encore à l'avenir. Je confirme en tout cas ce que je disais il y a un an: je dois énormément à ce club. Avant moi, il changeait d'entraîneur chaque année. J'ai pu y rester près de quatre ans et ce fut une excellente école pour un coach débutant comme moi. J'avais toujours dit que j'y travaillerais au maximum cinq saisons. Je faisais 270 km par jour, et comme le noyau n'était pas pro, certains entraînements débutaient à 17 heures. Je ne rentrais pas chez moi avant 21 heures et on ne résiste pas une éternité à ce rythme. Je tiens à avoir aussi une vie privée. Je n'ai pas l'impression d'avoir abandonné la proie pour l'ombre en quittant Mons pour Beveren. D'abord parce que mon club actuel garde encore une chance -minime- de se maintenir en D1. Rien ne dit que nous ne réussirons pas un dernier sprint victorieux. Ensuite parce que je travaille maintenant dans un environnement réellement professionnel que je n'avais pas à Mons. Nous avons des infrastructures magnifiques et j'ai donc fait un pas en avant. Sur un plan purement sportif, l'avenir montrera peut-être que j'ai reculé, puisque Beveren pourrait chuter en D2 tandis que Mons a de très grandes chances de remporter le tour final. Mais je ne vis pas avec des regrets. Je ne sais pas si je resterai à Beveren en D2. Je suis en tout cas prêt à rendre aux dirigeants la confiance qu'ils m'ont témoignée en me permettant de débuter en première division.Pierre Danvoye,"Quand le Standard est correct, je le dis" (Wuillot)"En plus, on m'annule des buts valables" (Jestrovic)"Le limogeage de Remy nous a complètement libérés" (Schepens)"J'ai peut-être fait un pas en arrière" (Pister)