ZORAN BAN aurait dû aller chez un astrologue

C'était la première fois que j'entendais une chose pareille. J'exclus évidemment les blessures graves ou la fin prématurée d'une carrière suite à l'agression d'un adversaire. Ça, c'est de la malchance purement et simplement. C'est clair qu'il faut de la chance pour réussir une carrière mais certainement pas dans les proportions avancées par Zoran Ban. Je pencherais plus pour une recette composée à 25 % de chance, 50 % de talent et 25 % de travail. Si ces doses sont approximatives, je pense que quand on prétend que la chance intervient à plus de 90 % dans une carrière, c'est que l'on cherche des excuses. Le joueur croate essaye ainsi de justifier un certain nombre d'erreurs commises et le fait qu'il n'ait pas été à la hauteur de ce que l'on attendait de lui. Il résumait peut-être ainsi la suite de sa carrière.
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C'était la première fois que j'entendais une chose pareille. J'exclus évidemment les blessures graves ou la fin prématurée d'une carrière suite à l'agression d'un adversaire. Ça, c'est de la malchance purement et simplement. C'est clair qu'il faut de la chance pour réussir une carrière mais certainement pas dans les proportions avancées par Zoran Ban. Je pencherais plus pour une recette composée à 25 % de chance, 50 % de talent et 25 % de travail. Si ces doses sont approximatives, je pense que quand on prétend que la chance intervient à plus de 90 % dans une carrière, c'est que l'on cherche des excuses. Le joueur croate essaye ainsi de justifier un certain nombre d'erreurs commises et le fait qu'il n'ait pas été à la hauteur de ce que l'on attendait de lui. Il résumait peut-être ainsi la suite de sa carrière. La chance peut intervenir à 90 % sur deux ou trois matches mais certainement pas sur une carrière. Je n'admets pas qu'un attaquant qui joue 34 matches et qui ne marque pas se contente de dire que ce sont les autres qui ne savent pas jouer. Dans le cas de Ban, comme dans tant d'autres que je vis encore au quotidien, c'est trop facile de prétendre que c'est la faute des autres et qu'ils sont mauvais. Sans compter que la chance, il faut pouvoir la forcer. De toute façon, le talent sans travail ne mène pas loin tout comme le travail sans talent. La trajectoire est simple : il faut posséder des qualités innées et les améliorer. Maintenant, soyons sérieux, si c'était vrai que la chance était aussi importante, il suffirait d'envoyer tous les jeunes joueurs chez un astrologue. On serait ainsi vite fixé et qu'est-ce qu'on gagnerait comme temps ! Des blagues dans un vestiaire, il y en a toujours, mais dans ce genre, il n'y a qu'un joueur comme Patrick Goots qui peut les sortir. Cette histoire, qui est vraie puisqu'elle m'a été confirmée par d'autres personnes, a fait rire toute la Belgique et je me suis encore marré en la relisant un an plus tard. Cela en dit long sur les connaissances de l'entraîneur. Mais l'important, c'est de souligner les mérites d'un joueur comme Goots, un attaquant comme on n'en a pas beaucoup. C'est un vrai buteur qui ne se pose pas beaucoup de questions. C'est un type spécial mais on a besoin d'un gars pareil dans une équipe. J'ai joué contre lui et c'était quelqu'un de dangereux, un avant qui ne se pose pas de questions et ne voit que le but adverse. On peut dire qu'au Standard, il a trop explosé... Je n'ai pas l'intention de passer pour un idiot en prétendant que le dopage n'existe pas en football, même si l'effort n'est pas aussi intense qu'en cyclisme. Je suis peut-être naïf mais j'ai du mal à admettre qu'un joueur professionnel puisse fumer du cannabis ou prendre de la cocaïne de son plein gré. Qu'un jeune fume un joint le samedi au cours d'une fête de fin de saison, c'est une chose. Mais quand on évolue à ce niveau, c'est une erreur que je peux difficilement admettre. On sait pertinemment bien qu'on a neuf chances sur dix d'être contrôlé au moins une fois sur la saison. Et partout, il y a des gars qui sont coincés. Quand j'étais en Italie, nous recevions tous des vitamines, et en début de saison, on nous distribuait une liste avec les produits que l'on ne pouvait absolument pas prendre sans en avertir le médecin du club. On nous prévenait que toute contravention était passible de rupture de contrat. Comme il arrive à un moment ou un autre que l'on doive prendre des gouttes, on sait à quoi s'en tenir et on s'adresse directement au médecin du club, d'autant que les tests sont quantitatifs. Cette pratique est désormais répandue quasiment partout, et à Alost, nous fonctionnons aussi de la sorte. Non, j'ai vraiment du mal à croire que Kaklamanos ait commis une telle erreur. J'espère qu'il est honnête quand il prétend ne l'avoir pas fait exprès car s'il fait du cinéma, c'est encore plus grave que je ne le pense. Cette enquête était superbe non seulement parce que la liste fournie comprenait des noms de joueurs capables d'effectuer le grand saut mais surtout parce qu'elle mettait l'accent sur le fait que l'on octroie prioritairement la chance à des éléments qui ont un nom. Du talent, il y en a dans toutes les séries. Il faut se donner la peine d'aller le chercher ; ce qui demande pas mal d'efforts. J'ai toujours été convaincu de jeunes joueurs (j'irais même jusqu'à 20-21 ans) qui ont déjà le niveau de la D2 pouvaient s'exprimer en D1 grâce à un travail plus soutenu. Ils ne deviendront pas des internationaux en puissance mais rendront de bons services. C'était la raison pour laquelle j'avais fait venir à Ostende Bob Cousin et Alexandre Leconte, qui sont passés à Mouscron depuis. A Alost, nous essayons de puiser dans les séries inférieures ce genre de joueurs. C'est ainsi que Geert Van Rooy, le directeur sportif, et moi allons voir un maximum de matches de ce niveau. Récemment, Geert est d'ailleurs revenu emballé de Huy-Liège. Plusieurs joueurs l'ont étonné mais je ne donnerai pas les noms : on ne sait jamais qu'on nous les chipe (il rit). La situation financière dans laquelle se trouvent les clubs va les obliger à se rendre compte qu'il n'est pas nécessaire d'aller voir ailleurs. Je ne comprends pas comment on peut acheter des footballeurs sur vidéos. De toute façon, si on monte une cassette sur un joueur qui a dix ans de carrière, on arrive facilement à un film d'une demi-heure avec tous ses bons trucs. On vous propose également les services de joueurs soi-disant internationaux dans leur pays û et parfois issus de nations où il n'est pas facile de faire partie du top ! û alors qu'au premier coup d'£il on se rend compte qu'ils n'ont même pas le niveau de notre D3... J'entends souvent dire que les Belges sont chers. Ce n'est pas tout à fait exact, mais des joueurs de D2, D3 et même Promotion gagnent mieux leur vie qu'un footballeur de D1 grâce à leur contrat avec leur club et leur travail ! Il est alors difficile de débaucher des éléments expérimentés de 28-29 ans car leurs prétentions sont trop importantes, et les clubs, mis à part les quatre grands, ne peuvent pas se permettre de tels efforts. Pas question de jeter la pierre à ces joueurs qui préfèrent la sécurité à une aventure aléatoire en D1. Ce n'est évidemment pas le cas des jeunes de 18-19 ans pour lesquels le pari sportif prime. Pour finir, il ne faut pas croire que tout ce qui se fait de mieux se trouve à l'école des jeunes d'Anderlecht, du Standard ou de Bruges...Nicolas Ribaudo