Kompany a été pris pour un adulte

En tenant de tels propos qui pouvaient paraître un peu naïfs, Vincent a tiré un grand coup de chapeau à l'école des jeunes d'Anderlecht. Quand on voit qu'il n'est pas le seul à figurer dans le noyau A du Sporting, c'est la preuve qu'on y fait du bon boulot sans trop se la péter. Il est logique que l'on traite comme des adultes des garçons de 14, 15 et 16 ans qui travaillent bien. Car dans les équipes d'âge on voit beaucoup de gâtés pourris, qui se prennent pour des vedettes alors qu'ils n'ont joué qu'un ou deux bons matches. Chez les jeunes, il y a beaucoup de déchets parce qu'on les chouchoute trop, à commencer par les parents qui ne cessent de répéter que leur fils est le meilleur.
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En tenant de tels propos qui pouvaient paraître un peu naïfs, Vincent a tiré un grand coup de chapeau à l'école des jeunes d'Anderlecht. Quand on voit qu'il n'est pas le seul à figurer dans le noyau A du Sporting, c'est la preuve qu'on y fait du bon boulot sans trop se la péter. Il est logique que l'on traite comme des adultes des garçons de 14, 15 et 16 ans qui travaillent bien. Car dans les équipes d'âge on voit beaucoup de gâtés pourris, qui se prennent pour des vedettes alors qu'ils n'ont joué qu'un ou deux bons matches. Chez les jeunes, il y a beaucoup de déchets parce qu'on les chouchoute trop, à commencer par les parents qui ne cessent de répéter que leur fils est le meilleur. Il n'est pas question d'enlever aux jeunes le plaisir de jouer mais il faut qu'ils sachent vite s'ils veulent jouer pour le fun ou pour faire une carrière. Vincent a bénéficié d'un bon encadrement et d'un bon suivi. Il peut dire un grand merci aux personnes qu'il a rencontrées dans sa carrière. Aujourd'hui, il est le meilleur joueur du championnat. C'est fantastique de voir un jeune à ce niveau. Bien entendu, Kompany, c'est la grande classe, mais combien de fois n'entend-on pas dire de joueurs évoluant dans des séries inférieures : -Ah, celui-là, il avait une classe folle mais... L'explication est simple : on ne leur a pas inculqué la bonne mentalité. Vincent l'a reçue plus tôt que prévu. Même s'il doit encore devenir un adulte, il a deux, trois voire cinq ans d'avance sur les jeunes de son âge. Il est au top. A 18 ans, il est le principal favori pour le Soulier d'or et le Footballeur Pro de l'Année alors que d'autres commencent à entrevoir une bonne carrière dans le foot au plus haut niveau entre 19 et 21 ans. A ce moment-là, il sera peut-être devenu un vieillard. Progressivement, tous les joueurs commencent à comprendre qu'ils évoluent dans un grand club. (...) Prenez garde, le Standard va surprendre la Belgique mais aussi l'Europe dans les mois à venir ". Quand on voit ce qui vient de se passer ces dernières semaines, les propos de Dragutinovic me font un peu sourire. On ne peut pas dire que l'on ne fait plus de cinéma au Standard. Quand on voit le noyau, il ne faudrait pas d'entraîneur, de président ou je ne sais quoi pour viser le Top 3 et le dernier carré de la Coupe. Mais pour cela, il ne faut pas se la jouer perso et essayer plutôt de tirer sur la même corde. Si l'on prend les joueurs poste par poste, le Standard possède le meilleur potentiel de Belgique. Mais quand certains pensent prioritairement à leur personne, il y a des couacs. Quand on voit des joueurs, précisément Dragutinovic et Ogushi Onyewu, qui s'engueulent, c'est la preuve qu'il y a un petit problème. Cela se ressent dans l'évolution générale de l'équipe : elle réalise de bons résultats et puis cela retombe très vite. Chaque fois que cela ne tourne pas rond, on cherche des excuses. On tape sur la tête d'un joueur, puis d'un autre et l'entraîneur en prend pour son grade lui aussi alors qu'une remise en question est indispensable. Je ne pense pas que tous les joueurs ont le sentiment de faire partie d'un grand club. Car le Standard n'enregistrerait pas des défaites comme contre l'Athletic Bilbao et, en Coupe de Belgique, il ne se serait pas laissé surprendre par Charleroi dans les arrêts de jeu. Quand on marque à quelques minutes du terme et que l'on a le match en main, on doit se dire : - Nous sommes les kings, nous sommes les plus forts, rien ne peut nous arriver et l'adversaire n'a aucune chance d'en sortir gagnant. Pour cela, il faut communiquer, faire preuve de solidarité, ne pas avoir peur de courir dix mètres de plus pour aider son équipier. Ce n'est manifestement pas le cas au Standard car, si on ne peut éviter une défaite même cuisante comme contre Bilbao, ce genre de mésaventure ne se répète pas. Cela reste un accident de parcours. Le Standard possède des joueurs extraordinaires qui ne collaborent pas assez et qui jouent à la carte. Bien sûr, il n'est pas possible que les 11 joueurs évoluent à leur meilleur niveau au même moment mais ceux qui, ce jour-là, sont moins forts, sont portés par les autres. Au Standard, que voit-on ? Un jour, tels joueurs explosent, puis d'autres, et enfin d'autres encore. Dans un noyau comme celui-là, il est impensable qu'il ne soit pas possible de voir neuf ou dix joueurs évoluer à leur niveau. Lorsque j'étais entraîneur de Visé, j'ai eu l'occasion d'apprécier le talent de Luigi, qui évoluait à Liège. Je l'avais croisé lorsque j'allais visionner les adversaires et je savais donc que c'était un bon joueur. Malgré cela, il m'a frappé lors des matches qui ont vu nos équipes aux prises. Les deux fois, il a prouvé qu'il avait beaucoup de talent et il a livré un grand match. Sur un plan purement sportif, il avait déjà tout en lui pour percer en D1 : excellent pivot dans un pays où on se plaint de ne pas en avoir, bon joueur de tête, un extraordinaire sens du but, facilité dans le jeu en déviation et bon remiseur. Bref, je n'aurais jamais hésité à miser gros sur sa personne tant ses capacités étaient grandes. Côté motivation, je n'avais pas assez d'éléments pour me faire une opinion juste de sa personne. C'était un gars sympa d'une grande simplicité. Mais en fait, il a prouvé qu'il constituait l'exemple type du joueur moderne qui veut arriver. Il a atterri à Mouscron sans faire de show ; il a tranquillement attendu son heure avant d'exploser. Bien sûr, il a bénéficié du brin de chance nécessaire ayant obligé l'entraîneur à l'aligner mais si depuis, un gars comme Guy Roux est venu le chercher, le mérite en revient principalement à Pieroni lui-même. Manifestement, il reste fidèle à son image d'homme ambitieux et patient. Ce qui n'est pas forcément contradictoire. Ses déclarations selon lesquelles il avance petit à petit, restent d'actualité. Il est conscient qu'il est passé rapidement de la D2 belge à la D1 française, dans un club qui, de surcroît, vise une qualification européenne. Il conduit sa carrière tranquillement. Quelle force mentale. Il n'est pas titulaire incontestable à Auxerre mais chaque fois qu'il monte au jeu, il donne le meilleur de lui-même. Il prouve qu'il mérite qu'on lui accorde sa chance. Si je crois tout ce que je lis sur lui, puisque je le suis, je ne serais pas étonné de le voir sauter le pas dans un avenir assez proche. En tout cas, il doit figurer dans le noyau des Diables Rouges non seulement parce que chaque fois qu'il a joué, il a frappé les imaginations, mais également pour sa mentalité et, je le répète, pour ses caractéristiques techniques.