HUGO BROOS n'est pas plus un robot qu'un autre

Hugo Broos était considéré comme un dieu : 500 matches sur le banc en D1, ce n'est pas de la bagatelle. Un an plus tard, il est devenu un moins que rien. Cela n'est pas logique mais prouve que, contrairement à ce qu'il prétendait, derrière le coach il y a toujours un être humain et qu'il n'est pas plus un robot qu'un autre. Il a eu beau se battre, il s'est quand même fait mettre dehors. Hugo a été victime de la pression et a perdu son sang-froid. Il a été attaqué, attaqué et encore attaqué et il a explosé. Il a été le bouc émissaire de tout ce qui n'allait pas à Anderlecht et a subi sa première mise à la porte. Cela doit faire mal de déclarer qu'un licenciement était un déshonneur. En fait, il doit se mettre en tête que s'il est parvenu à se construire un solide palmarès c'est parce qu'il a fait du bon boulot. Je suis sûr à 100 % qu'il a commis des erreurs de gestion de groupe mais la malchance et le groupe de joueurs ont eu raison de lui. A l'annonce de sa mise à la porte, il est resté serein et a fait preuve de beaucoup de dignité. Malheureusement, par la suite, il s'est laissé aller à certaines déclarations qui ont altéré cette impression.... Dans de nombreux clubs, le groupe de joueurs donne la direction à suivre. Cela n'arrive pas là où le président prend le taureau par les cornes, se fout de...

Hugo Broos était considéré comme un dieu : 500 matches sur le banc en D1, ce n'est pas de la bagatelle. Un an plus tard, il est devenu un moins que rien. Cela n'est pas logique mais prouve que, contrairement à ce qu'il prétendait, derrière le coach il y a toujours un être humain et qu'il n'est pas plus un robot qu'un autre. Il a eu beau se battre, il s'est quand même fait mettre dehors. Hugo a été victime de la pression et a perdu son sang-froid. Il a été attaqué, attaqué et encore attaqué et il a explosé. Il a été le bouc émissaire de tout ce qui n'allait pas à Anderlecht et a subi sa première mise à la porte. Cela doit faire mal de déclarer qu'un licenciement était un déshonneur. En fait, il doit se mettre en tête que s'il est parvenu à se construire un solide palmarès c'est parce qu'il a fait du bon boulot. Je suis sûr à 100 % qu'il a commis des erreurs de gestion de groupe mais la malchance et le groupe de joueurs ont eu raison de lui. A l'annonce de sa mise à la porte, il est resté serein et a fait preuve de beaucoup de dignité. Malheureusement, par la suite, il s'est laissé aller à certaines déclarations qui ont altéré cette impression.... Dans de nombreux clubs, le groupe de joueurs donne la direction à suivre. Cela n'arrive pas là où le président prend le taureau par les cornes, se fout de tel ou tel joueur et estime que l'important est de donner des bases solides à son équipe. Cela n'a apparemment pas été le cas à Anderlecht qui est en légère régression. C'est vraiment bizarre mais on n'entend jamais rien en mal de Westerlo. Qu'il gagne ou qu'il perde, tout va toujours très bien. Chapeau aux dirigeants de ce club qui n'a pas de président en titre. On a l'impression que Jan Ceulemans ne doit faire face à aucune pression. Dans pratiquement tous les clubs, après deux défaites, on parle du probable départ de l'entraîneur. Caje entraîne comme il jouait : l'être réservé se muait en un vrai lion sur la pelouse. En dehors du terrain, il ne parlait pas beaucoup. Ce n'était pas un Eric Gerets, il n'était pas obnubilé. Il fallait qu'il ait bu un verre pour qu'il rigole. En match, il se donnait à fond et son objectif premier était de bien s'amuser. Devenu entraîneur, Caje transmet à ses joueurs cet esprit, cette générosité dans l'attaque. Il n'a pas oublié l'ABC du football et qu'il faut s'amuser sur un terrain. Son équipe a un style particulier et quand on se rend à Westerlo on ne sait vraiment pas à quoi s'attendre. On risque de prendre un 3-0 comme de rentrer à la maison avec un 0-3. C'est l'incertitude la plus totale. Avec Ostende, nous sommes allés partager l'enjeu (3-3) et les spectateurs se sont bien amusés : outre les six buts, cela a été d'un côté à l'autre sans arrêt pendant 90 minutes. A l'époque où il était joueur, peu de personnes trouvaient que Ceulemans avait le profil d'un entraîneur : il a prouvé le contraire et démontré que pour être un coach, il ne faut pas se contenter de répéter X-Y-Z de la page 32 ou 33 de tel ou tel bouquin mais qu'il fallait avant tout créer une atmosphère familiale au sein du groupe. Evidemment, il a la chance que sa direction ne chamboule pas totalement le noyau et se contente d'engager un joueur quand un autre est parti comme ce fut le cas avec Tosin Dosonmu. Il y a bien longtemps que cette façon de voir les choses est dépassée. Le style préconisé par Axel, celui d'un attaquant qui ne voit que le but, est peut-être encore accepté dans un petit club et encore. Fini le temps où un avant pouvait se permettre de ne pas chasser derrière. Il suffit de regarder les grands clubs en Ligue des Champions : tous les attaquants û Wayne Rooney en tête û courent derrière la balle. Il y a une différence entre un grand attaquant et un buteur mais à l'heure actuelle il est difficile de faire une belle carrière si on ne boulotte pas. Regardez Luigi Pieroni, c'est un buteur mais qu'est-ce qu'il travaille en perte de balle. Si un attaquant n'agit pas de la sorte, il ne marquera jamais car il ne peut pas compter sur les autres pour le faire à sa place. Il suffit de voir les individualités du Real Madrid en huitièmes de finale de la Ligue des Champions contre la Juventus. L'équipe concentrée et motivée à l'idée de ne pas encaisser un but a dominé les débats. En fin de compte, Axel s'est contredit car c'est un travailleur, un courageux et pas un attaquant qui peut tabler sur ses seules qualités techniques et sa classe. Walter Baseggio : " Je ne prétends pas que, sans les contretemps, je jouerais chez un ténor du football italien, aujourd'hui. Mais mon épanouissement aurait probablement subi un coup d'accélérateur ". Je mets en parallèle deux joueurs qui, malgré des caractères différents, n'ont pas tenu leurs promesses. On a assez parlé des bourdes de Peersman, de son besoin de recourir aux services d'un psychologue, d'un sophrologue et d'autres spécialistes. Ce qui est grave c'est que quand il a reçu la confiance d'Hugo Broos au moment le plus fort de la rivalité avec Daniel Zitka, il n'a pas compris que c'était la chance de sa vie. Il a été crier sur tous les toits qu'il était le meilleur. Il avait oublié que jusque-là, il n'avait disputé que des matches sans tension. Du coup, il n'a pas su gérer le stress. Il s'est mis sous pression et s'est retrouvé en pleine euphorie après qu'Aimé Anthuenis l'ait appelé en équipe nationale alors qu'il n'avait encore rien prouvé. Il a amorcé lui-même la bombe qui lui a explosé en pleine figure. Il est facile d'affirmer qu'à sa place on l'aurait joué mollo mais quand on prétend qu'on est le plus fort, il faut le prouver sur le terrain. Peersman n'était pas en mesure d'imiter Jean-Marie Pfaff qui ne cessait de répéter qu'il était le meilleur et qui, sur le terrain,était vraiment fort. Baseggio lui c'est le contraire : il est sociable et se sous-estime. Si je pouvais, je lui donnerais un coup de pied au cul. C'est un talent pur mais son problème est qu'il est trop gentil. Il lui manque cette petite trace de méchanceté qui l'inciterait à se faire mal à lui-même et à l'adversaire. Il reste en dedans. Il doit se réveiller sur le terrain et se poser plus de questions, sinon il va continuer à végéter. Ce serait un vrai gâchis car il est encore jeune et peut redonner un nouvel élan à sa carrière. Il doit se convaincre qu'à partir d'aujourd'hui, il n'est plus le gentil Walter mais Walter le méchant. Qu'il prenne exemple sur Pär Zetterberg ou Yves Vanderhaeghe. Il n'a pas le choix car s'il rêve toujours de l'Italie, il faut qu'il change. Là-bas, il va se faire écraser à tous les coups. Propos recueillis par Nicolas Ribaudo